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LA RÉPUBLIQUE A SES DÉFENSEURS

Ces trois braves venaient de recevoir la plus belle récompense qui pût leur être décernée.

A la cérémonie qui eut lieu peu d'instants après et ensuite au Champ de Mars, on leur réserva la place d'honneur.

Là, les représentants de la nation proclamèrent à haute voix leur dévouement à la patrie.

Les invalides parurent également avec éclat à l'occassion de l'anniversaire de la fondation de la République et du traité de Campo-Formio.

Le général Berruyer, que Bonaparte avait fait nommer en 1797 commandant en chef de l'Hôtel, ne tarda pas à rétablir l'ordre et la discipline dans

l'établissement, et cependant de nouvelles plaintes étant parvenues au gouvernement, le conseil des Cinq-Cents demanda un rapport que Jourdan fit en ces termes, et par suite duquel une somme suffisante fut allouée aux besoins de l'Hôtel :

m Les soldats invalides chez les despotes mendient ignominieusement leur pain; c'est l'apanage de ceux qui ne servent que l'orgueil et l'ambition d'un homme. Les tyrans comptent pour rien tout ce qui n'est plus utile, et les services de leurs subordonnés sont regardés par eux comme des actes obligatoires qui ne méritent ni récompense ni reconnaissance.

» La République française se fait, au contraire, une loi sacrée d'assurer et d'adoucir le sort des braves qui l'ont servie avec tant de dévouement ; elle satisfait à la justice et à l'humanité, en obéissant au bien public qui le commande.

» S'il est glorieux pour la nation d'avoir à compter tant de héros parmi ses enfants, il ne l'est pas moins pour elle de leur préparer un asile doux et paisible quand l'âge et les infirmités sont venus rendre leur courage inutile; et, s'ils ont combattu pour la République tout entière, elle doit les récompenser en assurant d'une manière fixe, invariable et permanente, les sommes nécessaires au soutien d'un établissement aussi honorable pour ceux qui l'habitent que pour la nation qui le fera prospérer. »

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