LIVRE TROISIEME
des soldats. Après avoir admiré l'église du dôme , le nonce apostolique s'écria : « Jusqu'ici je n'avais eu des églises de Paris qu'une opinion peu favorable, mais elle change à l'aspect de cet édifice. » Le 27 novembre 1 828 , monseigneur le duc de Bordeaux honora de sa visite les militaires invalides. Quoique dans un âge encore bien tendre, le prince daigna leur faire apercevoir que déjà il savait apprécier les sentiments dont sa présence était l'objet.
En exécution d'une lettre ministérielle du 11 mars 1829, trois drapeaux provenant du château de Morée ont été envoyés à l'Hôtel et appendus aux voûtes de l'église.
Par ordonnance royale du 24 juin 1829, les sous -lieutenants et adjudants sous -officiers qui obtiendront à l'avenir leur admission à l'hôtel des Invalides y seront reçus dans leurs grades respectifs, dont ils porteront les insignes tels qu'ils sont déterminés pour les troupes de ligne.
Le 1 1 juillet, remise a été faite à l'Hôtel du cœur du général Kléber, commandant en chef de l'armée d'Egypte, par madame Dumas, veuve du général de division de ce nom.
Le marquis de Latour-Maubourg, qui avait été son aide de camp, accueillit avec enthousiasme les restes précieux de cet illustre général.
Klébér fut l'un des plus éminents parmi cette pléiade d'hommes de guerre qui illustrèrent la révolution française.
Il naquit à Strasbourg, en -I7ai, d'une famille peu aisée, et fit ses premières armes contre les Turcs, en qualité de sous-lieutenant dans les troupes autrichiennes, où il servit de 177(3 à 1783.
La révolution française ouvrit à Kléber une carrière plus brillante. Entré en 1792, comme simple grenadier, dans un bataillon de volontaires du Haut-Rhin, sa stature élevée et robuste, son air martial et ses talents pour la guerre le firent remarquer par le général Wimpfen, qui commandait à Brisach, et il obtint une place d'adjudant-major. Sa réputation militaire commença au siège de Mayence; il y fut élevé au grade d'adjudant général. Venu à Paris après la prise de cette place, pour témoigner contre le général Custine, il eut le courage de déposer en sa faveur devant le tribunal révolutionnaire. Bientôt après on le nomma général de brigade pour aller combattre les royalistes de la Vendée, à la tête d'une colonne de cette même garnison de Mayence, tant de fois témoin de sa bravoure; c'est à Torfou, où il était entouré par vingt mille Vendéens, qu'eut lieu entre ce général et l'un de ses officiers, le capitaine Schwardin, ce magnifique dialogue si souvent cité : « Prends une compagnie