‹ Les InvalidesChapitre 84 sur 322 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Le 3 juillet 1816, M. le gouverneur duc de Coigny est nommé maréchal de France.

Dans les premiers jours du mois de mars 1817, monseigneur le comte d'Artois, accompagné de Monsieur, Dauphin, honora l'Hôtel de son auguste visite.

Cette démarche , qui avait pour but de rallier les soldats de l'Empire, eut le succès que l'on pouvait en attendre. Les paroles bienveillantes du prince, l'intérêt qu'il témoigna aux militaires invalides, dissipèrent leurs préventions. Ses formes courtoises, ses manières chevaleresques, rendaient le comte d'Artois, plus que tout autre prince de la famille, capable de remplir cette mission, à laquelle Louis XVIII, en ce qui le concernait, était peu disposé.

Le 31 mai de la même année, l'infant d'Espagne voulut voir les soldats qui avaient arraché la couronne aux descendants de Philippe V. Il fut reçu par le duc de Coigny, qu'il connaissait d'une manière toute particulière.

Le 4 mai \ 820 parut une ordonnance royale qui mit l'administration des Invalides en rapport avec l'institution du corps de l'intendance militaire. L'administrateur comptable fut remplacé par un intendant.

A la mort de monseigneur le duc de Berry,

arrivée le 1 3 février 1 821 , un service funèbre a été célébré avec grande pompe à l'Hôtel.

S. M. Louis XVIII, par ordonnance du 17 mars, a nommé à l'emploi de commandant de l'Hôtel M. le maréchal de camp comte de Lussac, en remplacement de .M. le lieutenant général baron Darnaud.

Par une ordonnance du 26 mars 1821, le Roi décida que les portraits des maréchaux de France décédés seraient transférés à l'hôtel des Invalides pour y être placés dans la salle du conseil.

Cette disposition avait tout à la fois pour objet de placer aux Tuileries, dans la salle des Maréchaux, les portraits de tous les maréchaux de France vivants, et d'honorer la mémoire de ceux qui étaient décédés en confiant la garde des leurs aux vétérans de l'armée.

Peu de temps après, le 19 mai 1821 , mourut le maréchal duc de Coigny, gouverneur de l'Hôtel. Il fut sincèrement regretté de tous les invalides, dont il avait su se faire apprécier, malgré l'apparence de dispositions contraires.

Le comte de Rosambo, chargé de faire son éloge à la Chambre des pairs, ne fit que lui rendre justice en disant que le dernier gouverneur de l'Hôtel « avait été noble sans orgueil, affable avec dignité, indulgent par caractère, sévère quand le devoir l'exigeait ».

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