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Selon Bull et Hansen, elles évoluent de deux ma--
nières, sur le mode aigu ou sur le mode chronique.
Dans la forme aiguë, on constate des douleurs ciliaires, une photophobie marquée, du larmoiemeni, une baisse notable de l’acuité visuelle. Tous ces phénomènes s’accompagnent d'injection périkératique, de troubles de l'humeur aqueuse. L’examen ophtalmoscopique au miroir plan montre dans le corps vitré une grande quantité de cellules qui tourbillonnent à l’occasion def mouvements du globe. Des exsudats se forment dans la chambre antérieure et dans la chambre postérieure ; quand leur abondance est marquée, on convient d'appeler ces iritis des iritis plastiques. Qu'ils soient légers ou opaques, ces exsudaits arrivent très fréquemment à bloquer la pupille, On a noté, comme dans l'iritis syphilitique, la présence de descemétite (Bègue et Crebbin). Ce fait est d’ailleurs sujet à controverses. Wood soutient par exemple que la descemétite ne se voit jamais dans la lèpre et que sa constatation dans une 1ritis doit faire rejeter le diagnostic d’iritis lépreuse. La descemétite serait l'apanage exclusif des iritis communes ou à germes banaux.
L’iris est terne, décoloré, en myosis. Du point de vue symptômatique, la forme séreuse chronique ne se distingue de la forme précédente que par le moindre éclat de ses signes fonctionnels. « L’iritis chronique se présente sans Symptômes violents. Il n’est pas rare de trouver des exsudations autour des bords des pupilles et des adhérences à la capsule cristallinienne chez des malades qui ne se sont
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pas plaints de douleurs ou de modification de la vue » (Bull et Hansen).
Le pronostic général des iritis séreuses (aiguës ou chroniques) est fonction essentiellement de la fréquence et de la répétition des périodes d'activité du processus inflammatoire.
Forme atrophique. — Morax (Annales d’oculistique, 1924), a décrit une modalité anatomoclinique remarquable par l’importance des lésions d’atrophie irienne et de la dépigmentation.
Cette forme fut observée 10 ans après le début d’une lèpre traitée par des produits chaulmoogriques. Le malade fit cependant des poussées d’irits. On nota lors de son examen oculaire, outre des pupilles irrégulières déformées par des synéchies, une large bande atrophique, blanche au voisinage de l’orifice pupillaire et encerclant celui-ci dans toute l’étendue de sa moitié inférieure.
Les iritis proliférantes.
L'existence de cette variété d’iritis n’est pas admise par tous les auteurs. Ceux qui n’acceptent pas sa réalité sont à vrai dire peu nombreux : Lie, Breda, Tiscomia.
D’autres avec Calderaro soutiennent qu’elle est rare (on rencontrerait seulement des nodules une fois sur cent); mais ils reconnaissent leur droit de cité aux iritis proliférantes.
La plupart des observateurs d’ailleurs, font une place dans leurs descriptions aux iritis nodulaires (Yudkin, Gabriélidès, Wood, Stitt, Fava, de Vincen-
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tiis.). Leur fréquence même paraît très grande d’après les relations de certains auteurs. Les lésions nodulaires constituent la majeure partie des cas cliniques rapportés par Santonastaso dans ses «Alterazioni oculari nella lebbra ».
Forme à nodule solitaire. — Il s’agit d’iritis accompagnées d’un léprome unique et de gros volume. Les cas de cette sorte ne sont pas fréquemment signalés dans la littérature.
Nous ne reviendrons pas sur la description du léprome proprement dit. De coloration généralement rosé et se détachant nettement sur le fond irien, il peut cependant échapper à un examen superficiel quand sa couleur ne se différencie pas sensiblement de celle du parenchyme irien. Dans ce cas on note « vers la moitié externe de l'iris un soulèvement de couleur plus claire offrant l’aspect dun bourrelet plutôt sinueux qui commence au voisinage du limbe vers 5 heures et se dirige obliquement en haut à la partie centrale du diaphragme irien » (Santonastaso, observation 12).
Cette forme d’iritis à gros nodule possède une individualité clinique bien soulignée par les auteurs classiques. Ses tumeurs s’accompagnent de réactions très vives du côté du globe. Une injection périkératique accusée forme un cercle violacé autour de la cornée. Les douleurs périorbitaires et oculaires affectent une acuité marquée, elles s’accompagnent de photophobie et de larmoiement. L’iris est atrophique, la pupille contractée en myosis. La présence d’exsudats est constante. L’hypopion s’y retrouve avec une assez grande fréquence. Pour