LIVRE TROISIEME
» Par suite des malheurs de la guerre, en 181 i, de nombreux drapeaux (environ dix-huit cents), monuments glorieux de nos immortelles victoires, ont été livrés au feu par nos mains pour les soustraire à l'ennemi.
» Cette perte vivement sentie est encore l'objet des regrets amers de nos vieux braves, qui les avaient conquis au prix de leur sang.
)> Mais les armées françaises ont depuis retrouvé le chemin de la victoire, elles ont orné de nouveau les voûtes de noire temple de glorieux trophées, gages de leur valeur.
» C'est ainsi, messieurs, que vous venez aujourd'hui déposer en nos mains les drapeaux, les trophées, les étendards pris à l'ennemi à la bataille d'Isly; vous y avez joint ceux conquis à Mogador par notre marine, digne émule de l'armée de terre, et qui a aussi ses grandes journées.
» Soyez, messieurs, soyez les bienvenus; honneur soit rendu à vos armes !
)> Lorsque vous retournerez en Afrique ou à bord de vos vaisseaux, dites à vos compagnons d'armes que nous tous ici, vieux débris mutilés des grandes armées tant de fois victorieuses, applaudissons à leurs efforts, à leurs succès, à leur gloire ; que nous apprécions . leurs travaux, leurs fatigues sous un soleil ardent , pour assurer leurs conquêtes , et la poursuite d'un ennemi sans cesse fugitif.
» Dites-leur que nous, qui avons combattu et souffert sous différents climats, qui avons porté nos pas jusqu'aux glaces du Nord, nous avons aussi connu le soleil du tropique, que les noms de nos batailles sont écrits aux Pyramides, sur les ruines de Thèbes, de Syène et d'Hermopolis ; qu'à notre exemple leurs bataillons gravent aussi les leurs sur les vieux monuments romains, sur ceux des nations puniques, aux limites du grand désert, afin qu'il soit connu dans les âges futurs que, dans tous les temps, en tous lieux, sous tous les règnes, la France, grande et puissante entre les nations, a souvent su vaincre ses ennemis sans en compter le nombre; qu'elle a toujours vengé ses injures par les armes et que parfois le monde s'est ému aux cris de guerre de ses vaillants soldats.
» Honneur à l'armée d'Afrique !
» Honneur au chef qui la commande !
» Honneur au prince placé à la tête de notre escadre , qui a foudroyé Tanger et Mogador ! »
Le 13 avril 1843, le Roi ordonne que les restes mortels des deux grands maréchaux du palais de Napoléon Ier, Bertrand et Duroc, seront placés dans l'église des Invalides, à droite et à gauche de l'espace qui conduit à l'entrée du tombeau, et que des monuments funéraires seront élevés à cet effet.
En avril 1846, le vainqueur de Nézil, Ibrahim-