‹ Les Invisibles de Paris, vol. 2Chapitre 48 sur 92 · HP · texte numérisé non relu

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tjll- "•■: .'; Le bon la Cigale avait la conscience plus calme et le sommeil plus solide

^'•* ' que bien des heureux de ce monde, se vautrant dans la plume, dans la soie

et dans la dentelle.

Lui, il ne pouvait dormir sur un matelas.

II lui fallait un hamac, l'été, de la paille, l'hiver. ^SE ;; ' Mais laissons-le se reposer, pour pris de ses démarches et de ses recher-

ches.

ifcfP ^ Revenons à nos Invisibles et à leur nouveau chef suprême,

jftltP ■ Dès que la Cigale fut sorti, ce dernier leur dit :

^PiPKv —A nous maintenant d'agir, messieurs;, d'agir avec la plus extrême

H^IJV vigueur. Je sais, à n'en point douter, d'où part le coup. Seule la comtesse de

flit^ Casa-Real a pu concevoir un plan aussi diabolique et l'exécuter avec cette

2IBP adresse, avec ce bonheur.

— Ainsi, vous pensez que M, Jules, L ex-agent de police, n'est pour rien dans tout cela? demanda le vicomte de Rioban. filft — Je ne dis pas non... il peut être Je. bras, mais c'est elle l'âme, la tête.

ÊË0- '■?-■. Mais qu'elle prenne garde... ce sera son dernier triomphe.

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v ^p — Cette femme est une vipère à la dent mortelle. Jusqu'à ce jour nous

W&-- l'avons trop ménagée.

— Il faut en finir avec elle, ajouta Karl Schinner.

Ces mots furent prononcés avec une énergie sans égale.

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É; S|i • Le major Schinner ne parlait pas souvent, mais quand il parlait! chacune

||]|^ilP de ses phrases portait coup.

frlfe II était d'avis que Caton eût mieux fait de ne dire qu'une fois son fameux :

|||[ : v Belenda est Carlhago-

Tous les Invisibles se retournèrent vers lui. |||; T II rentra dans son silence.

||i Mais l'animation de ses traits, la fureur qui se peignait dans ses yeux,

son poing fermé levé vers le ciel, prouvaient qu'en lui-même il faisait un serment formidable, un de ces serments pour l'accomplissement desquels on •Il V sacrifie tout, fortune et existence.

Martial serra fortement la main du major Schinner, et lui dit :

— Parla mémoire de ma mère, nous en finirons, je vous le jure, bon Karl. Je serai sans pitié.

— Bien ! fit le major.

Et n'aimant point à être mis en avant dans ces assemblées, où tant de gens

l'effaçaient par leur jeunesse, leur force, leurs richesses, il rentra dans l'ombre, et alla s'asseoir dans un coin du salon.

Ame modeste qui ne voulait pas s'avouer que le dévouement, la conscience du devoir accompli et une affection inaltérable pour un maître comme le comte de Warrens, vous mettent au niveau de toutes les personnalités, de toutes les positions.

— Je vous le répète, messieurs, l'heure de l'action a sonné. Êtes-vous prêts? demanda le colonel.

— Oui, lui fut -il répondu d'une voix unanime.

— Écoutez-moi donc, et exécutez mes ordres à la lettre.

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U]] seul homme se tenait au ibncï de la. grotte.

On se pressa autour de lui.

— Sir Marry Mortimer, reprit Martial Renaud, à minuit, vous partirez pour leJHavre... Vous prendrez le train express et vous vous rendrez à bord de notre brick.

— Bien, colonel.

— Vous prendrez le commandement du brick.

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— Et l'équipage?

— Je vous eu enverrai un sûr et nombreux,

— Pas d'à litre s ordres?

— Si. Les hommes montés à bord devront y rester cachés... Vous mouillerez sur un corps mort et vous mettrez les voiles sur les fils de carret, afin cte vous trouver en mesure d'appareiller au premier signal que je vous doii-

IfH! .. \ . — Ghos/e faite, répliqua sir Harry Mortimer, qui parlait facilement, lui,

Kff "■■;. i' mais que îa parole fatiguait,

H.v";'| . -^ C'est évident pour moi, messieurs: la comtesse de Gasa-Real tient son

I prisonnier aux environs de Rouen. De là elle compte gagner le Havre. Nous

! y serons avant elle. Surtout, sir Harry Mortimer, organisez dans le port la

1 giirveillance lapins active.

te- 1. — Je serai averti de tout

'ï$$.' | — Bien . Un dernier détail. Major SchinnerV

4B' \ Sclnnner vint au colonel.

(;:|yj ( '■.-;-. — • Avez-vous eu soin de faire ce que je vous ai demandé?

^y ■ \ ■ — J'ai les sommes, répondit le major.

|::||j"'-- ! . — Remettez à sir Harry Mortimer cent cinquante mille francs en billets

''.If/ 1 .''* ! de banque et deux millions en traites sur New-York, la Havane, la Vera-Cruz,

>. : \\£. ! ■ ■ la Nou vel i e^ Orléan s et Mexico.

| — Voici, lit Sclnnner, tirant un bordereau de sa poche et des liasses d'effets

Hii " ï • ou de billets de banque

Il remit traites et billets à sir Harry Mortimer, lui fit signer son bordevl3 * j veau de versement, et il attendit.

"r-j|.'-' | Quand cette formalité eut été remplie :

— Usez, comme vous le ingérez convenable, de cet argent et de ce crédit

m I au mieux des intérêts de notre association, sir Harry Mortimer, dit le colonel.

'"•\$ j — Ce sera fait, répondit simplement le noble écossais. Vous n'avez point'

i|i ; d'iuUres instructions à me donner, colonel?

Ê ': ' —Non.

#■'■.' — Vous me permettez de me retirer?

— A votre aise.

— ,1e n'ai que juste le temps nécessaire pour partir,

— Partez. Au revoir, sir Harry Mortimer.

— Au revoir, colonel.

L'Ecossais salua tous les Invisibles et sortit de son pas lent et régulier. C'était sa manière de se presser.

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