LIVRE QUATRIÈME
placeront dignement ceux qu'un accident nous a ravis le 1 2 août. Merci de ce dépôt sacré au nom du prince gouverneur et des trois mille mutilés dont cet Hôtel est le glorieux asile. »
Le 25 mars \ 853 vit arriver à la grande grille de l'Hôtel les restes mortels du général de division Arrighi de Casanova, duc de Padoue, sénateur, grand-croix des ordres de la Légion d'honneur et de la Réunion, chevalier de l'ordre du Mérite militaire de Bavière. Là se trouvait pour les recevoir l'état-major de l'Hôtel.
Le char funèbre , escorté par un détachement d'invalides et précédé de MM. Ernest Henry, Arrighi de la Sanona, marquis de Padoue, conseiller d'État, fils du défunt; M. Thayer, son gendre; M. le comte Anatole de Montesquiou ; comte Henry de Montesquiou, Amédée Thayer, sénateur; Joseph Maltédo, receveur des finances; le baron Joseph Mariani, chef d'escadron d'état -major; Biadelli, officier d'infanterie; Napoléon, Levie, Ramolino, Joseph Paoli, ancien magistrat; Tibéri, chef du cabinet de M. le directeur général des postes; Fournier, secrétaire particulier de M. le duc de Padoue ; ainsi que de plusieurs daines parentes du défunt; s'est dirigé vers l'église, où l'attendait M. le curé de l'Hôtel à la tête de son clergé.
M.- l'abbé Lettelaud, deuxième vicaire de Saint-
Eustache, qui avait fait la levée du corps et qui l'accompagnait , a , dans quelques paroles chaleureuses adressées à M. le curé, rappelé les vertus guerrières et les vertus chrétiennes du défunt.
M. le curé a répondu :
« Monsieur l'abbé ,
» Il y a peu de jours qu'à la porte de cette église, en recevant pour gouverneur M. Jean -Thomas Arrighi de Casanova, duc de Padoue, nous nous félicitions de vivre sous le gouvernement, sous la protection d'un général aussi distingué par ses hauts faits d'armes que par la loyauté de son caractère et les qualités de son cœur généreux.
» Aujourd'hui nous pleurons avec l'armée, avec sa noble famille , l'illustre guerrier qui se distingua d'une manière remarquable à Jaffa, à Saint-Jean d'Acre, à Marengo, à Friedland, à Essling, à Wagram , à Leipzig et à la Fère -Champenoise; nous le pleurons et nous prions celui qui se plait à récompenser les courageux défenseurs de la patrie de lui décerner la couronne de l'immortalité. M. le duc de Padoue a vécu en héros, et il est mort en chrétien. Rcquicscat in pace. »
Ensuite et avec les prières d'usage, le corps a été porté dans l'église et placé dans une chapelle ardente magnifiquement décorée et illuminée.