LIVRE CINQUIÈME
ileux colossales statues persiques de bronze, exécutées par Duret. Elles tiennent entre leurs mains, sur deux coussins : l'une le globe, l'autre le sceptre impérial. Ces deux statues, par leur aspect grandiose et imposant, annoncent la sainteté du lieu où l'on va descendre et semblent destinées à la garde silencieuse et éternelle du tombeau qui renferme les restes précieux du plus grand capitaine des temps modernes.
Cette porte, ainsi qu'on le reconnaît, donne entrée au péristyle obscur qui conduit à la crypte au moyen de marches de marbre blanc taillées dans des blocs de vingt-cinq pieds de longueur. Cet espace franchi, on se trouve devant la masse imposante qui renferme le cercueil du captif de Sainte-Hélène.
Mais avant d'approcher de ces restes glorieux, parcourons la galerie circulaire creusée sous le pavé du dôme, éclairée par des lampes funéraires de bronze suspendues au plafond.
Dans cette galerie sont placés à la suite les uns des autres dix bas-reliefs de marbre blanc, résumant pour ainsi dire la vie de Napoléon.
Telle est la pensée qui a présidé à cet immense travail, remarquable par sa grandeur et le fini de son exécution.
Dans chacun de ces dix bas-reliefs, Napoléon occupe le centre de la composition. Des figures
symboliques l'accompagnent : elles servent à rappeler les travaux de sa vie.
Ce n'est pas seulement le guerrier, l'homme des champs de bataille qu'elles représentent, mais aussi le législateur, le protecteur de l'agriculture, des arts, du commerce, des sciences et de l'industrie.
Ces bas-reliefs, composés par Simare et exécutés, sous sa direction et sa responsabilité personnelle, par Canut, Petit, Chambard et Ottin, rappellent :
La pacification des troubles civils ; le concordat ; l'administration; le Conseil d'État; le Code; l'Université ; la Cour des comptes ; les encouragements donnés au commerce et à l'industrie; les travaux publics ; la Légion d'honneur.
Après avoir fait le tour de cette galerie , on entre dans la crypte en foulant le marbre qui en forme le sol, immense auréole d'un jaune d'or, à travers les rayons de laquelle serpente une couronne de lauriers en mosaïque incrustée. La balustrade, toute de marbre d'Italie , est ornée de simples couronnes sculptées.
Dans les intervalles, on lit les noms immortels de :
Rivoli, Pyramides, Marengo, Austerlitz, Iéna, Friedland, Wagram, xMoskowa.
L'effet de l'auréole est on ne peut plus saisissant et fait ressortir mieux encore la couleur rouge foncé du monolithe qui se dresse au centre dans sa majestueuse simplicité.
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