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LIVRE QUATRIÈME

veau des suffrages de ses concitoyens au mois de novembre 1827; il s'y est rangé parmi les défenseurs des libertés nationales. En 1824 le général Gérard reçut à la chasse un coup de fusil; sa vie fut promptement hors de danger, mais un plomb l'a privé de l'œil gauche.

Le trente et unième anniversaire de la mort de l'Empereur a été célébré aujourd'hui, 5 mai 1852, dans l'église des Invalides.

La présence du chef de l'Etat devait rehausser l'éclat de cette cérémonie, à laquelle assistait un public nombreux et recueilli.

Pour cette solennité funèbre, les deux grandes entrées et toute l'église avaient été tendues de draperies noires lamées d'argent, au milieu desquelles brillaient des écussons aux armes impériales avec des aigles aux ailes déployées et surmontées d'une couronne.

Étaient inscrits , dans des couronnes de laurier, les noms des principales batailles de l'Empire, entre autres: les Pyramides, Iéna,Wagram, Marengo, Arcole, Austerlitz, Lutzen, Bautzen, Eylau, la Moskowa, Montmirail , Montereau. On y voyait aussi les noms des plus importantes créations de l'Empire : la Légion d'honneur, le Concordat, le Code civil, le conseil d'État.

Au milieu de la nef s'élevait un magnifique

cénotaphe couvert d'un drap de velours noir brodé d'abeilles d'argent. On y avait placé la grande épée d'Austerlitz, les insignes de la Légion d'honneur, la couronne et le sceptre impériaux.

Une trentaine de vieux généraux, débris de nos grandes armées, entouraient le cénotaphe éclairé par mille bougies et vingt-quatre candélabres d'argent d'où sortaient des flammes bleues.

Le prince président, arrivé à onze heures précises, précédé et suivi par une escorte de cuirassiers, a été reçu par le maréchal Jérôme, gouverneur de l'Hôtel; tous les autres membres de la famille impériale sont venus se grouper autour du président. Dans la nef les places étaient occupées, à droite du cénotaphe, par les maréchaux de France, les sénateurs, la députation du Corps législatif, les membres du Corps législatif, les conseillers d'État et les généraux présents à Paris.

A gauche, par les ministres, la députation du Sénat, des sénateurs, la députation du conseil d'État, des préfets et sous-préfets, les membres des cours et tribunaux.

A la suite de ces grands dignitaires et à leur gauche étaient rangés les officiers civils, et à leur droite les officiers militaires.

Tout le reste de l'église et les tribunes étaient occupés par une foule de personnages de distinction, tant Français qu'étrangers, et tous les anciens

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