‹ Les InvalidesChapitre 40 sur 322 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Le 8 mai 1798, sur la proposition du représentant Lacuée, le Directoire arrêta qu'une première succursale des Invalides serait établie à Versailles et une seconde à Saint-Cyr.

Au 18 brumaire (9 novembre 1799), le général IJerruyer rassembla ceux des invalides sur le dévouement desquels il pouvait compter, et leur dit :

<( Rendez-vous à Saint-Cloud; si on a besoin de vous, mes amis, payez de vos personnes. »

Les invalides promirent de ne pas rester au-dessous de la confiance que leur témoignait leur commandant; en effet, ils se rendirent en assez grand nombre à Saiut-Cloud, dans la matinée du 18 brumaire. Si l'on n'eut pas besoin de leur concours, on ne leur sut pas moins gré de cette preuve de dévouement.

Aussi cette journée fut -elle saluée avec acclamation à l'hôtel des Invalides, qui devenait, sous l'inspiration de Berruyer, le foyer du bonapartisme naissant.

Le 20 pluviôse an YIII (7 février 1800), les drapeaux pris sur l'ennemi par l'armée d'Orient furent présentés par le général Lannes au ministre de la guerre Carnot et déposés dans la chapelle du dôme, alors appelée le Temple de Mars.

Ces drapeaux, au nombre de soixante-douze, non compris trois queues de pacha, étaient portés par

des cavaliers des différents corps de la garnison de Paris.

Les ministres, le conseil d'État, les officiers généraux, se réunirent dans la salle du conseil de l'Hôtel, et de là se rendirent au temple, où, les tambours ayant battu aux champs, les drapeaux furent présentés par le général Lannes, qui fit un discours auquel le ministre répondit; puis on attacha un crêpe à chacun de ces drapeaux, et M. de Fontanes prononça l'oraison funèbre de Washington.

En présentant au ministre les drapeaux pris à Aboukir, le général Lannes s'exprima en ces termes :

« Citoyen ministre,

)> Voici tous les drapeaux de l'armée ottomane détruite sous vos yeux à Aboukir.

» L'armée d'Egypte, après avoir traversé les déserts brûlants, triomphé de la faim et de la soif, se trouve devant un ennemi fier de son nombre et qui croit voir une proie facile dans nos soldats exténués par la fatigue et par des combats sans cesse renaissants : ignorait-il que le soldat français est plus grand parce qu'il sait souffrir que parce qu'il sait vaincre, et que son courage s'irrite et s'accroît avec le danger? Trois mille Français, vous le savez, fondent sur dix-huit mille barbares, les enfoncent, les renversent et les serrent entre leurs rangs et la

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