‹ Les Invisibles de Paris, vol. 1Chapitre 25 sur 68 · JU · texte numérisé non relu

JU

chantonna le voyou, mettant, selon son habitude, une variante au refrain de cette chanson si connue.

— Arrêtez! la Cigale! s'écria la Réveilleuse en retenant le colosse, qui avait déjà la moitié du corps sur le carré. Arrêtez ! je sais de quoi il retourne. Approche, mauvais sujet.

Mouchette fit deux pas en avant, toujours au port d'armes, et tendit la joue droite en disant :

— Baisez joue... droite! droite !

La Réveilleuse obéit.

— Passez sur la joue... gauche 1 gauche!

La Réveilleuse lui donna un petit soufflet d'amitié.

— Merci, m'manî cria le gamin en cabriolant à travers la .chambre, vous avez fait votre devoir — à moi de remplir le mienl — Au camion, en deux

f ; H temps, deux mouvements, ce sera dans la remise, et je reviens.

— Ne te gêne pas, fiston. Tu as le temps. T'as pas besoin de te presser.

■ — Bon, compris, m'man ; on a à causer et Moumouche ne doit pas être du jaspinnage.

— De quoi se mêle-t-il? lit la Cigale avec humeur. . On vient donc se faire tirer les cartes par m'man Pacline? Nous ne

tenons ni le petit, ni le grand jeu. Faut vous adresser à l'étage au-dessus. Il y a des lézards tricotés en cordon de sonnette.

— Assez, petit, dit la Réveilleuse.

— C'est parfait. Je me la casse, repartit Mouchette en ouvrant la porte qui donnait sur le palier. Monsieur de la Cigale, il n'y a rien pour votre service

)■: personnel?

\'\ j — Gré mômel va.

Mouche, dit Pacline, tu apporteras un litre à seize. Dis à la Mastoc que

.'.' ■ c'est pour moi.

— Est-ce qu elle me croira?

— Oui, tout de même; va, petit.

;' ; :• — Allons, j'ai du crédit sur la place, il y a encore de beaux jours pour...

la banlieue. — Dévidez votre chapelet, mais ne soyez pas longtemps.

', ; : : —Pourquoi ça"?

1 .; — Parce que j'ai mon rosaire à égrener aussi... et que je suis tout aussi

pressé que monsieur le vice... -amiral.

,/ ! — Moucheron! cria la Cigale, moitié souriant, moitié colère.

r —Descends, Mouchette, dit sérieusement Pacline.

j.- — On ne rit plus. Bien le bonjour ; au revoir, m'man.

> Et le gamin, qui venait de sauter une dernière fois au cou de la Réveilleuse

•■} -.'■■' — elle lui permettait à présent de l'appeler sa mère — ferma la porte derrière

Page 1