LIVRE QUATRIEME
qu'à lui appartient l'organisation de cette garde nationale mobile qui, à la voix de la patrie et sous les ordres du brave général Damesme , a si noblement répondu aux enseignements et aux inspirations de son premier général. •
» Citoyens, la religion qui consacre les joies consacre aussi les douleurs.
)) En abaissant ses regards sur cette noble victime et sur tant d'autres mortes pour la République, elle s'est solennellement associée au deuil de la patrie, comme il y a quatre mois elle s'associait à son triomphe en bénissant la victoire du peuple.
» Grâces lui en soient rendues, car en agissant ainsi elle ouvre à ceux qui survivent et qui souffrent ses trésors d'espérance dont l'homme cherche la consolation jusque dans la mort.
» Que les prières adressées à Dieu, il y a quelles jours, sous la voûte même du ciel, aujourd'hui sous ce dôme qui recouvre tant d'illustres morts, relèvent donc les esprits découragés; qu'elles soutiennent les cœurs abattus ; qu'elles fassent revivre parmi nous les sentiments élevés de la concorde et de la fraternité ; qu'elles disent enfin à tous ceux qui doutent que la civilisation ne s'arrête pas dans sa course ; que si l'homme tombe et passe, l'humanité reste debout et éternelle , réalisant ses progrès même au milieu du sang et des larmes.
» Laissons maintenant aux religieuses promesses
de l'éternité le général dont la patrie vient d'honorer la tombe.
» Citoyens, des larmes pour les morts ! des larmes seulement ! Les déplorables guerres livrées au sein de la cité n'ont après elles que des journées de deuil ! On ne demande pas des champs désolés des discordes civiles , et le citoyen qui a bien servi la patrie ne demande sa récompense qu'aux secrètes joies de la conscience satisfaite, qu'aux sublimes émotions du devoir accompli. »
Enfin M. Chabrier, l'ami et l'exécuteur testamentaire du général, retrace, en un discours écouté avec tout l'intérêt qu'il mérite et qu'inspire le sujet, les principaux traits du caractère et quelques-uns des faits de la vie de cet homme digne des plus beaux jours de l'antiquité; il dit :
« Cette pompe qui environne la dépouille mortelle du général Duvivier dit assez haut que la patrie reconnaissante n'a cédé à personne, le soin d'honorer la mémoire de celui qui l'a si bien servie. Mais, après m'être écarté avec respect devant la justice de la République, après avoir écouté avecrespect la voix éloquente que vous venez d'entendre, j'ai à remplir un devoir personnel : la place que les dernières volontés du général et son amitié m'ont faite ici ne me permet pas de me taire ; quelle que soit ma faiblesse, je dois essayer de le montrer