LIVRE QUATRIEME
à ce moment la voiture du Président de la république, dans laquelle se trouvait le général Roguet, son premier aide de camp , est arrivée dans la cour d'honneur.
» La sainte messe a été célébrée par M. l'abbé Ancelin, curé des Invalides; il était assisté d'un nombreux clergé. Après la messe, qui a été chantée en faux-bourdon, 31. l'abbé Lequeux, archidiacre, a fait l'absoute.
» La musique du 42e de ligne, placée dans la galerie de l'orgue, n'a cessé de faire entendre des symphonies funèbres pendant tout le cours de la cérémonie.
» L'Hôtel était entouré d'un cordon de troupes appartenant à tous les corps de la garnison de Paris et sous les ordres du général Courant . La garde nationale de Paris y était représentée par le 1 er bataillon avec son état-major, ses sapeurs et sa musique. »
Aujourd'hui, 4 mai, Sidi-Ben-Agad, premier ministre du bey de Tunis, est venu visiter l'Hôtel dans toutes ses parties.
Il a rappelé aux invalides les paroles de son souverain en 1825 : « Monsieur le gouverneur, je ne m'étonne pas qu'avec de pareils soldats Napoléon ait conquis l'Europe. »
Gérard (le comte Etienne-Maurice), lieutenant général, né à Damvilliers (Meuse), le 4 février 1 773,
fut en 1 79 1 un des premiers à se faire inscrire parmi les volontaires ; il entra dans le second bataillon de son département. Il lit ses premières armes sous Dumouriez , combattit à Fleuras et eut bientôt franchi les grades de sous-lieutenant, lieutenant et de capitaine. Ce fut en cette dernière qualité qu'en l'an III (1794 à 1795) il se distingua au passage de la Roer; au commencement de l'an Y (de 1796 à 1 797), Bernadotte, voulant s'attacher un officier qui donnait de grandes espérances, le prit pour son aide de camp et l'emmena dans les campagnes qu'il fit sur le Rhin et en Italie. Le capitaine Gérard l'accompagna dans l'ambassade qu'il fut chargé de remplir à Vienne, et il prouva qu'il n'avait pas moins de courage civil que de courage militaire. Le drapeau français flottant à la porte de l'ambassade ayant été gravement outragé dans une sédition officielle, qui fit courir des dangers au général Bernadotte et le tint quelque temps enfermé dans son palais, l'ambassadeur écrivit à l'Empereur pour demander que les séditieux fussent dissipés par la force; et il exigeait hautement les réparations dues à sa nation. Il fallait faire parvenir la lettre, et le palais était encore cerné. L'aide de camp s'en charge, il traverse hardiment les flots mutinés, plus dangereux qu'un champ de bataille, impose par sa contenance, remplit sa mission et délivre son général. Devenu colonel, Gérard conquit la décoration