I.E PRINCIPE BE LA RESPONSABILITÉ
aisément son parti de l'irresponsabilité pénale, telle que la science moderne, ou des doctrines qui en prennent le nom, prétendent l'introduire dans la pratique judiciaire, au criminel. Danger social à part, on se rend compte de cette résistance. La doctrine ou plutôt le principe de la responsabilité a des racines bien profondes, de bien lointaines et de bien imposantes origines. Parmi ses adeptes, elle peut invoquer ceux qui ont été et seront éternellement les maîtres de la pensée humaine, les premiers philosophes, les plus éminents jurisconsultes, et les plus grands écrivains de l'antiquité. Ceux-ci avaient posé, avec une autorité que près de vingt siècles ne devaient pas affaiblir, les bases éternelles de la morale et du droit. Justice humaine calcjuée sur la justice divine d'où elle dérive, droit positif, écrit, fondé sur le droit naturel, notion du devoir inscrite dans la conscience, liberté morale, responsabilité devant la loi morale, ou la loi écrite, aussi évidente qu'elle l'est devant la loi divine, droit de punir fondé sur l'idée supérieure de justice, tels étaient les principes qui furent, à l'honneur et pour le bien de l'humanité, consacrés par la plus haute éloquence, la plus sublime poésie et les plus admirables démonstrations dont s'honorera à jamais la raison humaine (').
(i) Xénoplion, Mciiioircs de Sacrale, liv. cluip. iv, §§ lO ef suiv. — Platon. — Aristotc. — Le poète Eschyle, Les Perses.