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LIVRE QUATRIÈME

de l'église; les pompiers se rendent maîtres de l'incendie, dont les ravages étaient malheureusement irréparables ; plusieurs drapeaux conquis sur les armées étrangères, et qui étaient avec raison l'orgueil de nos vieux braves, étaient dévorés par les flammes.

Grâce aux mesures prises sur-le-champ, on n'eut heureusement aucun autre accident à déplorer.

En tète des militaires invalides nommés légionnaires à l'occasion de l'anniversaire du 15 août, se trouve une femme, la veuve Brulon , dont nous avons déjà parlé, née en 1 77 1 , officier à l'Hôtel des Invalides.

La veuve Brulon a été fille , sœur et femme de militaires morts en activité de service à l'armée d'Italie.

A vingt et un ans, en 1792, dans le 42e régiment d'infanterie, où son mari était mort, elle se fit remarquer par une conduite si honorable, soit comme femme, soit comme militaire, qu'elle fut autorisée à rester au service, malgré son sexe.

En I8I3, le général Rapp, qui depuis dix mois défendait Dantzig, sentait le besoin de faire connaître à l'Empereur sa position. Lue embarcation légère reçut l'ordre de mettre à la voile, et un aide de camp du général, le chef d'escadron Marnier, brigua l'honneur de la commander. Il partit et put

échapper à l'escadre anglo- russe qui bloquait la Yistule; mais après des chances de mer contraires, rencontré par un brick anglais que montaient vingtcinq hommes d'équipage, le sloop français, qui n'en comptait que dix, attaqua le premier et s'empara du brick anglais. L'n rapport à l'Empereur constata ce fait d'armes, et le pavillon du brick resta dans les mains du commandant Marnier, qui l'avait enlevé à l'abordage. Aujourd'hui et depuis longtemps colonel, Marnier vient d'offrir ce pavillon à l'hôtel des Invalides.

Le Président de la république, voulant honorer la mémoire de l'illustre maréchal général Soult, duc de Dalmatie, décédé le 26 novembre 1 80 1 , a ordonné qu'une cérémonie funèbre aurait lieu dans l'église des Invalides avec un grand appareil militaire.

Le 13 janvier, dès dix heures du matin, l'armée de Paris était rangée en bataille sur l'Esplanade, le boulevard des Invalides, l'avenue de Tourville et le boulevard de Latour-Maubourg; elle entourait la vaste enceinte de l'hôtel des Invalides. La cavalerie et l'artillerie étaient massées sur la place Vauban.

Les troupes, en grande tenue, musique en tète, se composaient de la gendarmerie mobile, de la garde républicaine à pied et à cheval, des 1er et 7e lanciers, d'une batterie d'artillerie et d'une compagnie du génie; des 3% 4e, 14e, 42e, 44e, 49e et 06e régiments de ligne, et 3e, 6e, 14e et 19e légers.

La grande entrée et le péristyle de la cour d'honneur étaient tendus de draperies noires lamées d'argent et parsemées de broderies, de la couronne ducale, du chiffre du maréchal et des insignes du maréchalat.

La décoration intérieure était des plus sévères. Toute la nef, depuis l'orgue jusqu'au maître-autel, était également tendue de noir; sur des écussons nombreux étaient inscrites les principales batailles auxquelles l'illustre maréchal avait assisté , soit comme général en chef, soit comme lieutenant de Napoléon : Kaiserslautern , Fort-Louis, Fleurus, Altenkirchen, Ooskerch, Friedberg, Roekach, Schwitz, Adeliz, Andel, Singen, Zurich, Calibona, Gênes, camp de Boulogne, Ulm, Austerlitz, Iéna, Grossen, Bergfield, Eylau, Heilsberg, Kœnigsberg, Berlin, Burgos, la Corogne, Monterey, Oporto, Badajoz, Bautzen, Toulouse, etc., etc.

Au milieu de l'église s'élevait un magnifique catafalque où brillaient mille cierges; à distance étaient placées douze candélabres d'argent d'où sortaient des flammes bleues, symboles des âmes qui s'envolent dans l'éternité; sur les côtés du catafalque se trouvaient , recouverts d'un crêpe , la couronne ducale, le bâton de maréchal et le grand cordon de la Légion d'honneur.

L'avenue des Invalides, la cour d'honneur et la nef étaient remplies de vieux débris de nos armées.

La garde à l'intérieur était formée par des invalides chevaliers de la Légion d'honneur, armés de lances; autour du catafalque étaient rangés des sousofficiers décorés.

A onze heures et demie, sept coups de canon donnèrent le signal du commencement de la cérémonie.

L'abbé Lequeux, archidiacre du diocèse de Paris, officia, étant assisté de l'abbé Ancelin, curé de l'Hôtel, et d'un nombreux clergé.

La messe fut chantée en faux -bourdon par des soldats et des enfants de troupe.

L'aspect de l'église était des plus imposants.

Les quatre coins du poêle étaient tenus par le ministre de la guerre, l'amiral Mackau, les maréchaux Exelmans et Vaillant.

Au nombre des assistants étaient le maréchal Magnan, les généraux Carrelet, Levasseur, Renault, Barrois, Doguerau, Roguet, les ministres, le nonce du pape, l'ambassadeur de Naples et plusieurs chargés d'affaires; MM. Salvandy, Guizot, et plusieurs autres illustrations.

Tous les régiments y étaient également représentés par une députation d'officiers.

La famille de l'illustre maréchal, le général de Tinan et le colonel l'Heureux, ses anciens aides de camp, étaient autour du catafalque.

Au commencement de l'absoute et à la fin de la

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