LIVRE QUATRIEME
hommes formaient la haie de la grande grille à cette cour.
Après la revue du Champ de Mars, vers sept heures, LL. MM. la reine d'Angleterre et l'Empereur, S. A. R. le prince Albert, le prince de Galles et la princesse royale sa sœur, sont arrivés au portail de l'église où les attendaient le général comte d'Ornano, gouverneur, à la tête du grand étatmajor.
Leurs Majestés se sont rendues immédiatement au tombeau de l'Empereur et ont visité, à la clarté des flambeaux et avec un intérêt marqué, toutes les parties de ces saints lieux.
Avant de remonter en voiture , la reine Victoria , encore émue , a témoigné au gouverneur sa satisfaction de ce qu'elle venait d'admirer.
^Aujourd'hui 3 septembre 1855, les canons des Invalides, muets depuis si longtemps, ont annoncé à la capitale la chute de la forteresse de Sébastopol, prise d'assaut par l'armée française.
Visite de LL. A A. RR. le duc et la duchesse de Brabant.
Leurs Altesses Royales sont arrivées à la grande grille, où les attendaient le gouverneur avec son état-major.
Le duc et la duchesse , après avoir visité succès-
m LES INVALIDES.
sivement, avec un intérêt marqué, toutes les parties de l'établissement, se sont rendus au tombeau de l'Empereur, puis à la salle du conseil et à la bibliothèque, d'où ils sont partis après avoir témoigné au général comte d'Ornano leur satisfaction.
Visite du roi de Sarclai g ne.
Aujourd'hui, à deux heures trois quarts, le roi de Sardaigne est arrivé à la porte de l'église, où il a été reçu par M. le curé Ancelin assisté de ses vicaires. Sa Majesté s'est rendue immédiatement au tombeau de l'Empereur, qu'elle a visité dans toutes ses parties avec autant d'admiration que de recueillement. Elle a parcouru ensuite les réfectoires, l'infirmerie , la salle du conseil, la bibliothèque et a terminé par la galerie des plans-reliefs, que le colonel du génie Augoyat a eu l'honneur de lui expliquer en détail.
Un épisode très-touchant a, pendant cette visite, vivement impressionné toutes les personnes qui en ont été témoins.
Un ancien Sarde , qui avait déserté le service de son pays pour entrer dans la légion étrangère, ayant été blessé grièvement et amputé d'un bras, avait été admis à l'Hôtel. A la vue de son légitime souverain, les souvenirs de la patrie se sont réveillés dans son cœur, et il s'est précipité aux pieds du