‹ Les Iranions: Zoroastre (de 2500 à 800 av. J.-C.)Chapitre 5 sur 38 · I I ■ I II ^1^ ■ I I I , , È · texte numérisé non relu

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fut parli se limite- au nord par la Sogdiaae, au nordouest par l'Hyrcanîe, au sud par TArachosie. L'igno-

. rance de la signification du mot zend permet d* adopter le qualificatif d» « bactrieti » pour désigner la langue <fe Zoroastre écrivant l'Avesta.

* La remarque première, d^où naquit l'idée de l'origine commune du zend iranien et du sanscrit védique» ce fut que le mot « arya », par lequel le peuple élu se désignait, était le même dans les deux langues. On doit cependant objecter qu'au point de vue historique, l'adoption du mot 2xyz ne devint définitive, chez les Perses, qu'au temps des SasSanides, « ces zélateurs fougueux de l'ancienne feligion nationale ».

Le zend et le sanscrit, rapprochés, ont de commun trois voyelles, un même mode de flexion, neuf consonnes explosibles, deux nasales, une vibrante, une sifflante-dentale, le v et Yy; trois genres, trois nombres, huit cas, un verbe de deux voix, six temps et trois modes. Ces points de ressemblance devinrent les élé-

. ments d'une « langue-mère » désirée. H y eut, ensuite, un autre travail consistant à prendre aux deux langues tous les mots de même nature, pour en faire comme le vocabulaire ingénieux de la langue primitive cherchée. Cette langue-mère, ainsi entrevue, devint la « langue indo-européenne », de laquelle on fit dériver l'aryen ou indou, l'iranien ou persique, le pélasgique ou hellénique, l'italique, le slave, le lottique, le germanique et le celtique. C'est en comparant, en analysant les mots communs à la plupart ou à l'ensemble des nations

. aryennes, que les philologues reconstituèrent la vie d'uxi

. peuple encore inconnu des historiens.

L'existence d'une « langue*mère » de laquelle venaient toutes ou presque toutes les langues actuellement parlées depuis le Gançe jusqu'à rextrèmité occidentale de l'Europe, et, comme conséquence, l'existence d'un peu^Ae originel — les Aryas, — par qui cette langue première avait été parlée, furent deux actes de foi. « Tout nous pone à croire, écrit Max Mûller, que cette langue a été autrefois Une langue vivante, parlée en Asie, par une petite tribu, et à l'origine par une petite famille vivant sous un seul toit, de même que la langue de Camôens, de Cervantes, de Voltaire et de Dante fut autrefois parlée par quelques paysans qui avaient bâti leurs cabanes sur les sept collines, près du Tibre » . Bopp eut le premier l'idée de démontrer l'identité qui existait souvent entre les mots des diverses langues indo-européennes. Schleicher et Chavée réalisèrent l'idée de Bopp. « Les langues indo-européennes, a écrit Chavée, ne sont pour le linguiste que des variétés d'une langue unique et primordiale, parlée jadis au centre de l'Asie ». Les précurseurs de Bopp furent Philippo Sassetti^ qui fit, au seizième siècle, du sanscrit comparé ; Paulinus le Moine, qui donna au dix-huitième siècle une grammaire sanscrite ; les William Jones, les Colebrooke, les Carey et les Wilkins, qui préparèrent et rendirent possible l'œuvre véritablement fondamentale de Bopp. M. Fick, lui, a donné un dictionnaire de la langue-mère indo-européenne. M. Michel Bréal, après avoir constaté loyalement que

la langue indo-européenne « ne nous a été conservée directement par aucun document » , qu'il n'y a aucune information directe à tirer des racines pour la question de l'origine du langage ; que « Terreur d'un tel procédé serait à peu près la même que si l'on voulait voir dans les anciennes monnaies grecques, d'un art déjà si avancé, d'un goût exquis, le premier moyen d'échange inventé par les hommes », conclut philosophiquement : « toutes les fois que l'homme, remontant un degré dans l'histoire de son passé, découvre une époque plus ancienne que ce qu'il avait connu jusque là, il est tenté de croire que cette fois il touche à ses origines ».

Les langues parlées au nord de l'Iran, les langues dites touraniennes, ont des points de relation avec le zend et le sanscrit, et par conséquent avec les langues indo-européennes; des noms de nombre, quelques prénoms, l'expression de certaines idées, comme la désignation de certains objets, établissent positivement ces relations. Il est évident qu'à l'origine, les populations irano-aryennes et iinno-tatares, ou touraniennes, vécurent au voisinage les unes des autres et qu'elles durent s'emprunter des vocables nombreux. La langue dite touranienne, ou ouralo-altaïque, a englobé scientifiquement les idiomes samoyède^ finnois, turc, mongol et tongouse. Cette unification, purement conventionnelle, n'a pas de caractère positif. Le qualificatif lui-même est mal choisi : Il répugne à la raison d'admettre que d'un patriarche nommé Tour serait issue cette race dont la

langue aurait été la source unique d'un groupe linguistique important; et la classification du groupe luimême n*a pas pu résister à la saine critiqie des libres savants.

Cinq idiomes, ou familles, divisent, au point de vue linguistique, le groupe tatare: le yakout, le kirghiz, l'ouïgour, le nogaïque et le turc. L'ouïgour se divise en ouïgour proprement dit, très littéraire, en djagataïque et en turkoman. L'ouïgour est maintenant parlé au nord de la Perse. Cette classification raisonnée, sérieuse, exclut l'idée d'une communauté d'origine entre les langues ouralo-altaïques et les langues indo-européennes. Il restait à savoir lequel des idiomes indo-européens se rapprochait le plus de la langue-mère; à se demander si l'un de ces idiomes ne serait pas la languemère elle-même. On voulut enfin déterminer le point géographique, où les « premiers Aryas », parlant la u première langue », avaient vécu.

Pictet, sans hésitation, plaçait la patrie de la langue commune indo-européenne sur le vaste plateau de riran, dans « cet immense quadrilatère qui s'étend de rindus au Tigre et à l'Euphrate, de l'Oxus et de ITTaxartès au golfe Persique». Cette aire fut ramenée, peu à peu, à de plus raisonnables proportions. La linguistique formula scientifiquement cette opinion, « que ceux des idiomes qui, dans leur ensemble, se rapprochent de la façon la plus fidèle du type indo-européen commun, sont ceux également qui se sont le moins éloignés des régions où ce type commun était parlé ». Les deux langues qui

6o HISTOIRE UNIVERSELLE

pouvaient le mieux concourir étaient donc le sanscrit et le bactrien, à défaut du vieux perse. En conséquence, il fut admis que la langue indo-européenne-mère avait été asiatique; ensuite, qu'elle avait été parlée en Bactriane, ou à l'est de la Bactriane. On la chercha, cette langue, en Afghanistan; mais à mesure que les documents se classaient, l'idée première perdait de sa valeur; si bien, qu'un jour vint où les Afghans furent accusés de ne posséder que des racines aryennes d'emprunt et de n'avoir, au fond, qu'un langage sémitique.

Pour ceux qui croient à l'existence d'une langue-mère indo-européenne, d'un peuple originel ayant parlé ce langage primitif, mais que la genèse biblique embarrasse, la Bactriane est le point de départ choisi. Là se serait concentrée, « tout entière », la race japhétique ou indoeuropéenne, vers l'an 3000 avant Jésus; et la Bactriane devrait être considérée comme « la plus ancienne demeure historique » de la race à laquelle le monde européen appartiendrait. Cette hypothèse en vaut une autre. Mais ce n'est qu'une hypothèse.

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