‹ Les InvalidesChapitre 229 sur 322 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

du génie, a fait déposer le cercueil dans une chapelle ardente préparée à cet effet dans l'église de l'Hôtel et confiée à la garde de quatre militaires invalides.

Prévenu que le président de la République honorerait de sa présence la cérémonie religieuse qui allait avoir lieu, le général commandant l'Hôtel, le maréchal Jérôme étant indisposé, est allé, suivi de l'état-major, l'attendre à la grille, et l'a accompagné jusqu'à l'église.

Aussitôt le service funèbre a commencé.

Étaient présents les ministres , maréchaux , amiraux et un grand nombre d'officiers généraux, parmi lesquels on remarquait les généraux Exelmans, Baraguey-d'Hilliers, Perrot , commandant de la garde nationale de la Seine; Vaillant, président du comité des fortifications : auxquels s'étaient joints des membres de l'Assemblée nationale et de hauts fonctionnaires appartenant aux cours, tribunaux et administrations civiles.

Dans l'intérieur de l'église, des écussons rappelaient toutes les batailles et tous les sièges auxquels le maréchal avait assisté pendant sa longue et laborieuse carrière militaire. Cent sous-officiers de la garnison étaient rangés autour du catafalque, et soixante militaires invalides, armés de lances, faisaient le service d'honneur.

Après l'absoute , le corps a été placé sur un corbillard richement décoré de trophées d'armes et

d'insignes militaires et attelé de six chevaux caparaçonnés d'étoffe noire lamée d'argent ; il a été accompagné de tout le cortège et conduit à l'extérieur de la grille. Les coins du poêle étaient tenus par le maréchal ministre de la guerre, le maréchal Reille , l'amiral de Mackau et le général de division Vaillant. Après le défilé de l'armée, le corps a été ramené par la cour d'honneur à l'église pour être de là transporté par les soins de la famille au cimetière du Père-Lachaise, où le maréchal avait demandé à être inhumé.

Éminent guerrier, homme de bien, aussi distingué par l'élévation de son esprit que par la droiture de son jugement, le vicomte Dode de la Brunerie, dont le bâton de maréchal était venu dignement couronner la carrière, emportait en descendant dans la tombe l'estime et les regrets de ceux qui l'avaient connu.

Aujourd'hui, à midi moins un quart, on célébrait les obsèques du maréchal Sébastiani, quand tout à coup la cérémonie funèbre a été interrompue par un déplorable sinistre.

Le feu, produit par la chute d'un cierge enflammé, s'est communiqué à l'une des tentures des tribunes et a atteint les nombreux drapeaux suspendus aux Miùtes de l'église. Bientôt les flammes mettent le feu au catafalque; on sort en toute hâte le cercueil

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