VUE DE L'AUTEL ET DE LA CRYPTE
Cette masse énorme n'a pour ornements que des arêtes arrondies et des enroulements d'une sévère régularité; elle a été arrachée au sol de la Finlande, et ce n'est qu'avec des peines, des sacrifices et des fatigues sans nombre que l'on est parvenu à la transporter sur les bords de la Seine ; mais là toutes les difficultés n'étaient pas surmontées, car ce n'esl qu'à l'aide des moyens les plus ingénieux que l'on est parvenu à la tailler, et pour lui donner la forme sépulcrale et le poli que reflète la lumière du dôme, ainsi que celle des lampes, il a fallu l'emploi d'une machine à vapeur du plus puissanl mécanisme.
Le cercueil a quatre mètres de longueur, deux mètres de largeur et quatre mètres cinquante centimètres de hauteur; il est formé de quatre blocs distincts : le couvercle, la cuve et les deux supports ; le tout placé sur un pied de granit vert des Vosges.
Dans le pourtour de la crypte et faisant face au cercueil, sont placées douze colossales cariatides de marbre blanc.
Ces douzes cariatides, sculptées par le célèbre Pradier, représentent les douze principales victoires de l'Empereur et semblent placées là comme compagnes silencieuses et immobiles de cette tombe, que rien n'égale en grandeur et en magnificence; les yeux s'en séparent-ils un moment pour chercher
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le ciel, qu'apparaissent le dôme et ses peintures séculaires, exécutées par Lafosse et Jouvenet. On y voit les initiales et les symboles de Louis XIV, ainsi que les remarquables sculptures des plus éminents artistes de cette époque glorieuse.
Dans cet asile de la mort et de la gloire, tout porte à l'âme; car on dirait que ces magnifiques fravaux, exécutés depuis bientôt deux siècles, l'ont été dans le but de servir de couronnement à cette tombe qui résume l'histoire de la grande époque impériale.
Mais, avant de nous éloigner du mausolée, visitons le lieu auquel Visconti a donné avec un rare honneur le nom de reliquaire, asile sombre et mystérieux qui se trouve dans la galerie derrière la crypte, en face de l'entrée du tombeau; c'est là que sont déposés l'épée que Napoléon portait à Austerlitz, ainsi que les insignes qui décoraient sa poitrine aux jours solennels; et de chaque côté les drapeaux longtemps conservés au Luxembourg, rentes glorieux des conquêtes dont les noms sont gravés dans l'hémicycle.
Au fond de ce reliquaire, dont les parois sont re\ élues de marbre noir, apparaît la statue de ! empereur en costume impérial du sacre. Cette slatue, qui est de marbre blanc de la plus grande beauté, a deux mèlres soixante-six centimètres de hauteur. Elle tient dans sa main droite le sceptre