‹ Les InvalidesChapitre 257 sur 322 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

lui a exprimé la satisfaction que cette visite lui avait causée.

Encore une de nos grandes célébrités africaines qui vient de perdre la vie !

Le cercueil du maréchal de Saint-Arnaud, parti de Lyon le 16 octobre à quatre heures du soir, après avoir reçu de la garnison et de la population de cette grande cité tous les honneurs dus au rang et aux éclatants services de l'illustre maréchal, est arrivé à la gare du chemin de fer, où il devait rester jusqu'à sa translation à l'hôtel des Invalides.

Dès sept heures du matin, le clergé des deux paroisses les plus rapprochées de cette gare s'était rendu dans la chapelle pour y recevoir le corps et prier jusqu'au moment où il devait être transporté à l'Hôtel.

A neuf heures , les troupes destinées à former le cortège étaient massées des deux côtés de la gare. Après leur défilé devant le cercueil placé sur le char funèbre, le cortège s'est mis en marche au bruit d'une salve de treize coups de canon tirés de la place de la Bastille et s'est dirigé , conformément au programme arrêté par le ministre, vers l'hôtel des Invalides par la rue de Lyon , les boulevards , la rue Royale, la place de la Concorde, le quai d'Orsay et l'esplanade.

Venaient d'abord l'état-major du ministère de la

guerre; S. Exe. le maréchal Magnan, commandant en chef l'armée de Paris et son état-major; un grand nombre d'officiers généraux et supérieurs sans troupes.

Le char funèbre , entouré des généraux de Bourgou Regnault de Saint -Jean d'Angely , Levasseur et de la Rue , à cheval , et tenant les coins du poêle ; les aides de camp et les officiers d'ordonnance du maréchal ; Déplace , chef d'escadron d'état-major; Boyer, capitaine; Henry, chef d'escadron d'état-major; de Grammont , duc de Lesparre, chef d'escadron, et de Caynac, capitaine d'artillerie.

La vue de ces officiers qui ramenaient de si loin les restes de leur illustre chef, la grave tristesse de leur maintien , leur visage bronzé par le soleil d'Orient, leurs uniformes couverts encore de la poussière glorieuse du champ de bataille de l'Aima, produisaient dans la foule une touchante et profonde émotion.

Venaient ensuite le cheval de bataille du maréchal et sa voiture vide.

Une autre voiture conduisait M. l'abbé Gloriot , venu de Constantinople avec le corps du maréchal, et un vicaire général désigné par le ministre des cultes pour remplir les mêmes fonctions depuis Marseille.

Les voitures de famille renfermaient :

MM. de Saint-Arnaud, conseiller d'État, frère du maréchal , et ses deux fils ;

De Forcade de la Roquette, frère du maréchal;

Le marquis de Trasignie, beau-père du maréchal ;

Octave de Trasignie, vicomte de Laferté, baron de la Ferté, comte de Revel, parents du maréchal.

Venait ensuite la voiture vide du grand écuyer de l'Empereur, attelée de six chevaux.

Dans une autre voiture étaient :

Le duc de Cambacérès, grand maître des cérémonies ; le général Rolin , adjudant général du palais ; le marquis de Toulongeon , officier d'ordonnance.

Dans la deuxième :

Le comte de Montebello et le colonel de Béville , aides de camp de l'Empereur; le capitaine Merle, officier d'ordonnance ;

Puis la voiture du premier écuyer, renfermant :

Le colonel Fleury et le lieutenant-colonel de Valabrègue, écuyer commandant.

La population de Paris et de la banlieue semblait s'être portée tout entière sur le passage du cortège. La foule innombrable garnissait les places,

les rues, les trottoirs des boulevards, les fenêtres et jusqu'aux toits des maisons, et se découvrait respectueusement devant le char funèbre.

A midi , une salve de treize coups de canon annonçait que le corps arrivait aux Invalides.

Alors le char s'est arrêté, et la partie du cortège placée à la suite a défilé devant.

Le corps du maréchal a été reçu à la grille de l'Hôtel par S. Exe. le général comte d'Ornano, gouverneur, à la tête de son état-major, puis porté à bras dans l'église par seize sous-officiers décorés.

Quelque temps avant, l'église et les tribunes s'étaient remplies des personnes invitées, des autorités et des corps qui devaient assister à la solennité religieuse.

Le corps diplomatique s'était rendu spontanément à la cérémonie des Invalides. On y remarquait :

LL. EExc. Mgr Sacconi, nonce du saint-siége ; lord Cowley, ambassadeur d'Angleterre; Yély-Pacha, ambassadeur de Turquie; le lieutenant général comte de Lœwenhielm, ministre de Suède et de Norvège; le comte de Moltke, ministre de Danemark; Firmin Rogier, ministre de Belgique; le marquis d'Antonini , ministre des Deux-Siciles; le comte de Hatzfeldt, ministre de Prusse; le baron de Hiibner, ministre d'Autriche; le baron de Wendland, ministre de Bavière; le baron de Seebach, ministre de Saxe ; le marquis Tanay de Nerli, chargé

Page 1