‹ Les Invisibles de Paris, vol. 2Chapitre 49 sur 92 · I : Clii va. pin no. vn sa no · texte numérisé non relu

I : Clii va. pin no. vn sa no

■i ! Clii va sa no. va lonlano.

dit un proverbe italien.

Si ce proverbe n'avait pas précédéla naissance désir Harry Mortimer, notre Invisible l'eût fait naître écossais.

Do toutes façons, il s'arrangeait de manière à lui faire conférer des lettres de naturalisation à Edimbourg ou à Glasgow.

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Le eolonebappela un second Invisible.

— Monsieur Adolphe B lanças.

— Colonel?

— Avez-vous réussi '? . i

— Oui.

— Tout est terminé"?

— Oui.

— Bien. Ainsi, vous êtes prêt?

.— Je le suis.

— Si dans trois jours vous ne recevez pas un contre-ordre, vous partirez. . . ' ' j. :|ij

— Où irai -je?

— A New- York.

— Et là?

— Vous attendiez de mes nouvelles.

Adolphe Blancas s'inclina. /'\M

Le colonel reprit :

— Tenez, voici des lettres d'introduction. Vous m'avez bien compris?

— Parfaitement, colonel.

— Major, ajouta Martial Renaud, remettez cinquante mille francs comptant à M. Adolphe Blancas , et trois cent mille en traites sur New- York et Washington.

Le major obéit.

Pour l'étudiant comme pour le noble Ecossais qui Pavait précédé, comme : .'|

pour les autres Invisibles qui le suivirent, il y eut à recevoir de l'argent, des ; |

traites, et à signer le bordereau du major. J '■{

Nous glisserons désormais sur cette formalité, que chacun des missionnaires du chef suprême provisoire fut obligé de remplir.

Le jeune homme se relira après avoir recules dernières recommandations du colonel, qui continua de la sorte :

— Mon cher San -Lu car.

-— Parlez, colonel.

— Le paquebot part dans trois jours de Li ver pool pour la Havane.

— Eh bien ?

— Soyez dans trois jours abord du paquebot. Voici vos instructions renfermées dans ce pli. Rien ne vous retient à Paris?

— Rien.

— Partez cette nuit.

— Dans une heure, je serai en roule, répondit San-Lucar, serrant les instructions dans son portefeuille.

Le colonel lui lit remettre deux cent mille francs, traites et billets de banque.

Le comte de San-Lucar sortit à son tour.

.De Hiohan, appelé par le chef suprême, s'approcha de lui.

-— Vous ôLes remis de vos blessures, vicomte? demanda ce dernier.

— Complètement, colonel.

— Vous sentez-vous assez fort pour voyager?

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— A cheval, s'il le faut.

— Soyez demain à Rouen, où vous savez.

— 11 suffit.

— Surveillance active, prudence, et attendez.

— Bien.

Il reçut vingt mille francs en billets de banque et en oi\ Puis il sortit.

— Vous, monsieur Olivier, continua le colonel en s'adressant au neveu de la duchesse de "Vérone, vous savez ce dont nous sommes convenus avec M me la générale Dubreuil.

— Oui, mon colonel.

— Demain, elle se mettra en route pour l'Italie avec la personne que vous connaissez. Le major Karl Schinner lui portera, le matin même, l'argent nécessaire à son voyage.

— Et moi, colonel, qu'ai-je à faire?

— Vous, monsieur, aussitôt la duchesse partie avec sa protégée, vous vous rendrez ici, et vous vous tiendrez à ma disposition.

;f; ' — Est-ce tout?

yjv ■■;. — Préparez-vous pour un voyage de long cours.

— Je serai prêt.

— Bien. Adieu.

Le jeune homme prit congé et se retira.

Le docteur Martel, sur ces entrefaites, venait de s'approcher de Martial

• i Renaud :

' ; ; — Mon cher colonel, lui dit-il, avez-vous l'intention de me garder longtemps

encore?

— Peut-être, répondit Martial avec un sourire.

— C'est que vous savez, j'ai des malades.

— Oui... oui..., voilà précisément ce que je tenais à vous faire dire. | — Pourquoi?

iif . — Parce que ces paroles mêmes vous donneront l'explication du peu de

cas que j'ai l'air de faire de votre science et de votre personne.

— Ah ! si vous croyez que je m'occupe de ces vétilles-là, riposta le médecin, vous vous trompez bien., mon très cher.

— Non, je ne le crois pas... mais, vous le voyez, il me faut vous laisser ici.

— Huml c'est triste...

— Pour nous ?

— Non, pour moi... Enfin, allez toujours.

— Vous me remplacerez, en mon absence.

— Moi? mais..,, se récria le praticien effrayé de la responsabilité qui allait peser sur lui.

— Ne vous récusez pas. Vous connaissez tous nos affiliés?

— Ça, oui. Après.

— Le major vous aidera au besoin.

— Soyez tranquille, colonel, le besoin s'en présentera.

— Il vous tiendra au courant de toutes nos affaires, et il ne sera pas autorisé à prendre une décision sans tout d'abord avoir pris vos conseils.

— Bon!

— Acceptez- vous?

— Pardieu ! cher ami, ne vous suis-je pas dévoué corps et âme, à vous et à l'Association ?

— Merci, docteur, merci.

« Monsieur le docteur...

— Eh bien! interrompit-il, cette lettre est bien pour vous.

— Lisez, mon cher.

— Signé : Joseph Gahen...

— C'est mon domestique.

Martial Renaud continua sa lecture :

« Monsieur le docteur,

La meilleure manière de me remercier serait de ne pas prolonger votre -.-jte H

absence,

— J'espère que vos vœux seront remplis. Je compte sur un prompt succès.

— Et moi sur un prompt retour;.. Ah! sacredieu! voilà la première fois Ç| que je regrette les devoirs de ma profession.

— Qui vous retient au rivage, acheva le colonel gaiement

— Bonne chance, colquel. , ff

— A bientôt. f r Le docteur Martel allait se retirer. ■&■ La porte s'ouvrit.

Le vieux concierge entra.

— Que lettre.

— Pour qui?

— Pour le docteur Martel.

— Donne. *' Le docteur prit la lettre, l'ouvrit,. la parcourut et la passa toute grande

Martial Renaud, qui la lut à haute voix :

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« D'après vos ordres, à neuf heures précises, je suis entré dans la chambre du comte de Mauclerc.

<c Le comte n'était pas chez lui.

« D'autant plus étonné de cette disparition que le comte de Mauclerc peut \ !|

à peine se soutenir sans aide, j'ai appelé tous les autres domestiques de la maison.

« Nous nous sommes mis sur-le-champ à la recherche du blessé.

« Ces recherches n'ont produit aucun résultat.

« Plus de comte de Mauclerc dans l'établissement.

« Il a disparu sans qu'un seul d'entre nous ait pu comprendre comment on

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s'y est pris pour l'enlever, sans qu'il existe l'ombre d'une trace de cet enlèvement.

«. Yotre dévoué et respectueux serviteur,

« Joseph Cahen. »

— Eh bien I fit le docteur Martel avec stupeur.

— Eh bien t quoi? répondit le colonel souriant malgré lui de la physionomie déconfite du médecin;

■ — Yoilà qu'on m'enlève mes malades sans les faire passer par la porte cochère.

— Quoi d'étonnant à cela, mon cher? Souvenez-vous donc un peu! Ne l' avons-nous pas fait entrer dans la chambre n° 10 sans qu'il ait eu même besoin de monter l'escalier? Un mur mitoyen..., une porte dérobée..., un peu de bonne volonté.. ., et le tour n'est pas difficile à jouer. Ce que nous avons fait, d'autres l'ont fait à leur tour. Cette fois-ci, c'est le tour de M. Jules. 11 prend

p< : sa revanche. C'est justice.

;ÎHi;l — Ah! voilà comme vous prenez la chose, vous! En somme, à quoi vous

îpl|. arrêtez-vous?

■rfji — Pour le moment?

!§! -Oui'

|fe — A rien.

gj; v — Cela ne vous compromet guère, mon ami, fit le docteur, qui avait son

jlj;). franc-parler avec Martial Renaud, tout chef provisoire de l'Association qu'il fût.

— Rien, quant à présent, repartit celui-ci en lui rendant tranquillement sa lettre; laissons courir le comte de Mauclerc, nous le rattraperons à heure opportune.

ii^; — Ah! vous m'en promettrez tant...

— Rapportez-vous-en à moi pour cela, cher docteur. —-Je ne demande pas mieux.

— Consolez-vous de la fuite de votre sujet, et dormez sur vos deux oreilles,

— Soit.

Jj.^ — Je puis compter sur vous, si je m'absente?

— Oui.

— Merci.

if II n'y avait pas besoin de plus amples protestations entre ces deux il'-; hommes, qui se connaissaient depuis si longue date.

Le docteur Martel partit.

Quatre personnes restaient dans le salon de M. Lenoir :

-§ Le vicomte René de Luz,

']*■ Le baron d'Entragues,

$i Le major Karl Schinner,

;!:' Et le colonel Martial Renaud.

.] ~ Mon cher Karl, dit amicalement ce dernier au major, je n'ai plus besoin

de vous. Laissez-moi le reste de l'argent que vous aviez apporté, et demain matin, avant six heures, n'oubliez pas de me faire tenir ou de me remettre vous-même ce que j'ai demandé.

— Je n'oublierai rien.

— A propos, expédiez à Mortimer, Saturne et Peters-Patt, dont vous n'avez que faire ici et qui nous seront utiles là-bas.

— Ils partiront cette nuit.

— Voilà parler.

Karl Schinner parti, Martial Renaud s'approcha de René de Luz, qui, se ressentant encore de ses blessures, se tenait assis sur un canapé.

En voyant son chef venir à lui, il se leva vivement. Le colonel le pria de se remettre sur- le sofa, et il s'assit à son côté.

— Comte, j'ai à vous charger d'une mission délicate. Je suis certain que vous vous en tirerez mieux que tout autre, lui dit-il.

— Qu'est-ce? mon cher colonel.

— Vous connaissez les différents centres de réunion de nos affiliés du second degré?

— A Paris?

— Oui.

— Je les connais.

— Et à Rouen ?

— Aussi.

— A merveille. Il faut que dans quarante-huit heures au plus, vous m'ayez déniché quatre-vingts gaillards solides.

— Je les trouverai,

— Dévoués... corps pour corps à l'Association.

— C'est plus difficile.

— Braves jusqu'à la témérité.

— En les payant bien, ils seront aussi téméraires que courageux. . — Et aguerris à toute sorte de hasards.

— Ce sera plus, cher, voilà tout.

-- Vous savez que nous ne regardons pas à l'argent. Tirez à vue sur nous.

— Vous les aurez.

— Dès que vous les tiendrez, vous les expédierez à sir Mortimer.

— Par groupes de trois, quatre ou six, n'est-ce pas?

— Vous me comprenez à demi-mot, vicomte. J'étais sûr de vous. Surtout que ces hommes soient prudents, et discrets.

— Ils ne sauront rien, ni de la destination qui les attend, ni le nom du chef qui les commandera.

— Parfait'.

— Et à Rouen, qu'ai-je à faire?

— A Rouen?

.— Oui.

— Je réfléchis... vous n'irez pas à Rouen.

— Pourquoi non?

— Parce que, mon ami, vous êtes très faible... ; parce que c'est aujourd'hui votre première sortie, et qu'une imprudence ouvrirait vos blessures à peine cicatrisées.

— Oui-da!

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— Marlel ne me pardonnerait pas une rechute occasionnée par les ordres que je vous donnerais.

— Vous plaisantez !

— Non pas.

— Je vous jure que je suis complètement sur pied. Croyez- vous que je .consentirai à demeurer les bras croisés, dans une inaction honteuse, quand

les uns et les autres vous allez risquer votre vie pour le salut de notre chef, pour le triomphe, de notre cause?

— Je le crois, parce que je le veux.

— Mais... 1 U — Je le veux, répéta le colonel.

— Est-ce le chef qui parle ainsi? demanda le jeune homme, contenant avec peine les bouillonnements de sa colère généreuse.

— Non, René, c'est l'ami.

— Eh bien !... à l'ami je dirai... Vous ne me retirerez pas cette mission... î|||i — Parce que?

■il — Parce que vous me causeriez un véritable chagrin.

$j!:- — Et si c'était le chef suprême des Invisibles qui vous parlât?

— Je lui répondrais : C'est bien, maître, j'obéis... Mais sur mon honneur de gentilhomme, si vous me refusez le droit de vous accompagner, en

?jp- rentrant chez moi, je me fais sauter la cervelle.

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