LIVRE TROISIEME
que son père, en lui remettant son épée, lui avait expressément ordonné de ne s'en servir que pour la défense de son pays. La capitulation portait que les officiers auraient la liberté de se retirer en France, et que les soldats seraient échangés les premiers contre autant de prisonniers alliés qui auraient été faits dans cette journée.
Libre sur parole, il revint en France et se trouvait à Paris lorsque le général en chef Bonaparte , qui, de retour de son expédition d'Egypte, préparait déjà les événements du 18 brumaire, l'appela auprès de lui, ainsi que d'autres généraux, pour seconder ses projets. Nommé membre du Sénat conservateur, il en devint successivement viceprésident en 1802, et préteur en 1803; le 25 avril 1 804, il fut nommé gouverneur des Invalides. Lorsque le gouvernement consulaire eut fait place au trône impérial, le général Serrurier fut fait comte, reçut le bâton de maréchal d'Empire, le grand aigle de la Légion d'honneur et la grande croix de la Couronne de fer. A l'époque de l'expédition des Anglais contre l'île de Walcheren, en 1809, le maréchal Serrurier devint commandant général de la garde nationale parisienne; il prit part à tous les actes du Sénat jusqu'à la tin de 1 81 4 , vota alors la création d'un gouvernement provisoire, et, après la déchéance de Napoléon, il fut nommé par le Roi pair de France et grand-croix de
Tordre de Saint-Louis. Pendant les Cent Jours, Serrurier assista au Champ de Mai, perdit son gouvernement peu de temps après la seconde Restauration, et fut remplacé par le duc de Coigny. Le maréchal Serrurier mourut le 21 décembre 1819. Sur la demande d'un des plus honorables habitants de Laon, M. Devisme, membre de plusieurs assemblées législatives, le conseil municipal de Laon a arrêté que la rue dans laquelle Serrurier était né prendrait le nom de rue Serrurier. Le conseil municipal a supplié aussi le Roi d'accorder à la ville de Laon une copie de son portrait qui est exposé dans la salle des Maréchaux.
Le personnel des succursales de Louvain et d'Arras avait été évacué sur Paris, et cependant, malgré cette concentration, l'établissement ne fut pas aussi encombré qu'on pourrait le croire; car, dans l'incertitude du sort qui les attendait, un grand nombre de blessés regagnaient péniblement leurs foyers.
Par ordonnance du 1 0 février 1 8 1 6, furent nommés membres du grand conseil :
MM. Comte de Yillamanzy, pair de France; Marquis d'Avaray, lieutenant général; Baron Millet de Mureau , lieutenant général ; Comte Edouard de Bellon, lieutenant général; De Vieusseux, maréchal de camp.