‹ Les irresponsables devant la justiceChapitre 46 sur 115 · LES PROGRÈS DES HABITUDES AT.COOI-IQUES · texte numérisé non relu

LES PROGRÈS DES HABITUDES AT.COOI-IQUES

iploité par les accusés; chaque jour invoqué parla .défense, et que trop souvent la justice admet lindirectement, soit à titre de circonstance atté- ;nuante, soit comme un motif exclusif de toute 1 responsabilité, le fait, l'état d'ivresse accidentelle ,ou habituelle, l'alcoolisme aigu ou chronique.

Jamais on n'a vu cet argument, bien qu'il ne soit [pas légal, plus employé ni plus souvent victo- ! rieux.

C'est que jamais l'alcoolisme, sous toutes ses îformes, n'a été plus commun, n'a pénétré plus proifondément dans les masses ni menacé plus dant,gereusement toutes les couches de la société.

Au point de vue où nous nous plaçons, il n'y a fpas à en rechercher les causes, il n'y a pas à exa- ! miner si la loi elle-même, si une industrie sans ppudeur, si des mesures administratives défecitueuses, si des intérêts fiscaux en jeu, n'ont pas ffavorisé, propagé les habitudes alcoolicjues : c'est l;là une autre question ('). Le mal est fait, quelle :}qu'en soit la cause.

(i) Cependant^ parmi tant de causes qui contribuent à propager les habitudes alcooliques, qui pourrait taire son indignation devant des usages aussi révoltants et aussi répandus que ceux-ci ? Sur les 12,000 garnis que renferme Paris, et qui comptent plus de 250,000 locataires! il en est un grand nombre où les ouvriers n'obtiennent aucun crédit pour le icmentsi élevé de leurs loyers (4, 5, 6 et 7 fr. par semaine), s'ils ne nsomment une quantité notable de boissons alcooliques vendues par le itre du garni. Essaient-ils de se soustraire k cette traite d'un nouveau

Il s'agit ici de savoir s'il faut à ce mal en ajouter un autre, au risque de l'aggraver encore par la plus coupable des indulgences ; si, en présence d'un criminel alcoolique, il faut se borner à plaindre, à soigner un malade, à acquitter un irresponsable.

En fait, peut-on voir dans l'alcoolisme une sorte d'excuse du crime commis, quand la statistique

oenre, ils sont impitoyablement mis dehors et remplacés par d'-"-' P^^J^ • slcriner santé, vie, moralité, pour être logés ! Boire, ou coucher dehors .

E'nfin.'elîel'sont bien communes aujourd'hui, ces sous-locations d'un petit espace dans la boutique des débitants de vins et de hqueurs,. conce- 5 r d s marchands de journaux, de marrons, à de pauvres cordon-

• s, etc Ces concessions ne sont accordées, le plus souvent, que sous ^^dition d'une consommation obligée, quotidienne, d une ^^^^^ minée de vin et d'eau-de-vie. Ht ces pauvres parias, ces pauv-res escla^e ;:d:^ -ds, .empoisonnent, car les con^pétiteurs ^anquent pa.

-, Unr nl-irc il s'en trouvera tou)Ours de prêts a acccpier Z:^Z^^cl de la part de celui qui l'i.pose. .tal pour celui

nÏ p rÎre pas l'ouvrier. Sans compter les dépenses ^-es pour se proc„ r 1 e boissoL alcooliques, et la perte de l'habileté "--e^^e « 'i J toude du travail, on estime à un .ùlliard le chulre dos sala.r.s perdu, par les ouvriers français, par suite de la passion alcoolique.

l'alcool et les impulsions criminelles 99

fprouve qu'il engendre le crime dans une proporjttion des plus formidables ?

La statistique prouve encore, avec non moins de .certitude, que l'alcoolisme conduit à la folie.

Enfin, elle nous montre la mesure du danger, en iàndiquant dans quelle proportion croît le nombre ddes individus adonnés à l'alcoolisme.

Que l'excitation alcoolique conduise au crime, il \y a longtemps qu'on est d'accord sur ce point.

« L'excitation alcoolique est une cause fréquente .de folie criminelle impulsive. Le chiffre des homi- ,cides et des suicides déterminés par les boissons sspiritueuses est énorme. Quelques individus sont eentraînés à ces deux crimes en même temps ; IBrierre de Boismont a constaté, dans d6 cas, ces ddeux impulsions simultanées ('). »

Dans le département du Nord, où la consommattion moyenne d'alcool atteint 6 litres d'alcool pur [ipar an et par homme, les crimes contre les mœurs ss'élèvent à 27 p. 100 de la population.

Dans le Midi, où le chiffre de la consommation iimoyenne n'est que de 2 litres, la proportion des- .cendà 8 p. 100 {').

On peut invoquer bien des raisons pour expliaquer que le nombre des crimes et des criminels

(1) Despine, Trailc de philosophie naturelle, t. I"', p. 80.

(2) Rapport de M. Claude, sénateur, sur la comommalion de l'alcool en Traitcc, 1887.

d^OO IRRESPONSABLES POUR CAUSE PATHOLOGIQUE

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