‹ Les iris dans les jardinsChapitre 6 sur 111 · DEMOUSTIER · texte numérisé non relu

DEMOUSTIER

On comprend que les Grecs et les Romains, nourris des riantes pensées que leur suggérait l’arc-en-ciel,. aient immédiatement rattaché à la divinité cette belle plante dont les fleurs rappelaient par l'éclat de leur coloris la robe diaphane d'Iris.

Outre les prétendues vertus surnaturelles déjà mentionnées, les [ris jouissaient de plusieurs autres propriétés. Ils entraient dans les compositions thérapeutiques du temps et on les administrait tant intérieurement qu'extérieurement. Moins usités qu'autrefois on. les utilise encore pour divers remèdes. ne

Par la macération des .rhizomes nos aïeux prépa-

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raient une huile très estimée dans les exercices gymnastiques. L’Z. fœtidissima L. était vanté contre l'hystérie et comme fpurgatif, l'Iris jaune des marais, Z. pseudoacorus L. était également un émeto-cathartique violent et dangereux. Les graines de cette espèce ont été à l'époque du blocus continental, substituées au café dans beaucoup d’endroits.

L’Z. florentina est celui dont on fait le plus d'usage aujourd'hui à cause de son rhizome odorant. Il est uti- Jisé dans la parfumerie et la médecine. A l'état frais il offre une odeur désagréable, mais en séchant il acquiert Éodeur de la violette. Les rhizomes, coupés en petits morceaux et séchés à l'ombre, sont employés dans les lessives pour parfumer le linge, de même que les fumeurs en mâchent des petits copeaux pour enlever à . l'haleine l'odeur du tabac ; sous forme de teinture, les vermouthiers l'emploient dans la préparation de cette liqueur. Réduit en poudre, la parfumerie l'utilise sous plusieurs formes et il entre dans la composition des sachets odoriférants, des poudres dentifrices (etc.).

La thérapeutique nous le donne comme un vomitif Silest pris à l’état frais et à haute dose. Si, au contraire, il est pris à la dose de quelques centigrammes, il agit comme un léger stimulant des bronches et facilite l'expectoration à la fin des catarrhes. On en fait aussi de petites boules (pois d'Iris) à l'aide desquelles on entretient la suppuration des cautères.

. L'Z. florentina était autrefois cultivé en grand pour ses rhizomes ; cette culture a décliné par suite de Ja concurrence d'autres produits odoriférants. On le cul-

tive encore dans certaines parties de l'Asie, et les orientaux sont devenus maîtres dans l’art d’en préparer les produits. Appollonius, dans un ouvrage spécial sur les parfums, dit que la meilleure poudre d'fris vient d'Elis et de Cyzique; c'est aussi de ces contrées asiatiques que nous recevons la fameuse poudre dentifrice connue sous le nom d’'Odento et qui n’estautre que le produit de l’Z. florentina.

On a essayé dans la parfumerie de substituer les Z. germanica L., et pallida Lam., à l’Z. florentina mais cet essai n'a donné que de faibles résultats, ces espèces ne possédant qu'une petite quantité du parfum si estimé de l’Z. florentina. |

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