‹ Les iris dans les jardinsChapitre 102 sur 111 · MULTIPLICATION · texte numérisé non relu

MULTIPLICATION

Les Iris se multiplient par le semis, par la division de leurs bulbes ou caïeux et par leurs rhizomes.

Semis. — Le semis donne en général des plantes saines et vigoureuses mais dont le caractère n’est pas toujours absolument conforme à celui de la plante mère: cependant les plantes élevées au rang d'espèce se reproduisent assez fidèlement par le semis. Il en est tout autrement des variétés et des « métis ! ». Ils sont rebelles à la reproduction de la forme par le semis. Souvent, ce n’est qu'après de longues années, à la suite d'une succession de semis et d'un minutieux sélectionnement qu'on parvient à réaliser la fixation et la franche reproduction des variétés et des métis.

Par contre, le semis est le seul moyen d'obtenir des variétés nouvelles et des métis. On y réussira d'autant mieux qu'on aura au préalable pratiqué la fécondation artificielle directe ou indirecte des ovules destinées à fournir la semence.

L'espace de temps compris entre l’époque du semis — ou plutôt de la germination des graines — et celle de la première floraison varie suivant les espèces et les soins qu'on donne aux plantes. Les espèces bulbeuses

1 Le métis est le produit résultant d’un croisement effectué entre deux espèces d’un même genre, tandis que l’hybride, dans le sens propre du mot, est le produit de deux espèces de genres différents. Mais souvent ce qu’on désigne en horticulture sous le nom d’hybride n’est qu’un simple métissage. (H. M.)

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en général et les Oncocyclus et les Regelia demandent trois ou quatre années de végétation avant de fleurir; les Iris des jardins dit Z. germanica et les espèces qui s'y rattachent deux ou trois ans. Les Z. Kæmpferi, sibirica et quelques autres espèces fleurissent souvent

la deuxième année.

Il est acquis par l'expérience que les graines d'Iris perdent promptement leur fécondité en vieillissant. Elles demandent donc à être semées aussitôt leur maturité lorsqu'elles sont bien sèches, c’est-à-dire à l’automne. La stratification lente qui s'effectue pendant le cours de l'hiver paraît leur être favorable. Cépendant il peut arriver pour des causes diverses qu’on se trouve dans l'impossibilité d'effectuer ces semis à l’automne. On aura alors recours faute de mieux au semis du printemps. La germination se produira également; mais plus lentement et avec plus d'irrégularité.

Le temps que mettent les graines d’Iris pour aecomplir toutes les phases de leur germination est déterminé d’après les espèces, la qualité des graines et les soins qu’on donne aux semis.

Il est des espèces dont la germination se produit dans un espace de temps relativement court comparativement à d’autres espèces qui exigent le double et. même le triple de temps pour germer. Pour ne citer que quelques exempies pris au hasard et que nous avons maintes fois constatés, qu’il nous suffise de dire que les Z. sibirica, alata et Xiphioides, semés en août-septembre, germent en octobre et novembre de la même année; les Z. germanica, Kæmpferi et pumila semés

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en automne germent au printemps suivant; s'ils sont semés au printemps une partie des grains germera dans le courant de l’année et au printemps suivant. Les I. Oncocyclus semés en septembre germent quelquefois à l'automne de l’année qui suit, au printemps ou à l'autre automne, c'est-à-dire un an, dix-huit mois, ou deux ans après le semis. Nous entendons ici les semis effectués avec des graines nouvelles et de première qualité; si on opère avec des graines vieilles? ou de qualité inférieure, la germination se fait attendre beau-

! A l’appui de cette opinion je citerai le fait suivant : En mai dernier, Sir M. Foster m’a fait constater dans ses couches de semis, que certaines graines d’Iris ont germé ce printemps après 12 et même l’une d’elle après 13 années de semis. J’ai moi-même fait cette observation sur des semis anciennement faits et qui n’ont germé qu’au bout de plusieurs années. (H. C.)

? Certaines substances chimiques exercent une action accélératrice sur la levée des vieilles graines, teiles que le chlore, le camphre, l’iode, le bromure (etc.).

D’après Humboldt le chlore s’emploie à raison de 3 grammes par litre d’eau. On fait tremper les graines dans de l’eau ordipaire pendant dix heures environ, puis on les met au soleil, dans de l’eau additionnée d’une solution aqueuse de chlore. On les laisse tremper pendant six heures dans la solution, et on les égoute sur un linge. Les graines sont ensuite mélangées avec un peu de sable ou de terre fine, après quoi on les sème comme il convient.

Le camphre s'emploie à raison de 1 gramme préalablement dissout dans quelques grammes d’alcool, par deux litres d’eau ; faire tremper les graines pendant huit heures, et semer immédiatement.

De temps à autre on arrose les semis avec de l’eau qui a servi à tremper les graines. (Revue Hort., 1903, page 269.)

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