LIVRE QUATRIEME
répétaient les maniements d'armes exécutés clans l'église.
Chaque corps avait envoyé en outre une députatien composée d'un officier supérieur, d'un capitaine , d'un lieutenant et d'un sous-lieutenant.
Des sous-officiers décorés et en armes étaient placés dans l'église autour du catafalque.
Les troupes étaient commandées par un général de division, assisté de deux généraux de brigade.
La cérémonie religieuse a commencé à midi précis.
Tous les officiers généraux, supérieurs et autres des corps de la marine, présents à Paris , assistaient au service, ainsi que des députations de l'armée, de la garde nationale, du Sénat, du Corps législatif, du conseil d'État , du clergé catholique , des consistoires, du corps diplomatique, de la Cour de cassation, de la Cour des comptes, de la Cour d'appel, de l'Institut, de l'Université et du Corps académique.
L'Empereur s'était fait représenter par un de ses chambellans et S. A. I. le prince Napoléon par un de ses aides de camp.
Les bas-côtés de l'église et les tribunes étaient occupés par les nombreux amis de la famille.
Une tribune particulière avait été réservée aux membres de la famille de l'amiral.
La messe a été célébrée par M. l'aumônier des Invalides.
L'absoute a été faite par S. É. le cardinal Morlot, archevêque de Paris.
Les cordons du poêle étaient tenus par l'amiral Hamelin, ministre de la marine; le maréchal Magnan, commandant en chef l'armée de Paris; le maréchal duc de Malakoff, grand chancelier de la Légion d'honneur, et le maréchal Regnaud de Saint-Jean d'Angély, commandant en chef la garde impériale.
Une salve de onze coups de canon , tirée par la section d'artillerie placée sur le quai des Invalides, a annoncé le commencement de la cérémonie.
Une musique militaire placée dans une des tribunes de l'église alternait avec l'orgue et les chœurs.
La cérémonie funèbre a été empreinte de ce profond et religieux recueillement qu'inspire toujours la perte d'une de nos illustrations militaires.
Des écussons appendus autour de la nef rappelaient les circonstances remarquables de la glorieuse carrière de l'amiral.
Les yeux s'y portaient avidement.
On y lisait entre autres les noms fameux de Trafalgar, Alger, Saint -Jean d'Ulloa, Vera-Cruz et Bomarsund.
Toutes ces inscriptions, tous ces faits d'armes étaient le solennel hommage rendu par ses œuvres mêmes à l'illustre amiral; chacun louait à l'envi son caractère si noble, si pur, si chevaleresque.