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Italie

Les cours d'eau de l'Italie du Nord qui alimentent les canaux d'arrosage ont leurs basses eaux seulement en hiver et leur débit maximum en été, de telle sorte que les embouchures des canaux pourraient se passer du secours des barrages; pourtant, cette construction est regardée partout comme fondamentale pour les prises d'eau.

Sur des rivières impétueuses et d'un grand volume, comme le Tessin , que nous choisirons pour exemple , le système de barrage comporte (fig. 52 et 53 ) un massif m formé de blocs de granit et de libages, surmonté d'une maçonnerie qq, et flanqué en amont et en aval de béton 0 o. Le couronnement et une partie du talus d'amont sont recouverts de grandes dalles de granit pp.; ces talus sont établis en enrochements s s. Une banquette temporaire h, formée de galets, soutient les hausses mobiles que l'on place en temps de basses eaux.

Naviglio-Grande. — Telle étant la construction du barrage , la figure 5 1 montre le plan de la prise d'eau du Naviglio-Grande, dérivé du Tessin. C'est ce canal qui, partant des environs de Lonate, aboutit sous les murs de Milan, après avoir traversé, sur 41 kilomètres de longueur, les provinces de Milan et de Pavie. Il pourvoit par un débit de 34 mètres cubes à l'irrigation estivale de 3i,5oo hectares de terres en prairies permanentes et temporaires. Voici la légende du plan (fig. 5i):

7o LES IRRIGATIONS.

a a, barrage de dérivation, de 280 mètres de Ion-

gueur ; sa largeur varie de 9m,5o àJi7m,8o, sauf sur les

3 y mètres de longueur qui forment à son extrémité une sorte d'appendice;

b, bouche de Pavie. ayant seulement 65 mètres de largeur;

A, bras des Gaggi;

l /, revêtement des berges et ouvrages de défense ;

d d, premier déchargeoir du grand canal ;

d\ maison de l'administration ;

s, chaîne pour intercepter pendant la nuit le passade des bateaux sur le canal.

Canal Martesana.

— Le canal de la Martesana, qui a sa prise d'eau à Concesa, sur la rive droite de TAdda, offre une longueur totale de 45 kilomètres et aboutit comme le précédent à Milan.

Sa portée est de 25 mètres cubes et demi

par seconde; les irrigations qu'il dessert en été s'étendent sur 22,000 hectares.

Le barrage est disposé comme le précédent; seulement, le grand déversoir de Concesa, de 268 mètres de longueur, est complet, en ce sens qu'il s'étend depuis l'origine de la dérivation jusqu'à la rive opposée; en même temps, il est muni de quatre grands pertuis. toujours ouverts, qui offrent un puissant moyen de décharge aux eaux de l'Adda, dont le niveau se trouve ainsi régularisé aux abords de l'embouchure.

Le barrage-déversoir du Naviglio-Grande, placé également dans une direction très oblique au courant, n'est pas complet comme celui de la Martesana, attendu qu'à son extrémité d'amont se trouve la grande ouverture, de 65 mètres, de la bouche de Pavie. Il fait office plutôt de partiteur que de barrage.

Exposé aux ravages des eaux de l'Adda et pis encore , aux coups de mines, pendant les guerres du Milanais au dix-septième siècle, le barrage Martesana a été réparé et entretenu, puis reconstruit en maçonnerie de briques, fortifiée par des revêtements et des contreforts, et protégée, pour la sécurité du lit du canal, sur toute la partie en remblai, par un radier en béton formé de chaux hydraulique, sable et cailloux.

Les pentes excédant celles adoptées généralement pour un canal d'arrosage et de navigation, soit de on,,36 à om,58 par kilomètre, on a dû défendre les rives sur beaucoup de points par des endiguements, surtout vers l'entrée.

Canal Pader no. — Pour un autre barrage sur l'Adda, qui sert de prise d'eau au canal de Paderno, des pertuis n'ont pas été établis donnant passage au courant impétueux du fleuve. Il en résulte que, contrairement à ce qui se passe pour la Martesana, la violence des crues met fréquemment le canal en danger. L'établissement

LES IRRIGATIONS. jl

de deux ou trois pertuis de grandes dimensions, ouverts dans le massif du déversoir, permettrait d'atténuer beaucoup l'effet des crues.

Sauf un très petit nombre d'exceptions, les canaux de la Lombardie et du Piémont ont leurs prises d'eau par barrage-déversoir, mais elles sont munies d'embouchures libres qui nécessitent des batardeaux temporaires quand on doit mettre les canaux en chômage , ou bien plus rarement , comme au canal de Parella (province d'Ivrée), d'un aqueduc ou pertuis couvert.

Le système de construction mixte des principaux barrages italiens mérite d'être signalé, à cause de sa grande solidité. Les enrochements, les bétonages et les autres espèces de maçonnerie y sont habilement combinés. Le plus souvent des files de pieux jointifs maintiennent le pied des enrochements. Les talus sont recouverts de dalles ou libages de très fortes dimensions; ces dalles ont dans le barrage du Naviglio-Grande im,5o sur om,6o et o"',3o. Les berges des fleuves et des canaux sont défendues par des murs de jouée, en maçonnerie de briques, surmontés par des glacis en libages et cailloux ; et les approches des ouvrages, ainsi que les embouchures, sont presque toujours munies d'un radier en maçonnerie.

C'est grâce aux soins apportés à la construction, au choix des matériaux et à la parfaite entente des ouvrages de défense, que des travaux comme ceux du barrage du Naviglio-Grande n'ont pas bougé depuis la crue de 170 5 où les eaux s'élevèrent à une hauteur de 6m,55, entraînante la dérive les digues, les déchargeoirs, le barrage, et transportant le lit du Tessin à une grande distance en amont de l'embouchure du canal. Deux grandes réparations au barrage ont eu lieu depuis cette époque; Tune après la crue de 1819, sur une longueur de 3o me-

très, et l'autre plus récente, nécessitant Ma réfection revêtements sur 43 mètres.

De même , le barrage du canal de la Martesana, depuis le désastre de 1711, causé par l'impétuosité des eaux de l'Adda, a résisté sans autres réparations que celles d'entretien courant.

Une condition essentielle de sécurité des prises d'eau par barrages - déversoirs, résultant de la longue expérience des Italiens, consiste, en dehors de la direction plus ou moins oblique donnée aux ouvrages, à réserver des pertuis pourvus de portes busquées ou de martelières, à l'aide desquelles on règle l'introduction invariable du volume d'eau, et on isole complètement le canal des cours d'eau, pour le temps de chômage.

Canal Po\\uolo. — La plus grande partie

des

des eaux qui arrosent le territoire de Mantoue est dérivée

Fie 55. — Profil transversal sur la ligne AC EB (fig. 54).

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Fig. 56. — Plan du déversoir n° 2 (fig. 54).

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Fig. 57. — Détails de la prise d'eau du canal de Poizuolo (fig. 54);

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