‹ Les InvalidesChapitre 235 sur 322 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

de commandant de la Légion d'honneur sur le champ de bataille d'Austerlitz , où il fut grièvement blessé en chargeant avec intrépidité à la tète de ses escadrons. Élevé bientôt après au grade de général de brigade, il fit en cette qualité la guerre de Prusse, fut nommé après la paix de Tilsitt chef de l'étatmajor de l'armée du prince de Ponte-Corvo (Bernadolte) et en remplit les fonctions pendant la campagne de 1809. La belle conduite qu'il tint au combat d'Erfurt, en avant de Lintz, lui fit prodiguer dans les journaux, les éloges les plus distingués. A la bataille de Wagram, la magnifique cavalerie saxonne, entièrement placée sous son commandement, se concilia par sa belle conduite l'estime générale de la grande armée. Employé en 1810, sous le comte d'Erlon, en Portugal, il força à la bataille de Fuentes de Onoro les courageux Écossais. Appelé en 1812 à la grande armée, après avoir puissamment contribué à la prise de Smolensk, il dut se mettre, par droit d'ancienneté, à la tête de la division du général Gudin , blessé à mort aux premiers coups de canon tirés à la journée de Valoutina. Napoléon se rendit auprès du général expirant pour recevoir ses derniers adieux. « Sire, dit celui-ci, je vous recommande ma femme et mes enfants; j'ai encore une grâce à vous demander, c'est pour ma brave division : Je vous supplie d'en accorder le commandement au général Gérard; je mourrai con-

tent si je la vois en de si bonnes mains, n Maurice Gérard avait trop bien mérité ce commandement, par l'usage qu'il venait d'en faire, pour qu'il fût possible de l'en priver. Dans les bulletins où ils racontèrent leur retraite, les Russes s'enorgueillirent de n'avoir cédé qu'à l'invincible garde impériale, et c'était la division Gudin , passée sous les ordres du général Gérard, qui les avait vaincus. A la Moskowa, cette division, qui se couvrit encore de gloire, contribua puissamment au succès de cette grande journée. A la longue et désastreuse retraite de la Bérésina, le général Gérard reçut le commandement en second, sous les ordres du maréchal Ney, du corps qui fut formé pour protéger les débris épars de l'armée. Lorsque le nouveau corps eut été réuni, un bataillon de la Sippe, posté en avant de la porte de cette ville appelée Wilna, prit l'épouvante aux premiers coups de canon, et l'on fit de vains efforts pour le rallier. Cependant la cavalerie russe arrive, met pied à terre et tente l'escalade. Le général Gérard ramasse des armes éparses, et le maréchal suit son exemple; ils font feu, et, nouveaux Codes, ils soutiennent seuls le choc d'une armée pendant une demi-heure. Des renforts arrivent enfin, l'ennemi est contenu , et dix ou douze mille Français sont sauvés. Le prince Eugène, ayant succédé dans le commandement au roi de Naples, qui venait de partir, confia l' arrière-garde au général Gérard. A

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