LIVRE QUATRIÈME
officiers et soldats de l'Empire revêtus de leurs anciens uniformes.
Mgr l'archevêque de Paris, entouré de ses vicaires généraux et d'un nombreux clergé, a officié.
Après la cérémonie, qui a duré environ trois quarts d'heure , le prince président est remonté en voiture et s'est dirigé vers les quais, au milieu des acclamations les plus enthousiastes d'une foule compacte qui se pressait aux abords de l'hôtel des Invalides pour saluer l'élu de la France et prendre part à la cérémonie funèbre.
Le nombre des assistants était si grand que, seul, le défilé des voitures a duré près de trois quarts
d'heure.
Plusieurs couronnes d'immortelles ont été déposées sur le tombeau de l'Empereur.
On vient de placer dans la galerie des plansreliefs celui du siège de Rome. Ce travail, exécuté sous la direction du colonel du génie Augoyat, avec une perfection remarquable , donne une idée complète et précise de l'importance de ce grand fait d'armes qui restera un des plus beaux monuments de la science militaire et de la guerre des sièges.
Aujourd'hui 4 août 1832 un nouveau service funèbre a été célébré à l'Hôtel pour rendre les derniers honneurs au brave maréchal Exelmans, grand chancelier de la Légion d'honneur, dont une affreuse chute de cheval venait de causer la mort.
La France tout entière était représentée à cette cérémonie par ses premiers magistrats, par ses guerriers, par ses illustrations de tous genres. Mgr le prince président de la République a honoré de sa présence cette journée de deuil; il a voulu s'associer à l'hommage suprême rendu à la dépouille mortelle du glorieux soldat de nos grandes guerres, à l'intrépide combattant de Wertingen, d'Austerlitz, d'Iéna, au vainqueur de Vélisy.
Les dispositions ordonnées à cet effet avaient été faites par les soins de l'autorité militaire. A dix heures, toutes les troupes étaient sous les armes, et les invalides étaient prêts à recevoir, avec le cérémonial funèbre réservé aux maréchaux de France, les restes mortels du noble guerrier.
A onze heures et demie le cortège est parti de la chancellerie, un escadron des guides et un bataillon d'infanterie, musique en tête, ouvraient la marche.
Un corbillard richement décoré et traîné par six chevaux portait la dépouille mortelle du maréchal ; son épée, son bâton de commandement, les insignes de la Légion d'honneur étaient déposés sur le cercueil et recouverts d'un crêpe funèbre; son cheval de bataille, caparaçonné de deuil, suivait le char.
Le deuil était conduit par le fils de l'illustre défunt, Maurice Exelmans, capitaine de frégate et