LIVRE QUATRIEME
Le général Broussier au général Bonaparte, Premier Consul.
« Tous les pays au delà de l'Isonzo étaient en armes contre nous; Barletta et Bari tenaient seules notre parti. Cette dernière ville était assiégée par une armée de douze mille hommes. Dans seize jours de temps , à quarante-cinq lieues de l'armée , avec deux mille hommes et trois pièces de canon, je parvins à. soumettre tout le talon de la botte; je pris cinq villes d'assaut, quarante-trois pièces de canon, trente drapeaux; je détruisis l'armée ennemie , je tuai les chefs , plus de dix mille révoltés périrent. Croiriez-vous , mon général, que le dixhuitième jour je fus arrêté par ordre de Schérer? Mon crime était d'être dévoué à Championnet qui m'avait comblé de bienfaits... 0 temps! Depuis trois mois mon aide de camp Exelmans sollicite la confirmation d'un grade gagné sur le champ de bataille, et il n'a pu l'obtenir. »
Le Premier Consul accorda la confirmation demandée par Broussier, et le 1 "prairial (21 mai 1 801 ) le capitaine Exelmans devint un des aides de camp de Murât, qui le fit nommer chef d'escadron le 9 octobre 1803. A l'ouverture de la grande campagne de 1 805 il fut un des héros du combat de Werlingen et mérita d'être chargé de présenter à l'Empereur, à son bivouac de Sumershausen , les
trophées du combat. « Je sais, lui dit Napoléon, qu'on ne peut être plus brave que vous. Je vous fais officier de la Légion d'honneur (10 octobre 1805). » Dès ce moment, la fortune militaire d'Exelmans fut décidée. Nous le voyons figurer successivement à Austerlitz , à Iéna , à Posen , comme colonel du Ier régiment de chasseurs à cheval, dont le commandement lui fut confié le 27 décembre 1803. La journée d'Eylau lui valut le titre de général de brigade (14 mai 1807). Envoyé en Espagne avec Murât , fait prisonnier par des guérillas espagnoles et livré aux Anglais, il demeura en Angleterre jusqu'en 1811. Murât régnait alors à Naples. Exelmans y courut et reçut le titre de grand écuyer; mais, soit qu'il ne voulût point perdre sa qualité de Français, soit que le service du roi de Naples ne lui parût pas offrir d'assez grandes perspectives, il revint en France et obtint, le 24 décembre 1811, le grade de major général des chasseurs à cheval de la garde impériale. Dans la campagne de Russie il gagna celui de major général des grenadiers de la même garde (9 juillet 1812), puis celui de général de division (8 septembre même année). Nous le trouvons en 1813 grand officier de la Légion d'honneur et commandant en Saxe et en Silésie une des divisions de cavalerie du deuxième corps, aux ordres de Sébastiani. Il succéda à ce général dans le commandement général