‹ Les irresponsables devant la justiceChapitre 55 sur 115 · TYPES DE SOMNAMBULISME SPONTANÉ · texte numérisé non relu

TYPES DE SOMNAMBULISME SPONTANÉ

(.comme le creuset dans lequel la pensée et l'intenition sont absolument séparées de leur gangue de imatière ».

Appréciation qui ne pouvait manquer de soulever Iles plus vives critiques, et de ramener à une assinnilation complète du somnambule et du dément, ttelle que l'admettait l'ancienne jurisprudence d'après Ua formule : dormiens furioso œquiparatur.

Reste toutefois à élucider plus d'ime question de If ait :

Y a-t-il eu sommeil somnambulique spontané? Le prévenu a-t-il déjà présenté cet état pathodogique ?

Aucune simulation n'est-elle possible dans le cas dont il s'agit, ou bien y a-t-il eu somnambulisme OTovoqué, artificiel, et dans quelles conditions ?

DéjàDevergie et Tardieu, toutes réserves faites relativement à la possibilité de la fraude et de la simulation, quant à ce qui touche aux prétendus effets physiologiques du magnétisme, reconnais- ■^aient qu' « il n'est pas mpossible que la volonté ;oit abohe sous l'influence du sommeil magnétique».

Depuis, les faits observés et ks expériences oubliées par Lasègue, Charcot, Vulpian, etc., ont c-endu cette observation plus concluante encore, — ')our les cas soumis à un contrôle sévère, bien entendu, — et, comme le dit le docteur Motet, « ces tats ont cessé, depuis longtemps, d'appartenir au

groupe des faits extraordinaires, pour rentrer dans celui des faits pathologiques (') ».

En effet, qui oserait affirmer la responsabilité dans des cas de somnambulisme types, comme ceux-ci :

« Un homme se réveille en sursaLit au milieu de la nuit, croyant voir s'avancer vers lui un fantôme ; il demande « qui va là ? » N'obtenant pas de réponse, il saisit sa hache, il frappe à mort le prétendu fantôme, qui n'était autre que sa femme. »

Un somnambule appelle au secours au milieu de la nuit : on accourt, et il tire sur les personnes qui se sont rendues à son appel, mais que dans son rêve il prend pour des assassins.

Dans, sa Physiologie du goût, BriUat-Savarin rapporte un fait bien curieux de somnambulisme. « Un soir, lui dit le prieur, témoin oculaire du fait, un soir que j'avais travaillé dans ma chambre plus tard que de coutume, je vis entrer un religieux sujet au somnambulisme, dont les traits étaient contractés et les yeux ouverts, mais ternes. Il tenait un grand couteau à la main, et l'éclat de deux lampes qui brûlaient ne parut faire aucune impression sur lui. Il s'avança directement sur mon lit, eut l'air de s'assurer que j'y étais, et y donna trois coups de couteau, qui le percèrent profondément.

(I) Accès de somnambulisme. Annales d'hygiène et de médecine l^^^^Ic. 3"^ série, t. V, 1881, p. 223.

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