AIDE
de vigueur les plantes risquent fort dans cet état de développement d’être détruites par les gelées.
Ce procédé est adopté par les Hollandais et les Anglais. C’est ce qui leur permet de cultiver ces charmantes plantes avec un tel succès dans leur sol sableux et humide et en même temps froid.
Généralement, sauf quelques exceptions, le sol de la France est sec et dur en été. Il n’y a donc aucun inconvénient, croyons-nous, à laisser les bulbes en terre après leur maturité. C’est du reste ce que nous avons expérimenté en Vendée où nous pratiquons annuellement ce mode de culture pour un certain nombre de plantes. Il nous a toujours réussi.
Culture sous verre. — Si la situation climatérique s'oppose à la culture des Iris bulbeux en pleine terre, on peut avoir recours à la culture sous verre, soit en plein sol sous châssis froid, ou en pots sous châssis ou en bache: tous les Iris bulbeux se prêtent admirablement à ces cultures, ce qui en rend l’exécution simple et très pratique.
Quoique le climat soit favorable pour la culture en plein air de certaines espèces et même de la totalité des Iris bulbeux, cela n'exclut pas la culture sous verre. Celle-ci peut donner d'excellents résultats, notamment avec les espèces à floraison hâtive qui, sous châssis froid arrivent à fleurir trois semaines à un mois plus tôt qu’en la pleine terre. Un léger forçage donnerait même une plus grande précocité.
Cette floraison constitue donc un heureux complé-
ment des floraisons hivernales et elle est d'autant plus appréciée qu'elle arrive à une époque de l’année où les fleurs sont très rares dans les jardins, même en serre. On comprendra donc aisément le parti avantageux qu'on peut tirer des Iris bulbeux cultivés sous châssis, non seulement au simple point de vue de la décoration des jardins, mais aussi pour l'ornementation des appartements, soit en potées fleuries ou en fleurs coupées. On trouvera aussi dans les potées d'Iris un matériel très décoratif pour les serres, vérandahs et jardins d'hiver.
Il serait donc à désirer de voir cette culture se développer dans tous les jardins bien tenus. Elle pourrait être poussée en grand — ce qui se fait déjà par quelques spécialistes — en vue de l’approvisionnement des marchés. L'hiver, l'écoulement des produits serait facile et rémunérateur.
Examinons les divers procédés à employer et la manière d'exécuter les travaux particuliers à ces cultur'es.
Culture en plein sol sous châssis froid. — Le matériel à employer est le même que celui utilisé pour la culture des autres plantes sous châssis froid, c'est-àdire des casiers ou coffres de châssis, en bois, en briques, en ciment, en pierre, en ardoise (ete.) et des châssis volants à cadre en fer ou en bois.
Les coffres étant placés à bonne exposition, on y dépose la terre de la nature de celle employée pour la culture en plein air ; toutefois il serait bon, avant de
l'y déposer, surtout si le sous-sol l'exige, de drainer le fond des coffres avec des matières perméables, de manière à donner libre circulation à l’eau des arrosages et à éviter toute surabondance d'humidité, dont l’action prolongée deviendrait pernicieuse aux plantes.
Il est aussi à observer qu’on ne doit jamais confectionner de couches chaudes pour ce genre de culture.
La chaleur de fond leur est contraire et fait périr les
racines ; mais les vieilles couches qui ont servi à d’autres cultures et par conséquent ont jeté leur feu, peuvent servir sans aucun inconvénient. Il suffira pour cela de changer la terre des coffres.
On laissera entre la surface de la terre et la partie supérieure du coffre un intervalle suffisant et proportionné au développement des espèces qu'on veut cultiver. On tiendra également bien compte de l’époque de la floraison. Pour cette dernière raison, les espèces à grand développement, mais qui fleurissent seulement dans le courant du printemps, peuvent être plantées aussi rapprochées du verre que les espèces naïnes, car à l’époque où elles acquièrent leur complet développement, la température extérieure permet de relever les châssis sur des pots à fleurs renversés ou sur des crémaillères, ce qui donne aux plantes tout l’espace nécessaire à leur entier développement.
La plantation se fait à la même époque qu’en pleine terre et dans les mêmes conditions. I} n’y à donc qu’à suivre les indications données à ce sujet. Cependant, au lieu de planter en creusant des trous à la main, ou avec une houlette, il serait parfois plus avantageux
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d'user du procédé généralement employé pour les oignons à fleurs tels que les Jacinthes, les Tulipes, les Crocus (etc.). Voici comment on opère: Si la terre se trouve déjà dans les coffres, on en retire la quantité suffisante pour atteindre la profondeur où les bulbes doivent être déposés, soit 8 à 10 centimètres. On applanit alors la surface du sol, on trace des lignes de distance en distance et on y place les bulbes en les pressant légèrement sur le sol. Après quoi on les recouvre prudemment de la terre enlevée; de cette manière les bulbes se trouvent à profondeur uniforme et à égale distance.
La plantation terminée on n’aura guère à s’en occuper jusqu'au mauvais temps; il n'y aura qu'à arroser si la sécheresse se manifeste; mais on le fera avec prudence surtout les premières semaines, car les bulbes n'étant pas encore enracinés, une trop forte humidité leur serait préjudiciable et les ferait quelquefois « fondre ».
A l’approche des gelées ou même des grandes pluies d'automne on mettra les châssis sur les coffres. Le cultivateur, pendant cette période froide et nébuleuse, visitera assidûment ses plantations en y apportant tous les soins qu'elles nécessitent. Inutile de dire qu'on devra préserver les plantes de l'atteinte des gelées par des couvertures suffisantes, sans chercher toutefois à leur conserver trop de chaleur. On donnera de l'air toutes les fois que le temps le permettra en relevant les châssis par devant ou par derrière, mais toujours du côté opposé au vent; on arrosera le matin, par un
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temps clair et ensoleillé". Comme les Iris bulbeux ne réclament qu'une terre légèrement humide et non une terre mouillée, on sera prudent dans les arrosages.
A la sortie de l'hiver, au fur et à mesure que la chaleur augmente, on donnera progressivement de l'air. Enfin on enlèvera complètement les châssis lorsque les froids ne seront plus à craindre. Alors les plantes seront traitées de la même facon qué si ellés étaient en pleine terre. Les Iris bulbeux ainsi cultivés et n'ayant subi aucun forçage, peuvent si on le juge à propos, rester deux ou trois ans sans être transplantés.
Culture en pot sous châssis froid et en bâche. — Tous les [ris bulbeux peuvent se cultiver en pots ou en terrines profondes. A cet effet on prépare le compost convenable pour cette culture et. propre aux espèces qu'on y destine. Il doit être, comme nous l'avons dit précédemment, assez riche en matières fertilisantes.
Les pots à employer peuvent varier comme grandeur! mais ce sont les pots de 9 cm. à 13 cm. de diamètre qu’on emploie le plus souvent.
On choisit des bulbes de première grosseur pour fleurir provenant d'une culture en plein sol; on draine suffisamment le fond des pots avec des tessons et du sable et on empote en recouvrant les bulbes d'environ deux centimètres au-dessus de leur sommet.
Le nombre des bulbes qui peuvent entrer dans chaque pot varie suivant les espèces et leur développement.
M. van Tubergen recommande un arrosage très léger et même nul dans certains cas. (H.C.)
Comme la culture en pot est spécialement employée pour l’ornementation des serres et des appartements, il vaut mieux planter serré. La potée possède ainsi, au moment de la floraison, un nombre suffisant de fleurs ce qui la rend très décorative.
L'opération terminée, les pots seront placés en lieu d'attente. On enterre les pots à un ou deux centimètres au-dessus les bords, dans une planche du jardin et à bonne exposition. Ils y restent jusqu’à leur rentrée sous châssis ou en serre, ce qui se fait à l'approche du mauvais temps, ordinairement en octobre ou en novembre".
Si on veut hiverner sous châssis, on y place, pour recevoir les pots, du terreau, des débris de charbon de terre passés au crible, ou quelques autres matières analogues. De plus on observe les prescriptions que nous avons données pour la culture en plein sol sous châssis, relativement à la distance à laisser entre la surface du sol et les châssis: ensuite on relève les pots de leur première mise et on les place dans les coffres en ne les enterrant cette fois que jusqu'à la sommité des bords. Les soins d'entretien sont analogues ou à peu près, à ceux que l’on donne aux Iris cultivés en plein sol sous châssis.
Si l’on possède des bâches qu'on veuille utiliser, on placera les pots le plus près du verre possible ce qui convient bien aux Iris bulbeux.
Au fur et à mesure de la floraison les potées seront utilisées dans les différents usages décoratifs.
! Suivant M. van Tubergen il faut enterrer dans un endroit où l’eau n’est jamais stagnante et jamais sous des arbres. (H. C.)
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