V — OUI
I ;; ; — Où cela?
I '-. — = Partout ,
hl — En Amérique?
— En Amérique.
— En Californie ?
}!■ — Surtout en. Californie...". dit Edmée avec une énergie croissante.
fj — C'est de la folie, Edmée î
|| — Croyez-vous ?
}[ —Noël ne consentira jamais à vous prendre à son bord.
vt — S'il sait que je veux le suivre, Martial, mais il l'ignorera.
jj ' ,..-■"■?■ — Il ignorera quoi? demanda le colonel réellement stupéfait d'une si
i;l ." audacieuse et à la fois si naïve abnégation.
— Que je l'accompagne, répondit-elle froidement. v — Ma chère enfant, vous parlez sans réfléchir et oubliez qu'on ne trouve || pas tous les jours un navire se rendant dans ces rivages lointains, impossibles. t-]' — Vous croyez? j'en connais un cependant, moi, mon bon Martial» dit-elle ~î avec un fin sourire et en fixant sur lui son clair regard.
Le colonel détourna la tète.
— - Vous? murmura-t-il avec un visible embarras.
— Moi.
— Au Havre ?
1 — Sur la rade même.
— Et ce bâtiment dont vous me parlez part prochainement T T ; — Mon Dieu oui! dans quelques jours, à ce qu'il paraît.
; J — Ah 1 bien.
Martial avait compris.
Ce n'était pas sans peine, tant de prime abord le projet de la jeune fille paraissait fou et inexécutable.
Il lui dit avec douceur :
— Voyons, maintenant, causons sérieusement» voulez-vous?
— Mais tout ce que nous disons là est sérieux... vraiment 1
— Quels moyens emploierez-vous pour suivre ainsi Noël à son insu? . — Je chercherai.
— Là, s'écria Martial ironiquement.
— Je trouverai.
— C'est une question.
— Attendez 1 fit-elle avec vivacité.
1,'f ; i! Tfi
-V---ÎÏ."
— Tu es Urelon ? — EL Breton bretonnanl.
— Ouoi?
— Ce moyen?
— Eh bien? ff .. , Tp comote sur vous pour le trouver, mon cher Martial.
" Mi rieMments" s'écria le colonel Renaud en bondissant sur son siè 8 ; à cette b'sqne attaque. Sur moi, voyons, Edmée, vous voulez ptai-
santer sans doute?
LlV. 102. — 11. GIÎPI'ftOY, éditeur. - Rqiroduclion interclue.
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— Pas le moins du monde, mon ami; oui, je le répèle, je compte sur vous, parce que vous êtes bon...
-r- Dites bête, tout de suite !
— Parce que. continua- t-elle de sa voix la plus douce et la plus câline^ | ■ :. vous m'aimez comme une sœui% Martial, et enfin que vous aurez pitié de mon }■." j. . désespoir.
||; ? '" '' — Edméel
|v : ; — Martial! vous le savez, pour voler au secours de Noël, pour le sauver.
| II, j'ai abandonné tout! sans regret et sans hésitation.
fH: — Je le sais, pauvre enfant!
(j! ;; : . — A présent je ne puis plus retourner auprès de mes parents autrement*
a :■! .■=■• que ma main dans la main de Noël. .
à- 1 — Mais...
f "V; — Laissez-moi parler 5 Martial, reprit-elle avec une animation croissante;
f ; ' vous m'avez demandé d'être franche, je le serai; aussi bien, mieux vaut-il que
|j I... nous nous entendions une fois pour toutes et que tout malentendu cesse
jî'i définitivement entre nous; d'ailleurs., ma résolution est prise d'une façon
I ;;. irrévocable : j'aime Noël de toute mon âme. Je l'aime jusqu'à mourir avec
joie pour lui. Noël a un ennemi terrible, d'autant plus terrible que c'est une femme. Eli bien! je me suis dit ceci, moi, pauvre jeune iille ignorante du monde, mais devinant bien des choses par le cœur, je me suis dit : cette femme est le mauvais ange de Noël, moi ; je serai son bon ange.
— Adorable enfant! murmura doucement Martial Renaud.
— Martial^ j'ai été bercée tout enfant, au récit de nos poétiques légendes bretonnes... Eli bien !... je crois fermement à ces vieilles légendes vénérées: pour moi, elles existent, elles prennent un corps. Je veux donc, quoi qu'il arrive, demeurer constamment auprès de Noël., inconnue s'il- le faut, que m'importe cela? mais toujours à son côté, afin de le défendre au besoin contre . les perlidies de son mauvais ange.
— Et voilà pourquoi vous comptez sur -mois chère Edmée 1 \ 3|. — Oui, Martial, mon ami, mon frère, je ferai de vous mon complice.
— Mais...
— Votre concours m'est indispensable. Le navire que j'ai choisi,, vous l'avez deviné déjà., ce navire, c'est le vôtre.
— Hélas! je m'en doutais... s'écria Martial avec douleur.
— Il faut, mon ami. que vous me réserviez une place à bord.
— Que je...
%■■: — Je le veux.
■■]' —Non.
; — Je vous en prie.
\ Le colonel hocha tristement la tête d'un air découragé.
|, — Vous me proposez simplement de m'associer à une folie, Edmée> mur-
| mura-t-il avec tristesse. ■
| — Eolie, soit, puisque vous le prenez ainsi," mais folie généreuse au
I 1 . moins! vous en conviendrez, n'est-ce pas, mon bon Martial! s'écria-t-elle avec