Ne cherchez pas à savoir
•£;- — De simple police?
m.n. '■' ' — Non, je rougis de l'erreur de mes agents. Vous ne vous figurez pas les
calomnies indignes dont vous avez manqué devenir la victime. Que des conspirateurs, des ennemis du gouvernement se réunissent chez vous, j'en doute, j|!î| je le nierai au besoin, sans en mettre ma main au feu. Mais que vous-
même...
— Moi, conspirer 1 Eh! mon Dieu, contre qui, et pourquoi faire? Dans quel ïfjij- ■'. intérêt?
— Ne vous défendez pas; c'est inutile. Seulement, si quelque jour, pour quelque raison que ce soit, vous avez besoin d'un défenseur, d'un allié, appelez- moi, je ne ferai pas faute.
— Merci, monsieur, je ne ferai jamais fi de l'estime d'un homme tel que
fi\\ vous.
Après s'être serré une dernière fois la main, le comte de Warrens et le secrétaire du préfet rentrèrent dans les salons du bal.
C'était l'heure du souper.
Les danses avaient cessé.
Toutes les dames assises autour de trois ou quatre immenses tables en fer à cheval, formaient d'adorables corbeilles de fleurs et de diamants.
Les hommes attendaient ou servaient celles d'entre elles qui les appelaient.
Le comte, qui venait de jeter un coup d'œil de maître sur toutes les tables j se retournait pour dire à son nouvel ami :
— Vous nous restez à souper?
11 aperçut le secrétaire faisant un signe à un certain nombre de masques . mystérieux, qui disparurent aussitôt comme une troupe de noirs corbeaux.
Ces masques étaient des agents de la police secrète du royaume, chargés de prêter main-forte au secrétaire du préfet.
Le comte renouvela son invitation. Le secrétaire accepta.
■ — Mais, ajouta-t-il, si je soupe chez vous cette nuit, vous dînerez chez moi ce soir, pour cimenter notre nouvelle amitié.
— Soit, répondit en souriant le comte de Warrens, mais je viendrai seul. Ce fut là sa seule vengeance.