‹ Les Iranions: Zoroastre (de 2500 à 800 av. J.-C.)Chapitre 4 sur 38 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les lances scythlquM et lei langues iraniennes. — Idiome braboiii et béloutche. — L'œuvre des TaCares. — L'inSuence aryenne dominante. — Le lend et ses dialectes. — L'ancien perse et l'ancien arménien. — La lingue bsctrienne ou bactro-persique. — Zend et (anscrit. — Recherche d'une langue mbre. — La langue aryenne ou indo-européenne. — La langue touranienne ou outalo-altaîque.

N Perse, comme en Asie centrale, U confusion des races se complique singulièrement de la confusion des langages. Il est aussi difficile de déterminer tes caractères de la langue que de la race scjrthe, touranienne ou turkomane. Les uns, comme le firent les Grecs, généralisant un simple qualificatif, dirent « scythiques » toutes les langues, tous les idiomes que les nomades parlaient; et ceux-là mêmes qui résolurent ainsi le problème, reconnurent que l'antiquité avait placé parmi les Scythes, i tort, plus d'une peuplade étrangère. Il y eut des Scythes qui parlaient un idiome purement aryen; d'autres qui

n* entendaient que la langue iranienne. Le mot Scythe n*est, en somme, qu'une expression géographique ; il ne répond à aucune idée précise de race, ni de langue.

Même confusion en Iran proprement dit. Les Kurdes ont une langue mélangée d'iranien, d'araméen et d'arabe. Tandis que l'élément iranien maintient sa prépondérance au nord, au sud on ne le retrouve qu'avec peine dans un petit nombre de locutions. En Iran oriental, par un phénomène semblable, l'idiome brahoui, que parlent les Béloutchis du nord-est, est tout-à-fait distinct du béloutche des méridionaux, lequel serait presque dravidien. Q.uant aux Touraniens, les linguistes les classent dans la branche tatare de la famille ouraloaltaïque, parallèlement aux branches samoyède, finnoise, mongole et tongouse; cette classification fait Touraniens, les Yakoutes, les Kirghiz, les Turkomans, les Uzbeks, les Nogaïs et les Osmanlis.

Le linguiste, ici, trompe l'historien. Lorsque les Tatares envahirent le Turkestan, les Aryens demeurés sur le territoire envahi, acceptant la conquête, adoptèrent la langue des vainqueurs; mais ce fut la race aryenne qui, dans la suite des temps, imposa son «type » aux Tatares. De telle sorte que là où les linguistes signalent des Mongols, les anthropologues ne trouvent que des Aryens. L'influence de la race blanche dominait l'influence de la race jaune ; les vainqueurs se décoloraient au contact des vaincus.

L'absence de nationalité qui caractérise les peuples de l'Asie occidentale laissait chacun libre d'adopter le lan-

gage et les mœurs qui lui convenaient. U ne serait pas invraisemblable qu'à une certaine époque chaque groupe, en ces pays , eût eu son langage spécial , comme son organisation particulière. Hérodote dit que lorsque les marchands grecs se rendaient en Boukharie pour y trafiquer, ils se faisaient suivre de septtruchemans. Strabon cite une ville du Caucase où « plus de soixante et dix dialectes s'entendaient ».

Tant de complications n'interdisent cependant pas aux linguistes l'essai d'une généralisation. De même que la confusion des races a pu se concilier avec la grande répartition des peuples de l'Asie centrale en deux groupes principaux, — Touraniens et Iraniens, — ainsi, parmi tant de langues et de dialectes parlés de rVaxartès au golfe Persique, de l'Indus aux monts Zagros, a-t-on pu trouver une langue qui caractérise plus spécialement l'Iran. Une race commune et primitive de l'Iran peut s'entendre des Bactriens, des Mèdes et des Perses « qui parlaient le zend et ses dialectes ». Le zend est la langue iranienne, ou éranienne, par excellence, comme le sanscrit est la langue caractéristique des Aiyas de rindoustan.

Bien que la classification des langues iraniennes soit encore un sujet d'études très délicat, il semble que l'on puisse comprendre sous cette désignation, le zend, l'ancien perse et l'antique arménien. Il est probable que le zend, l'ancien perse, et peut-être l'ancien arménien, furent des idiomes différents parlés à la même époque, assujettis à des développements particuliers.

La forme linguistique de Tancien perse est-elle anté-

rieure k celle du zend? Le zend, au contraire , se rattache-t-il à l'antique langage indo-européen ? Les affinités certaines de ces deux langages permettent-elles de les déduire d'une langue commune originale? TeUes sont les questions posées et non résolues.

L'étude de la langue zend a fait remarquer qu'elle était plus riche que l'ancien perse, que les accumulations de consonnes y étaient plus fréquentes, que les semivoyelles n'y existaient pas; en même temps, l'on constatait que le zend <c o&ait une parenté assez étroite avec le sanscrit védique ». L'on rapprocha l'ancien perse du sanscrit, pour les comparer, et la langue védique l'emporta comme richesse de vocalisation, choix de voyelles et de consonnes. Ces rapprochements ayant donné aux linguistes l'impression d'une certaine unité. Ton formula cette théorie, que le groupe des langues iraniennes, c'est-à-dire « cet ensemble d'idiomes qui étaient ou qui sont encore parlés entre le Caucase et le Pendjab », y compris le sanscrit védique, dérivaient d'un même langage primitif.

Ces langues sont mortes. Le sanscrit nous est donné par les Védas; le zend se retrouve dans les inscriptions cunéiformes persiques; l'ancien perse a disparu; de la langue dite bactrienne ou bactro-persique, il ne nous reste que les écrits de Zoroastre.

Le zend, — dont l'idiome bactrienest le meilleur type, — a deux dialectes connus : l'un ordinaire, l'autre dit « des gâthas », ou « montagnard ». Le pays où le bactrieii

S6 . HÏSTOIRB UNIVERSELLE

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