‹ Les iris dans les jardinsChapitre 7 sur 111 · DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES IRIS ; CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES IRIS ; CLASSIFICATION

Le botaniste anglais Baker est l’auteur d’une Monographie qui a paru dans le Gardeners Chronicle en 1876 et qu'il a publié en volume plus tard‘; nous la 8 comme guide dans notre énumération. Au point de vue horticole c’est le professeur Sir Michael Foster, de Cambridge, qui nous a donné la meilleure description de ce genre dans le Journal de la Société Royale d'horticulture de Londres *. C'est de ces deux auteurs que s’est inspiré M. Nicholson pour son dictionnaire d'horticulture si bien traduit et présenté au public français par M. Mottet, lequel a donné, d'autre part, dans les « Fleurs de pleine terre de la maison Vilmorin », un travail spécial sur ce sujet. Pour la nomenclature, nous avons suivi l'Zndex Kewensis, qui fait autorité sur la matière, mais nous nous en sommes écartés en un ou deux points afin de rester fidèles à l'esprit horticole.

Le genre Iris est répandu sur tout l'hémisphère bo- % et plus spécialement dans le Vieux Monde. Les

1 ? Handbook or the Irideæ, Londres, 1592.

- * Journal ofthe R. H.S$., vol. XI, p. 131.

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espèces américaines se rapprochent de celles de la Sibérie et ont moins de valeur décorative que les belles Japonaises ou que les enfants de l'Orient. Sur 150 espèces bien caractérisées qu'on en connaît, il en est 20 à 22 qui appartiennent à l'Amérique du Nord. C’est l'Europe méridionale et orientale, l'Asie Mineure, la Palestine, le Turkestan, l'Himalaya, la Chine, la Si-. bérie et le Japon qui sont leur pays de prédilection.

L'ancien Iris des jardins est le germanica, originaire de l’Europe moyenne et méridionale et dont on possède de nombreuses formes naturelles et variétés horticoles. C’est dans le siècle qui vient de s’écouler que la plupart des espèces actuellement cultivées ont été introduites. Les Z. Xiphium, Xiphioides, tuberosa, variegata, Sibirica, pumila, palhida, florentina, biflora, même le Suziana étaient cependant déjà, au dire de Paxton cultivés dans le XVI: siècle. Ils n'étaient pas les seuls, cela va sans dire, mais les plus importants.

Le botaniste genevois Boissier a trouvé un grand nombre d'espèces nouvelles dans ses voyages en Orient et les voyageurs russes en ont découvert de superbes dans les steppes de l’Asie occidentale et centrale qui. ont été introduites par Regel, Leichtlin ou Van Tubergen. Mais c'est surtout à Sir Michael Foster, dont le. jardin d'expérience est situé sur la haute colline de Shelford sur Cambridge, qu'on doit la connaissance. des belles orientales et leur introduction dans les jar-

1 Paxton’'s Botanical Dictionary.

dins. Pour la section si belle et si difiicile à cultiver des Oncocyelus, espèces palestiniennes et syriennes, pour la plupart, c'est surtout au pasteur anglais Ew-

bank que l'horticulture est redevable des quelques succès qu'elle a pu enregistrer. Ces riches orientales

. sont aussi rebelles qu'elles sont belles et il est peu

d'amateurs qui les aient réellement acclimatées. Le botaniste Marc Micheli, que nous avons eu le regret de perdre il y a quatre ans, en avait réuni une belle col-

. Jection dans les terrasses de l'antique jardin qui en-

toure le château de Jussy près Genève, et M. le pas-

teur Ch. Martin a essayé, avec quelque succès, de cette

acclimatation dans son beau jardin de Malagnou à Genève. Mais, sur le Continent tout au moins, cette cul-

ture est difficile et 1l faut savoir gré à Messieurs Van

Tubergen de Haarlem, de nous avoir dotés d’une race nouvelle, issue d'hybridation entre les Oncocyclus et les Regelia, dont la rusticité est éprouvée et qui offrent ies beaux et riches coloris des Oncocyelus sans avoir les inconvénients de leur délicatesse sous le rapport de la culture. La maison Van Tubergen à d’ailleurs la spécialité de ces espèces-là et son catalogue contient la collection complète de tout ce qui peut se cultiver dans cette section. J'ai constaté de visu que cette liste est non seulement sur le catalogue, mais aussi sur le terrain, et ai vu là des pieds en fleurs ou en boutons ou déjà même passés de la presque totalité des Oncocyclus.

Les [ris appartenant aux régions tempérées sont pour la plupart rustiques sous le climat de Paris-Ge-

RADAR

nève; il en est quelques espèces seulement qu'il faut couvrir ou rentrer l'hiver.

Ainsi que je l'ai dit c’est la classification de Baker que nous adoptons comme étant la plus claire et la plus commode. C’est d’ailleurs la plus moderne.

L'enveloppe florale de l'Iris se nomme un périanthe parce que ses divisions ne correspondent pas exactement à celles des dicotylédonées qui ont calice et corolle distincts. Ce périanthe est porté par un tube qui

est plus ou moins long selon les espèces. Les divisions

du périanthe se nomment segments et sont plus ou

moins dissemblables. Les trois externes, que nous nom-

merons labelles, sont généralement les plus apparents; ils sont portés sur un owglet, sont plus ou moins réflé-

chis ou étalés et souvent barbus à la base‘. Les inter-

nes sont ordinairement dressés, portés sur un onglet

généralement plus long et sont le plus souvent moins | grands que les labelles ; nous les nommerons étendards.

Les étamines sont au nombre de trois par fleur et insérées à la base des labelles, protégées et recouvertes par le style pétaloïde, coloré et plus ou moins ailé, qui se termine par un stigmate portant au sommet deux crétes pétaloïdes.

A la base du tube se trouve l'ovaire, à trois cellules et multiovulaire qui forme une capsule oblongue, trigone ou hexagonale ; graines globuleuses.

Les fleurs sont solitaires ou fasciculées (en bouquets)

1 Cette barbe jaune est parfois, à tort, prise pour les éta-

mines de la fleur.

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