III.:COUT ET DESCRIPTION DES CANAUX
D'après les détails fournis sur le trace, le mode d'exécution et les conditions de bon fonctionnement des canaux d'irrigation, on comprend que leur coût, suivant la portée, la section, la pente et la longueur; suivant les difficultés naturelles à vaincre, le nombre et l'importance des ouvrages d'art, la nature et la valeur des terrains expropriés, etc., varie dans des limites inappréciables ; mais ce qui ressort à l'évidence de l'étude que nous avons faite de ces ouvrages, c'est que pour les réaliser, il ne suffit pas d'engager des capitaux im-
(1) Pollini, Inchiesta agraria ; Monografia, vol. VI, t. II, part/ 3.
(2) Morpurgo, Inchiesta agraria ; Relation*, vol. IV.
portants, il faut encore pouvoir de longtemps sacrifier les revenus des sommes engagées.
On ne possède plus les comptes d'établissement des canaux construits d'ancienne date. Les aurait-on, que le prix des matières et de la main-d'œuvre et les circonstances économiques du travail ayant été complètement modifiés, l'intérêt serait purement rétrospectif. Même pour les canaux construits dans ce siècle, les dépenses ne sont guère utiles à consulter, quand on veut apprécier uniquement le prix de revient du volume d'eau qu'ils transportent. Chaque canal jouit en effet d'une monographie particulière qui diffère , comme données d'exécution, de celle des autres canaux diversement tracés ou situés.
On ne saurait donc attendre aucun résultat pratique de cet examen comparatif des canaux. C'est plutôt sous le rapport statistique qu'il est intéressant de rechercher les éléments du coût du mètre cube d'eau continue, par kilomètre de canaux construits en Italie, en France et ailleurs.
a. Canaux d'Italie.
Des canaux italiens qui figurent dans le tableau IV, les trois premiers, dérivés au quinzième siècle de la rive gauche de la Sesia, en Piémont, et arrêtés dans leur développement comme portée et comme longueur du tronc principal , indiquent pour le prix du mètre cube d'eau par seconde et par kilomètre, une moyenne qui peut s'appliquer d'une manière générale aux canaux dérivés en pays d'arrosage, plats, peuplés et richement cultivés. C'est aux environs de 140,000 francs que revient, dans cette partie du Piémont, le mètre cube d'eau par seconde, dans des canaux débitant 20 mètres
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