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LIVRE QUATRIÈME

du deuxième corps durant la campagne de France, où il montra à Craone, à Fère-Champenoise , à Plancy, à Méry, à Arcis-sur-Aube , une attitude vraiment digne de l'histoire. Le premier gouvernement des Bourbons accueillit ses services et le nomma chevalier de Saint-Louis; mais des papiers saisis chez un agent anglais le brouillèrent bientôt avec la nouvelle dynastie. On l'accusa d'être en correspondance avec Murât, de provoquer le retour de Napoléon. Exelmans déploya une rare fermeté dans la poursuite dont il fut alors l'objet. Son énergie devant le conseil de guerre de Lille amena un acquittement. Ses ennemis rapportent qu'à l'issue de cette affaire il alla se jeter aux pieds de Louis XVIII. Rien ne prouve cette démarche. Bien au contraire, à peine Napoléon était-il de retour de l'île d'Elbe que le général Exelmans se déclara pour lui. L'Empereur lui confia le commandement du deuxième corps de l'armée du Nord, corps composé des divisions Chastel, Strolz, Pire, Dorsenn, Walin et Teste. Malheureusement ce corps, mis aux ordres de Grouchy, n'eut pas à donner à Waterloo. Presque tous les historiens s'accordent à dire que ce ne fut pas la faute d'Exelmans, et qu'il ne cessa de supplier Grouchy de marcher au canon, malgré les instructions reçues. Après Waterloo, Exelmans ne perd pas courage et ramène sous Paris et en assez bon ordre la plupart de ses soldats. Là

il eut l'honneur de porter les derniers coups aux ennemis de la France en marchant inopinément contre les Prussiens cantonnés à Versailles et en détruisant deux régiments de hussards de Brandebourg. Après cette affaire, dont l'un des héros fut le colonel de Brique-ville , Exelmans fut au retour des Bourbons porté sur la liste des proscrits qui parut en 1816. La révolution de juillet 1830 lui rendit ses titres. Il figura comme pair de France au procès que subit Carrel. Ce publicisle ayant accusé la Chambre d'avoir commis un assassinat juridique en condamnant le maréchal Ney, Exelmans s'associa à cette énergique protestation et acquit par là une grande popularité dans l'opposition. Le reste de sa vie politique n'offre rien de remarquable à signaler. Il fut, après la révolution de 1848, l'un des premiers à se rallier au nom de Bonaparte. Le président de la République le choisit en conséquence pour grand chancelier de la Légion d'honneur le i 5 août 1 849 ; il le nomma ensuite maréchal de France le 10 mars 1851. Le nouveau maréchal se rallia naturellement au gouvernement de décembre. Il en reçut le titre de sénateur. Mais il ne survécut guère au triomphe de l'opinion napoléonienne : le 21 juillet 1852, comme il allait en compagnie de son fils, Maurice Exelmans, capitaine de frégate, rendre visite à la princesse Mathilde, au pavillon de Breteuil, près de Saint-Cloud, une

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