‹ Les InvalidesChapitre 247 sur 322 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

Ce même jour parut un autre décret impérial ainsi conçu :

« Considérant que la haute position reconnue par le décret du 1 8 de ce mois à notre oncle bien-aimé Jérôme Bonaparte ne peut plus se concilier avec les exigences d'un service qui entraine responsabilité et subordination;

» Considérant , d'un autre côté , que les cendres de l'empereur Napoléon ont été confiées à Ta garde de son frère, qui ne peut abdiquer ces pieuses fonctions ;

» Avons décrété ce qui suit :

» Notre oncle bien-aimé Jérôme-Napoléon-Bonaparte est nommé gouverneur honoraire de l'hôtel impérial des Invalides. »

Tout en comprenant l'esprit de ce décret, les invalides ne furent pas moins sensibles à la perte du prince Jérôme , car ils n'avaient jamais été gouvernés d'une façon plus paternelle. Aussi surent-ils gré à l'Empereur de le leur conserver comme gouverneur honoraire.

Ont été envoyés aujourd'hui, 30 décembre 1 832, par ordre du ministre de la guerre , cinq drapeaux pris au siège de Lagouat (Algérie). Ils ont été escortés par un escadron de lanciers et quatre compagnies d'élite du 43° régiment de ligne , tambours

et musique eu tête, de l'hôtel du ministre aux Invalides et de la grande grille à la cour d'honneur, par cinquante-cinq militaires invalides légionnaires.

Là, les troupes ont formé un carré; un ban a été ouvert; les soldats ont présenté les armes, et M. Vaubert de Genlis, chef d'escadron d'état-major et officier d'ordonnance du maréchal ministre de la guerre , en remettant les drapeaux au général Sauboul, S. A. I. le prince maréchal gouverneur étant empêché pour cause de maladie, s'est exprimé en ces termes :

« Mon général,

» Le maréchal ministre de la guerre nous charge d'avoir l'honneur de déposer entre vos mains les glorieux drapeaux qui viennent d'être conquis à Lagouat. »

Le général a répondu :

« S. A. I. le prince gouverneur ne pouvant, à son grand regret , recevoir lui-même ces nouveaux trophées dus à la valeur de nos soldats, permettez-moi, messieurs, d'être l'interprète des militaires invalides sous ses ordres.

» Ils sont fiers d'être les gardiens de ces drapeaux qui vont prendre place à côté de ceux conquis à toutes les époques de nos fastes glorieux ; ils rem-

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