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en quoi se résume la culture en pleine terre des Iris à rhizomes. Il est, on peut le dire, à la portée de tout le monde, même des moins érudits en matière d’horticulture.
Il ne reste plus maintenant à l’amateur qu'à faire le choix des espèces et des variétés à planter. Ce choix dépend des goûts de chacun et du but qu'on se propose d'atteindre. Nous n'avons aucun conseil à donner là dessus.
Qu'il nous suffise de dire qu’on doit toujours s’arranger de manière à ce que chaque plante soit dans un ordre aussi parfait que possible. L’homme.de goût tient toujours compte dans ses plantations et dans l’arrangement de ses corbeilles de la hauteur des plantes, de l’époque de leur floraison, de la couleur des fleurs, etc., etc. Là dessus encore, à chacun d’être juge.
Culture sous verre. — En réalité il s’agit plutôt d’un simple hivernage sous verre.
L'hivernage des Iris à rhizomes sous châssis se pratique pour les plantes non rustiques. On le pratique aussi pour les plantes à floraison précoce dont on veut avancer la floraison de quelques semaines afin d’avoir la joie de contempler des fleurs à une époque où cellesci sont encore rares dans les jardins.
Ce n’est pas toujours le froid de l’hiver qui occasionne la perte de certaines espèces. L’humidité leur est aussi funeste que le froid. Les châssis sont donc ce qu'il y a de plus convenable et de plus pratique pour préser-
ver ces plantes des atteintes funestes de l'humidité aussi bien que du froid.
Le procédé qui nous paraît le plus avantageux consiste à cultiver les plantes en plein sol et en plein air pendant toute la belle saison. A l'approche du mauvais temps, on pose les coffres en bois munis de leurs panneaux. L'opération est facile : on connaît d'avance la dimension des châssis, proportionnellement à cette dimension, on dispose les plantes de sorte que une fois les châssis placés, il y ait entre le bois et les plantes un intervalle de 20 centimètres environ.
Ces coffres à châssis n’ont pas besoin d’être très élevés, car sauf quelques exceptions les Iris en cette saison sont dans leur état de repos. Le feuillage fané et étendu sur le sol ne gêne en rien, et ne peut atteindre les panneaux: cela donnera une grande facilité pour abriter les châssis pendant l'hiver.
Lorsque le froid sévit rigoureusement on monte des réchauds de feuilles sèches ou de fumier païlleux autour des coffres et on couvre les châssis avec des païllassons ou autres abris. On aérera toutes les fois que le temps le permettra et lorsque le mauvais temps ne sera plus à craindre on enlèvera les panneaux et les coffres. On donnera ensuite un binage au sol afin de l’entretenir dans un parfait état de propreté. La plantation sera ensuite traitée comme une simple plantation de pleine terre.
Traités de la sorte les Iris à rhizomes se conservent très bien. et les espèces à floraison hâtive telles que les
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Iris stylosa et pumila, fleurissent abondamment et avec une notable avance sur l’époque habituelle.
Le procédé que nous venons de décrire n’exclut pas l’utilisation des coffres en pierres, en briques, ou en ciment. Dans ce cas les Iris seront plantés à demeure dans les coffres. et les soins à donner restent les mêmes.
Culture en pot. — Tous les Iris à rhizomes peuvent se cultiver en pot, en terrine ou en bac. Ce mode de culture est surtout employé pour la multiplication et l'élevage des jeunes plantes. Il est utile aussi pour avoir
des fleurs faciles à manier. Dans ce dernier cas on
choisira de préférence les plus décoratives par le feuillage ou la floraison.
On peut utiliser pour cette culture des plantes qui ont été au préalable cultivées en pleine terre. Relevées en temps opportun et mises en vases proportionnés à la grosseur des touffes, ces plantes se comportent bien et fleurissent à merveille. |
Les plantes habituellement cultivées en pots peuvent se rempoter en toute saison; il n’en est pas ainsi de toutes celles qu'on relève de pleine terre. L’empotage
doit alors se faire en été après la floraison. Certaines
espèces pourtant (les Z. Xæmpferi et siberica, pour ne citer que ceux-là), supportent cette opération sans trop souffrir lorsqu'ils sont en pleine floraison à lacondition expresse de ne pas négliger les arrosages. Par ce fait,
ils peuvent être avantageusement employés pour une -
décoration imprévue, là où les fleurs coupées ne sauraient suffire.
La terre destinée à cette culture sera la même que celle utilisée pour la culture en pleine terre, on y ajoutera toutefois un léger surplus d’amendements; elle sera donc compacte pour quelques espèces, légère et calcaire pour d’autres. Il est important de bien drainer les pots avec des tessons, du sable ou autres matières perméables car l'humidité stagnante est nuisible, même pour les espèces qui réclament de l'humidité.
Les petits pots et les terrines peu profondes seront utilisés pour les espèces à modeste développement et les pots de grand calibre et les bacs pour les espèces plus vigoureuses.
Le rempotage s'opère lorsque le besoin s’en fait sentir, on le reconnaît au volume exagéré des rhizomes et des racines. Inutile d’ailleurs d'employer des vases de taille exagérée car il est prouvé par la pratique que les Iris à rhizomes s’accommodent plutôt des vases petits que trop grands.
Qu'ils soient rustiques ou non les Iris cultivés en vases doivent toujours être préservés de la gelée. Si, en effet, les plantes n’en souffrent pas toujours, les pots n'en sortent presque jamais indemnes. Le peu d’eau qu'ils contiennent, dilatée sous l’action du froid, les fait infailliblement éclater.
Pendant le cours de leur végétation les Iris ne réclament que des arrosages et des soins de propreté qui sont à la portée de chacun.
Il serait particulièrement désirable et intéressant de voir donner à cette culture plus d'extension. Les Iris cultivés en vases sont d’une valeur ormentale au-des-
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sus de tout éloge. Ils peuvent, par leur joli feuillage et leurs fleurs aux coloris si variés, contribuer pendant de longs mois de l’année à l’ornementation des serres, des appartements, des jardins d'hiver, des perrons, des vérandahs, etc. Les espèces hâtives, telles que les Z. stylosa et pumila fleurissent de très bonne heure — janvier à mars — même lorsqu'ils sontsimplement placés sous châssis ou en serre tempérée'. Ils sont immédiatement remplacés par les Z. olbiensis, biflora, bosniaca, les variétés du germanica, VI. florentina. Puis viennent plus tard l’Z. Kæmpferi et ses nombreuses variétés horticoles aux fleurs multicolores, capables de rivaliser avec les plus brillantes orchidées exotiques.
On sera amplement récompensé de son travail et on oubliera la peine qu'on aura pris lorsqu'on verra ces gracieuses fleurs étaler aux yeux éblouis leur superbe corolle. Leur présence fera le charme et la beauté des habitations. Le délicieux parfum qu’elles répandent autour d'elles remplira l’âme de poésie et réveillera dans les cœurs le sentiment du divin.
1 A Genève l’Iris stylosa fleurit en plein air de janvier en mai sans interruption. (H. C.)
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