‹ Les irrigations (volume 2)Chapitre 46 sur 103 · CB · texte numérisé non relu

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cubes, sur une longueur de tronc principal de 90 à 100 kilomètres, le coût kilométrique étant compris entre 1,000 et 2,5oo fr.

Les autres canaux du tableau, exécutés dans ces dernières années, ou en voie d'exécution, se rapprochent plus ou moins de cette moyenne, suivant les données variables de portée et de longueur.

Les canaux Cavour font à la fin de ce chapitre l'objet d'une monographie, qui nous dispense de rappeler ici les conditions de leur établissement.

Canal Casale. — Le canal Casale , dérivé du Pô, à 2 kilomètres environ en amont du pont de Casale, offre une branche principale de 3 kilomètres de longueur, avec une portée de 10 mètres cubes, et deux branches secondaires : le canal haut, d'une longueur de 16 kilomètres, avec 6 mètres cubes de débit, et le canal bas, de 5 kilomètres de longueur, avec un débit de 4 mètres cubes. La pente de la branche principale varie de om,4o à o,n,3o et la largeur au plafond, de 10 à 8 mètres. Outre la prise d'eau par un barrage de 260 mètres de longueur à travers le fleuve, un déchargeoir à 5 pertuis et un édifice partiteur des deux branches, formé de deux vannages distincts, les ouvrages d'art consistent en ponts biais et ponts sur routes, en ponts-canaux et siphons de moindre importance. Dès la première année d'exercice, en 1874, le canal Casale rapportait l'intérêt à 5 pour 100 du capital de construction, chiffré à 1,600,000 francs ; c'est là un exemple presque unique dans Thistoire des canaux d'arrosage (1).

Canal Villoresi. — Le canal Villoresi est dérivé du Tessin, à 10 kilomètres au-dessous de sa sortie du lac Majeur ; il parcourt le haut Milanais, de l'ouest à

(1) Hérisson, loc. cit., p. lao.

l'est, pour déboucher dans TAdda , après un trajet de 170 kilomètres jusqu'en aval de la prise d'eau du canal Martesana. Sa portée est limitée à 44 mètres cubes. Outre les ouvrages de prise et de barrage du lac, estimés ensemble à 3 millions, le canal projeté jusqu'à l'Adda, commencé pendant l'hiver 1881-82 pour être exécuté en trois ans, a été évalué, en y comprenant 25o kilomètres de canaux secondaires, à 8 millions (1).

Canal Lunese. — Le canal Lunese, concédé en 1878, est dérivé de la rive gauche de la Magra, avec une portée de 5 mètres cubes à la seconde. Sa longueur de 27 kilomètres et demi est partagée en deux sections, la première jusqu'à Sarzana, de 1 1 kilomètres, et la seconde de Sarzana jusqu'au torrent Carrione dans lequel le canal débouche, de 16 kilomètres.

La prise d'eau du moulin d'Albiano, au pied de l'Apennin, consiste en un barrage de 140 mètres de longueur, avec édifice. Le canal a pour section normale trapézoïdale, 4 mètres au radier, avec talus à 45 degrés et une hauteur [de im,70. Dans la première section en terrain accidenté, les dépenses ont été les suivantes :

Prise d'eau 180.000

Ouvrages d'art 201 .o?7

Terrassements 1 06 . 3 1 1

Expropriations 91 .006

Travaux en cours 174.000

Frais généraux 94 . 080

Total : francs 846.434

ce qui représente pour n kilomètres une dépense de 76,950 francs environ par kilomètre.

Les dépenses de la seconde section de 1 6,5 ki-

(1) Hérisson, loc, cit., p. lati.

lomètres, en terrain plus facile, ont été estimées à 400,000 francs, soit à 24,400 francs environ par kilomètre.

Les travaux d'art de la première section comprennent : la prise d'eau; un tunnel de 146 mètres de longueur, sous la colline San-Polo; 7 siphons d'une longueur totale de i42m,8o; 2 écluses de 97 mètres de longueur totale; 14 ponts-canaux, ensemble 20 mètres de longueur; 39 ponts-routes d'une longueur totale de 348ni,6o; 44 vannages, ensemble de 927m,8o. Les travaux en cours de la même section consistaient en deux siphons, dont un de 54™, 60 près de Sarzana, à la place San-Francesco, et l'autre d e 20 mètres au pied de la montée San-Stefano, sous le chemin de fer.

Le canal Lunese établi au prix de i,25o,ooo francs sur 27 kilom., commande l'arrosage de 8,800 hectares de VAgro Lunese, affectés principalement aux cultures d'été, au maïs, aux légumes et aux arbres fruitiers (1).

Canal Giulari. — Sur la rive droite de l'Adige, le canal connu sous le nom de Giulari, emprunte 1 5,2 mètres cubes pour l'arrosage de VAgro Veronese et la location de forces motrices à l'industrie. Dirigé de Tombetta par Fraccazolc jusqu'à Scopclla , le canal principal de 6,5 kilomètres de longueur, offre une pente variant entre 0,27 et 0,1 5 par kilomètre. A Fracazzole, un premier branchement de 4 kilomètres enlève un débit de 2 mètres cubes et quart, avec une pente de 0,20; à Scopella, deux autres branchements de 4 kil. 3o et 5 kil. 70, avec 3,75 et 9 mètres cubes de portée respective, complètent le canal dont la dépense totale a été évaluée à i,56o,ooo francs (2).

(1) A. Bertani , Inchiesta agraria ; Rcla\ione, etc., vol. X, 1. 1. p. 440.

(2) E. Markus, Das landiv. meliorat ions wc&en Italiens, 1881, p. 119.

LES IRRIGATIONS. 3i3

Canal Storari. — Le canal dit Storari, ou Storari-Perctti , dérive à Gajun sur la rive droite de l'Adigc, à 24 kilomètres en amont de Vérone, 1 1 ,5 mètres cubes qui se réduisent par les infiltrations et l'évaporation à 10 mètres et demi effectifs. Le tracé suit la rive du fleuve pendant 18 kilomètres, et passé Bussolengo, se partage en deux bras dont l'un se dirige par Somma Campagna et Custozza vers Valeggio (16 kil.), et l'autre aboutit par Tomba à San-Giovanni Lupatoto (14 kil.). La concession donnée à un syndicat , comme celle du précédent canal, comporte une dépense totale en travaux, de 3 millions à 3,3oo,ooo francs, correspondant au coût de 290 à 3oo francs par litre d'eau à la seconde (1).

Canal Mu$\ino. — Un dernier canal figure dans le tableau IV, celui de Muzzino, dont nous avons déjà fait mention (2).

Dérivé du cours d'eau, la Muzzetta, à raison de 7 modules, ou de 700 litres par seconde, ce canal a une longueur de i,23o mètres, sur lesquels 100 mètres environ sont en tranchée et les déblais représentent 16,840 mètres cubes. La pente varie.de 0,06 à 0,04; la largeur au radier est de im,5o, les talus ayant une inclinaison de 45 degrés. La dépense totale s'est élevée à 3o,ooo francs, sur lesquels 14,000 francs ont été affectés aux ouvrages d'art (3). Cet exemple n'est indiqué ici que pour montrer l'influence de la faible longueur, avec un débit de 700 litres par seconde, sur le coût de Feau continue.

En dehors de certaines données empruntées dans

(1) E. Markus, loc. cit., p. 121.

f2) Voir t. II, p. i33.

(3) Bellinzona, Inchiesta agraria ; Memoria sul circoniario di î.odi; vol. VI, t. III, p. 257.

àr4 LES IRRIGATIONS.

l'ouvrage récent de Bordiga (i), quoique cet auteur n'ait pas fait mention des documents où elles ont été prises, nous avons contrôlé les renseignements du tableau IV par ceux des auteurs que nous avons cités.

Canal Cavour. — Aucun ouvrage récent ne satisfait plus complètement, comme étude du tracé et des travaux d'établissement d'un grand canal d'irrigation, que le canal Cavour, sous le rapport d'une exécution parfaite, rapide et économique. Conçu d'après "les errements qu'a légués une expérience de six siècles, réalisé à l'aide des ressources de la science actuelle et de capitaux abondants, le canal principal exécuté en 3 années, de i863 à 1866, n'a donné lieu, depuis l'achèvement complet des branches en 1870, à aucune modification essentielle, et son régime s'est assis comme s'il datait des Visconti.

Sur une longueur totale de 176 kilomètres, le canal principal représente 82 kilomètres; le canal auxiliaire, les branches et les canaux secondaires, 94 kilomètres, dont le tableau V donne la répartition, en regard des dimensions, de la pente moyenne et de la portée de chacun .

La figure 148 présente le plan topographique du canal et de ses affluents, et la figure 149 le profil longitudinal du canal principal.

Le grand canal est dérivé de la rive gauche du Pô, en aval de Chivasso, et dirigé vers le nord-est, après avoir parcouru à l'est les alluvions du Pô pendant 4 kilomètres. Il traverse en écharpe tous les coursd'eau qui se jettent dans ce fleuve, partage la plaine en deux parties inégales dont il arrose la partie inférieure, la plus étendue des deux, et aboutit à la rive droite du Tessin, dans l'arrondissement de Galliate.

(1) Bordiga, F.conomia rurale, 1888, p. 36g et 870.

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Sur un parcours de 82 kilomètres, il dessert sucecs-

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sivement les territoires de Chivasso, Verolengo,Saluggia,Livorno,Bian7é, Crova, San-Germano, Santhià, Casanova-Elvo, Formigliana, Ballocco, Villarboit, Greggio, Recetto, Biandrate, Vicolungo, San-Pietro Mosezzo, Novara, Cameri et Galliate.

Une dérivation secondaire de la rive gauche de la Dora-Baltea, formant le canal auxiliaire, de 3,2 kilomètres, vient du territoire de Saluggia (avec 70 mètres cubes de portée) augmenter Je débit de 40 mètres cubes à l'étiage du Pô, affecté au canal initial.

Depuis sa prise jusqu'à l'intersection du chemin de fer de Turin à Milan, le canal fournit de l'eau aux canaux existants qu'il coupe, en augmentant leur portée et en améliorant la qualité de leurs eaux. Ce sont la Roggia Neirole, la Roggia Carpeneto, le Naviletto de Saluggia, le Naviletto d'Asigliano , le Naviletto du Tane, le canal d'Ivrée et le Naviletto de Terminé.

Passé la Sesia, il alimente de même et augmente la portée des canaux existants, à savoir : la Roggia Biraga, le Cavetto Busca, les Cavi Zottico, Cattedrale, Nibbia, Panizzina, Dassi, Ospedale et la Roggia Nivcllina.

Au kilomètre 57,5, il donne prise au canal dérivé, dit de Montebello,

2i8 LES IRRIGATIONS.

d'une portée de 10 mètres cubes et demi, qui traverse les territoires de Recette, Sannazzaro-Sesia , Casalvolonc, Villata, Borgo-Vercelli, Vinzaglio et Palestro.

Au kilomètre 73,7, une autre dérivation formant le canal dit Quintino-Sella, reçoit 3o mètres cubes de portée, pour arroser les territoires de Novara, Trecate, Garbagna, Terdobbiate, Vespolate, Tornaco, Borgolavezzaro, Civalegna, Gravellona, Parona et Mortara. Ce canal, divisé à son tour en deux branches au partiteur de S. Annar arrose sur 35 kilomètres, par la branche de gauche, le territoire qui s'étend jusqu'au confluent du Tessin et du Pô, et par la branche de droite que prolonge le canal de San-Giorgio, le territoire compris entre Ottobiano et le Cavo Malaspina.

Au kilomètre 81, une troisième prise de 7 mètres cubes et demi de portée alimente le canal en syndicat de Tucate , pour l'arrosage des territoires de Tucate, Galliate, Romentino etCerano(i).

Dès les premières années, 1870-72, le volume effectif du canal Cavour, y compris les branches, variable suivant les besoins d'eau, fut fixé à 1 10 mètres cubes jusqu'au torrent Cervo , et à 90 mètres cubes en aval du siphon de passage sous la Sesia.

La loi de concession du 25 août 1862 avait limité en effet à 110 mètres cubes par seconde le volume d'eau dérivé du Pô; les sections et les pentes furent en conséquenceappropriéesàcetteportéc, sur tout leparcours jusqu'au passage du torrent Elvo, à partir duquel une portée de 90 mètres cubes fut reconnue suffisante jusqu'à la Roggia Busca. Comme on comptait d'ailleurs sur d'importantes prises d'eau entre la Sesia et ce canal, la portée, à partir de la Roggia Busca, fut réduite à 5o

(1) Panizzardi, Soc. R. cTagric. di Tortno, 1872.

rtiètres cubes jusqu'au torrent Terdoppio , passé lequel on la diminua à 3o mètres cubes jusqu'au Tessin.

Les basses eaux du Pô s'étant montrées insuffisantes pour fournir le volume concédé de no mètres cubes, on dut recourir à la Dora-Baltea; une dérivation de 70 mètres cubes supplémentaires fut obtenue à l'aide du canal auxiliaire (1).

Nous indiquons dans le tableau VI les modifications successivement apportées aux sections et aux pentes, en vue des variations de portée, qui établissent les dimensions normales du canal. Ces dimensions normales ont dû être modifiées d'ailleurs sur certains points pour répondre à des exigences toutes locales. Ainsi, pour éviter la difficulté que présente, dès la dérivation, une hauteur d'eau de 3m, 40, on a donné au plafond pendant le premier kilomètre, une largeur de 40 mètres et une pente de o,5o. Les berges en maçonnerie débutant avec un talus de 1 de base pour 3 de hauteur, arrivent avec une inclinaison de 45 degrés à la fin du premier kilomètre. La hauteur des berges augmente dès lors de 2m,70 à 4 mètres, au fur et à mesure que la largeur du plafond va en diminuant jusqu'à 20 mètres. Le canal n'acquiert ainsi ses dimensions normales qu'au neuvième kilomètre.

De même, la section varie au passage en aqueduc ou en siphon des vallées de la Dora, de l'Elvo, du Cervo, de la Sesia, de l'Agogna et du Terdoppio, en même temps que le fond du canal s'abaisse pour augmenter l'effet des déchargeoirs, dont le seuil est à om,5o ou om,6o au-dessous.

(1) La maigre (magr a) du Pô, dans les mois les plus chauds, juillet à sep* tembre, est telle que la prise en 1881 est descendue, comme portée, à 20 mètres cubes ; les eaux de la Dora-Baltea, très abondantes au contraire pendanteette période, auraient dû fournir 90 m êtres cubes, au lieu des 70 mètres cubes que dérive le canal auxiliaire.

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Les berges en terre dont l'inclinaison avait été établie à 45 degrés, ont pris d'elles-mêmes un talus de im,5o de base pour 1 mètre de hauteur. Leur conservation , malgré le grand volume d'eau qu'elles supportent et les écarts de niveau dus aux maigres du Pô et de la Doire, est attribuable aux grands rayons des courbes, variant entre 1,000 et 2,000 mètres. Le rayon minimum appliqué aux berges en terre est de 3oo mètres.

Le tracé du canal se distingue avant tout par le soin avec lequel on s'est attaché à conserver le niveau de l'eau aussi élevé que possible, en restant dans des conditions de dépense limitée.

Les ouvrages d'art que l'exécution du canal a rendus indispensables sont extrêmement nombreux et plusieurs très importants, en raison de la quantité de cours d'eau, de rivières et torrents, de routes, de canaux et de rigoles dont cette partie du Piémont est sillonnée. Les dimensions du canal diminuant au fur et à mesure de son éloignement de l'édifice de prise, on a affecté à chacun des quatre tronçons des types différents d'ouvrages. Avant de les énumérer par tronçons, il importe de rappeler les grands travaux d'art qui comprennent :

1 édifice de prise.

7 déchargeoirs.

4 ponts-canaux avec aqueducs.

4 siphons.

2 barrages à vannes pour l'accès des eaux.

2 grandes écluses alimentant les canaux Biraga et Busca.

Premier tronçon; de l'édifice de prise jusqu'à l'Elvo : 45 ponts de 3 arches pour routes et chemins ruraux, 1 pont pour le chemin de fer de Milan à Turin, 10 pontscanaux, 128 siphons (26,n,90 de longueur moyenne).

Les deux chemins de service qui longent le canal ,

ayant une largeur de 4m,5o, traversent tous les cours d'eau sur des ponts.

Plusieurs siphons sont généralement accolés dans le même édifice ; mais quand un cours d'eau peut être traversé par un pont-canal, on applique de préférence ce mode de passage, considéré comme bien moins coûteux.

Deuxième tronçon; de l'Elvo à la Roggia Busca : 22 ponts pour routes, 12 ponts-canaux, 69 siphonsaqueducs (28m,4o de longueur moyenne).

Troisième tronçon ; de la Roggia Busca au torrent Terdoppio : 3o ponts de 2 arches, 36 ponts-canaux de 4 arches, 52 siphons-aqueducs.

Quatrième tronçon; du torrent Terdoppio jusqu'au Tessin , 12 ponts d'une seule arche, 3 ponts-canaux à 3 arches, et 3 siphons (1).

L'ensemble de ces ouvrages, souvent groupés par deux, et même par trois, représente 3 16 édifices distincts, et comme cours d'eau traversés, la moyenne par kilomètre est la suivante :

1 " tronçon 3 . 782

Le troisième tronçon traverse la partie du Novarais, sillonnée notamment par les canaux et les conduites des sources [fontanili).

Enfin, la surveillance du canal a exigé la construction de 18 maisons de garde à deux étages, outre celle du barrage.

Tel qu'il est établi, le canal Cavour, avec ses dépen-

(1) P. Grûbcr, Die hydrotechniseken verhaltniise derkanal Cavour ; Allgemeine Bau\L>itung, 1 886.

dances, s'applique à l'arrosage de 160,000 hectares, mais comme une grande partie de ses eaux, les deux cinquièmes environ, fournissent un supplément à plusieurs canaux, la superficie que ces derniers permettent d'arroser devrait pouvoir s'ajouter aux irrigations du canal même.

Le gouvernement s'étant substitué, dès 1867, a 'a compagnie concessionnaire tombée en faillite, il est difficile de considérer comme absolu le revenu actuel. Les prix de faveur accordés par la compagnie déchue aux anciens usagers et aux associations syndicales, les facilités données par l'Etat pour l'aménagement des terrains arrosables, moyennant l'anticipation gratuite des eaux, etc. , ne permettent pas de prendre comme base d'appréciation le chiffre des dernières années.

En 1881 , le revenu, pour le canal et ses branches, avait été de 1,746,053 francs; tant pour la location des eaux d'été et d'hiver, que de celles pour la force motrice. Les frais de curage et d'entretien s'étant élevés à 125,400 fr., et les frais d'administration, englobés dans ceux des canaux domaniaux, étant évalués à 1 00,000 fr. par an , il restait en nombre rond un produit net de 1 million et demi pour rémunérer un capital engagé de 58 millions de francs environ. L'intérêt de 2,59 pour 100 qui en résulte représente seulement la part effective que l'État retire des taxes de l'irrigation ; mais la part indirecte n'est pas moins importante par la rentrée des impôts sur la production et sur les terres améliorées. Du reste, depuis 1881 le chiffre brut des redevances n'a pas cessé d'augmenter; en même temps que les irrigations prennent plus de développement, on consomme plus d'eau chaque année.

Pour fixer les idées sur les frais de curage et d'entretien que nécessite un grand canal d'irrigation comme le

224 r^s IRRIGATIONS.

canal Cavour, nous indiquons la dépense moyenne annuelle, répartie entre le canal et ses branches :

fr.

Canal Cavour 6 1 . 3oo

— auxiliaire 9.000

Canal Montebello 3. 200

— Quintino-Sella 17.000

— — branche de droite 6.200

— — branche de gauche . . 1 5 . 700

Ces frais varient naturellement d'une année à l'autre; mais on peut admettre que le curage est l'article de dépense le plus important. Un fait suffit pour montrer que l'ensablement peut être très rapide ; en conséquence d'une opposition judiciaire aux travaux du barrage de la Dora-Baltea, le déchargeoir ayant seulement fonctionné du ior mai jusqu'au 8 août 1873, le canal auxiliaire reçut dans cette courte période, sur 3 kilomètres de longueur,

18,000 mètres cubes de sable, dont l'enlèvement coûta

10,000 francs.

b. Canaux de France.

Dans le tableau VII, des informations de même nature que pour les canaux d'Italie se réfèrent aux canaux français : elles sont tirées de l'atlas statistique des cours d'eau et irrigations (1), et des notices sur les travaux des ponts et chaussées, publiées par le ministère des travaux publics (2). Plusieurs de ces canaux ont déjà appelé notre attention au sujet des travaux spéciaux qui les concernent; aussi nous bornerons-nous, pour ceux-là, à des observations sommaires quant aux données de leur premier établissement.

(1) Cheysson , Notice sur l'atlas statistique de iH-jS. (?) Notices, loc. cit. Exposition de i8~H.

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