LIVRE TROISIÈME
quence des dispositions prescrites par l'ordre du jour précité et attendu :
» 1° Que, le 19 au soir, à l'arrivée dans l'avantcour de l'Hôtel de la voiture funéraire contenant le corps de M. le maréchal comte Yalée , que suivaient MM. :
» Charles-Marie-Marius, baron de Salles, membre de la Chambre des députés, colonel du corps royal d'état-major, commandeur de l'ordre royal de la Légion d'honneur, officier des ordres du Sauveur de Grèce et de Léopold de Belgique, aide de camp et gendre de M. le maréchal comte Valée;
» Aquilas-Jean-Baptiste Blanchot, sous-intendant militaire de deuxième classe, en activité de service, chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur, neveu du maréchal comte Valée ;
» Jean Gérard, ancien aide de camp dudit maréchal, colonel d'artillerie en retraite, commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur;
» Napoléon Riou , directeur des hospices de la ville de Montargis, y demeurant;
» Gajetan Ximéno, prêtre aux missions étrangères , à Paris ;
» Gannal , chimiste , demeurant à Paris ;
» Ladite voiture ayant cessé sa marche à la grille de l'Hôtel, où se trouvait M. le lieutenant général baron Petit, suppléant M. le maréchal gouverneur des Invalides, empêché, accompagné de MM. Simon,
lieutenant-colonel major de l'Hôtel; de Xaintrailles, colonel au corps d'état-major, premier aide de camp de M. le maréchal gouverneur; baron le Duc, sousintendant militaire en retraite, agent civil de surveillance; Rongevin, architecte de l'Hôtel, et Bugnot, inspecteur vérificateur des bâtiments;
» M. le colonel de Salles dit, s'adressant à M. le lieutenant général baron Petit :
« Général,
» Je vous remets le corps de M. le maréchal comte Yalée, que le Roi a ordonné d'inhumer dans l'église de l'hôtel royal des Invalides, en récompense des éminents services qu'il a rendus à la France pendant cinquante-huit ans. »
A quoi cet officier général répondit :
« Monsieur le colonel,
» Nous prenons tous la part la plus vive à la perte que la France et votre famille viennent de faire. Déjà fiers dans nos regrets de tant de glorieux restes mortels que nous possédons, nous le sommes aussi d'y joindre ceux, non moins précieux, du vainqueur de Constantine, ainsi que le porte la décision du Roi. »
» 2° Que la susdite voiture funéraire, étant entrée
dans la cour Royale, s'arrêta près des marches qui conduisent à l'église, et sur lesquelles M. le curé, assisté de son clergé, attendait l'arrivée du cercueil;
» 3° Que ce cercueil, ayant été retiré de la voiture, fut porté à l'entrée de l'église, et de là déposé dans la chapelle ardente qu'on avait préparée pour le recevoir, et d'où on devait l'enlever dans la matinée de ce jour pour le placer sous le catafalque, un peu avant la célébration du service funèbre, ce qui a été exécuté ;
» Enfin, attendu que M. le colonel de Salles et les personnes accompagnant avec lui la voiture funéraire avaient fait après le dépôt du corps dans la chapelle ardente, et en présence de M. le lieutenant général commandant l'Hôtel et des fonctionnaires déjà nommés et qualifiés, la déclaration suivante :
» Étant arrivés dans une chambre à coucher au premier étage d'un hôtel sis rue Vanneau, n° 32, où est décédé dans la soirée du 1 5 du présent mois, M. Sylvain -Charles Yalée , maréchal et pair de France, grand-croix de l'ordre de la Légion d'honneur, nous avons reconnu que le corps du maréchal était exposé sur un lit, revêtu de l'uniforme de maréchal de France, avec le grand cordon et la plaque de la Légion d'honneur.
» Le corps de M. le maréchal a été placé par les soins de M. Gannal, qui l'avait embaumé, dans un cercueil de plomb revêtu intérieurement de sapin ;
le chapeau du maréchal a été placé sur ses jambes et son épée à côté du corps.
Immédiatement après, le cercueil de plomb a été soudé et placé dans un deuxième cercueil de chêne garni intérieurement de drap noir orné de galons d'argent.
» Il ne nous reste plus maintenant qu'à constater ce qui suit :
» La célébration du service funèbre commencée à dix heures du matin et terminée à midi, nous sommes sorti de l'église, laissant le cercueil sous le catafalque, que le public a été admis à visiter, et à quatre heures nous y sommes retourné et y avons trouvé réunis M. le lieutenant général baron Petit et les fonctionnaires de l'Hôtel qui l'avaient précédemment accompagné, comme aussi MM. le colonel baron de Salles, le sous-intendant militaire Blanchot, le colonel Gérard et Riou.
» Là, et toujours en présence des mêmes personnes, le cercueil étant retiré du catafalque, descendu et déposé provisoirement dans un des caveaux du dôme, où il doit rester jusqu'à ce que l'achèvement des travaux du caveau de la nef destiné à la sépulture des gouverneurs de l'Hôtel et autres personnages éminents permette de l'y placer.
» Cette inhumation étant terminée avec le cérémonial religieux en usage, nous avons dressé, clos et arrêté le présent procès-verbal, que les personnes