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LIVRE QUATRIÈME

gnes du petit Atlas, à quelques journées de marche d'Alger. La résistance que lui avaient opposée les tribus avaient été vive; Médéah dut être ravitaillée. Le retour à Alger n'était pas sans difficultés. La colonne avait à franchir de longs défilés, et quarante tribus, au nombre d'environ douze mille hommes établis sur le sommet des montagnes, cherchaient à arrêter sa marche. Le col de Téniah présentait surtout des dangers sérieux; Duvivier en calcule les conséquences. Entouré de quelques hommes à peine, il se précipite au-devant des Arabes, rallie son bataillon de zouaves et un corps de volontaires parisiens. Avec eux il fait face à l'armée ennemie entière, recule pas à pas et protège seul ainsi la retraite des troupes qui, après s'être réunies à la ferme de Mouzaïa , purent regagner Alger sans être de nouveau sérieusement inquiétées.

Ce brillant fait d'armes valut à Duvivier la croix d'officier de la Légion d'honneur. Nommé en 1833 lieutenant-colonel de la légion étrangère, Duvivier fut appelé au commandement de Bougie, qu'il sut, malgré la faiblesse de sa garnison, protéger pendant cinq mois contre les attaques continuelles des Kabyles.

Bientôt après il fut chargé de la formation du corps des spahis, dont il s'acquitta avec succès. Nommé colonel en 1837, Duvivier fut promu au grade de maréchal de camp le 15 septembre 1839.

En cette qualité, il commanda la province de Tittery, où il sut acquérir une influence considérable sur l'esprit des Arabes. Il reçut en 1846 le grade de lieutenant général. A la révolution de 1 8 i8 , Duvivier mit son épée au service de la République. Le gouvernement provisoire lui confia l'organisation et le commandement de la garde nationale mobile dont la formation venait d'être décrétée. Il fallait non-seulement l'organiser comme corps, mais aussi l'instruire militairement. Le général Duvivier s'acquitta de sa tâche avec le plus grand succès. Quatre mois à peine après sa création, elle résistait à la plus terrible des insurrections qui eût jamais éclaté à Paris. Aux élections du 23 avril 1848, le général Duvivier fut nommé représentant du peuple à l'Assemblée nationale par 182,000 électeurs du département de la Seine. L'Assemblée nouvelle devait se réunir le 4 mai; le 2, Duvivier, jugeant son commandement d'un corps d'armée incompatible avec son mandat de représentant, donna sa démission de commandant général de la garde mobile.

Le général Damesme, blessé dans la journée du 23 juin (quartier de la Sorbonne ), fut remplacé dans son commandement par le général Duvivier. En prenant ce commandement, Duvivier se transporta d'abord à l'hôtel de ville, menacé et entouré de tous côtés, et qu'il dégagea. Le lendemain 25, Duvivier se préparait à attaquer la rue Rambuteau et

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