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23o LES IRRIGATIONS.
l'œuvre d'Arles , détachée de celle de Crapponne , est administrée par une société à responsabilité limitée, au capital de 800,000 francs.
Pour l'œuvre de Crapponne , outre la branche mère , celle de Salon offre deux bras principaux : l'un dirigé vers Grans et la Touloubre, sur un parcours de 9 kilomètres, et l'autre dirigé vers Pelissanne, Lançon et Cornillon, qui se jette après un parcours de 23 kilomètres dans l'étang de Berre , aux environs de Saint-Chamas. Cette section ne présente pas moins de 90 mètres de différence de niveau entre Lamanon et Saint-Chamas. L'œuvre générale de Crapponne ainsi constituée assure l'arrosage effectif de 6,85o hectares.
La branche d'Arles traverse la Crau de l'est à l'ouest et va se jeter dans le Rhône, à Arles même, avec une pente totale de io5m,9o sur un parcours de 45,1 38 mètres. Un bras se détache au-dessous d'Eyguières, qui court du nord au sud par Miramas et Saint-Chamas, pour se réunir à l'étang de Berre, près d'Istres, où il fait une chute de 20 mètres. Cet embranchement n'offre ainsi qu'une différence de niveau de 70 mètres par rapport à la prise d'eau. Outre divers travaux d'art secondaires, 59 ponts y sont établis; un aqueduc remarquable, composé de 97 arches à grande portée, conduit les eaux à travers la promenade d'Arles jusque dans le Rhône (1). En 1875, les surfaces arrosées dans la Crau par cette branche occupaient 2,574 hectares, sur lesquels 1,376 en prairies (2).
Les Alpines. — Le canal des Alpines est constitué : i° par un tronc commun de ik,88o de longueur entre la prise d'eau à Mallemort, dans la Durance, et par une branche méridionale de 7 kilomètres et demi de
(1) Voir t. IL p. i83.
(2) Barrai, les Irrigations des Bouc hes-du- Rhône, 1876, p. 280.
LES IRRIGATIONS. 23i
longueur, dont l'ensemble forme le canal domanial administré depuis i8i3 par l'œuvre générale des Alpines ; 2° par deux branches septentrionales d'Orgon et de Rognonas, concédées en 1854 à une compagnie particulière.
La branche méridionale ou domaniale alimente quatre branches principales à partir du bassin de partage de Lamanon, à savoir : i°la branche d'Eyguières (12 kil.) qui rejoint celle d'Arles des eaux de Crapponne; 20 la branche d'Arles (7 kil.) qui aboutit également à celle de Crapponne ; 3° la branche du Congrès (9 kil.) qui dessert le canal de Langladc; 40 la branche de Salon (1 1 kil.) qui arrose une grande partie de cette commune. Ainsi, le canal de Lamanon avec ses branches, ajouté au tronc principal, représente une longueur totale d'environ 48k,8oo.
Des deux branches septentrionales ou particulières, la première dite d'Orgon , dirigée en circuit au nord des Alpines, vers Senas, Orgon et Saint-Rémy, avec des ramifications sur Noves, Eyragues et Saint-Gabriel, a une longueur de 78 kilomètres; la seconde branche de Rognonas n'offre sur son parcours de 44 kilomètres que deux embranchements, celui de Barbcntane et celui de Tarascon.
Tandis que la dotation de 9 mètres cubes de l'œuvre générale des Alpines permettait d'arroser 6,600 hectares; celle de 7 mètres cubes et demi affectés à la branche septentrionale d'Orgon, augmentée d'une portée de 5 mètres cubes que l'autre branche de Rognonas prend directement sur le territoire de Noves, dans la Durancc, soit 12 mètres cubes et demi, n'était utilisée en 1876, par la compagnie française d'irrigation, que pour l'arrosage de 1,756 hectares.
Dans le canal septentrional de Rognonas, la pente du plafond est en général de 5o centimètres par kilc-
mètre; elle descend à 22 centimètres, mais atteint jusqu'à 80 centimètres en divers points de la branche de Tarascon. La largeur du canal au plafond varie entre 2m,4o et 2m,8o dans la branche mère; entre im,6o et i°\9o dans la branche de Barbentane, et entre im,8o et 3ra,3o dans celle de Tarascon. L'inclinaison des talus est comprise entre 1 de base pour 1 de hauteur et 3 de base pour 2 de hauteur, dans les parties en déblai ou en remblai ordinaire. Les ouvrages d'art sont au nombre de 143 sur le canal entier. Parmi les principaux, il y a lieu de citer la prise en Durance avec 6 permis de 1 mètre de largeur ; le siphon de l'Anguillon à deux ouvertures de im,52 de largeur; le répartiteur de Bessières avec 6 pertuis de om,90 de largeur, dont 2 pour la branche de Barbentane et 4 pour celle de Tarascon ; les aqueducs de Georget et de Parade sous le chemin de fer d'Avignon, etc. (1).
Peyrolles. — Le canal de Peyrolles, dérivé delà Durance, aux digues du Fort d'abord, puis à Canteperdrix, a été achevé en i863 jusqu'au grand ravin du Puy, d'où il se dirige vers le ravin de Carcasse. La branche mère ainsi tracée compte 26 kilomètres de longueur, mais les dérivations sur le territoire de Jouques, de Peyrolles, de Mcyrargues, de Chabaud, etc., atteignent un développement de plus de 60 kilomètres. La société anonyme, propriétaire du canal pour lequel les dépenses se sont élevées à 700,000 francs, non compris les intérêts des actions, au nombre de 588, ne dispose, malgré la prise d'eau reportée à Canteperdrix dans une position remarquable et unique, que de 1,200 litres, au lieu des 2,000 concédés. Les arrosages en 1875 ne s'étendaient pas à plus de 5oo hectares.
(1) Barrai, loc. cit., p. 29!.
LES IRRIGATIONS. a33
Verdon. — Pour le canal du Verdon, commencé en i863 et terminé en 1874, nous avons déjà décrit les conditions principales de son établissement : la prise d'eau et le barrage-déversoir de Quinson (Basses- Alpes) qui ont représenté une dépense dç 894,000 francs; les souterrains au nombre de 79 offrant ensemble une longueur de 20 kilomètres; les ponts-aqueducs et les quatre grands siphons, parmi lesquels celui de Saint- Paul, à deux tuyaux parallèles, d'une longueur de 271 mètres.
Indépendamment de la branche mère d'une longueur de 82 kilomètres, huit branches principales de dérivation dans le territoire d'Aix s'étendent sur jb kilomètres de longueur totale; cinq branches en dehors du territoire sont destinées aux arrosages des communes de Saint- Cannat, Lambesc, Rogues, Éguilles et Tholonet.
La branche mère aboutissant à Meyrargues jouit d'une pente de om,20 à om,25 par kilomètre dans les parties à ciel ouvert, et de im, 10 dans les souterrains. La section moyenne de la cuvette est de 10, 5o m. carrés, et celle dans les souterrains de 4,88 m. carrés (1).
Sur une surface arrosable de 18,000 hectares environ, le canal ne permet encore d'irriguer qu'un nombre très restreint de cultures.
Neste. — Le canal de la Neste, d'une longueur de 28 kilomètres, amène les eaux de cette rivière sur le plateau de Lannemezan, pour l'arrosage du plateau même et des vallées de là Longe, de la Save, de la Gave, de la Gimone, etc. La prise d'eau est placée à Sarrancolin, avec un débit de 7 m. cubes par seconde; mais comme ce débit ne peut être fourni pendant le bas étiage, quand les rivières tarissent, sans compromettre des droits ac-
(i) Notices, lac. cit.. p. 92.
quis, on a dû construire au lac d'Orédon un réservoir que nous avons décrit (i). La dépense du canal et du réservoir est portée pour 6 millions au compte de l'État.
Saint-Martory. — Le canal de Saint-Martory consiste en une dérivation de la Garonne, pratiquée par un barrage voisin de la station de Saint-Martory. Sa portée est de 10 mètres cubes à la seconde, en vue de l'arrosage de 10,000 hectares sur la rive gauche de la Garonne, jusqu'à Toulouse où s'arrête le canal, après un parcours de. 70 kilomètres. Outre la branche principale dont le coût a été estimé à 3 millions, c'est-à-dire au montant de la subvention de l'État, le canal comporte un développement de 450 kilomètres des canaux secondaires dont 170 seulement étaient exécutés en 1877 (2). Quoique 4,3oo hectares aient été souscrits par les propriétaires, la surface arrosée à cette même date était seulement de 2,700 hectares; or, les dépenses s'élevaient déjà à plus de 5 millions et demi de francs.
Fore\. — Le canal du Forez dont nous avons dédécrit la prise d'eau par barrage dans la Loire, à Joannade, comprend une branche mère de ^kilomètres jusqu'à l'Hôpital, dont 6 kilomètres en amont sont ouverts en tunnel, ou construits en maçonnerie, avant d'atteindre Saint-Rambert. Des trois sections formant la branche mère , les deux premières ont coûté pour 14,332 mètres, 2 millions de francs, soit 140 francs par mètre, et la troisième, de 2,420 mètres, avec un pontcanal sur la Mare, a coûté 353,468 francs, soit 145 francs par mètre courant.
L'artère de l'Hôpital qui constitue le canal propre-
(i)Tome I«r, p. 5o3.
(2) Assoc. française pour l'avancement des sciences ; Compte-rendu de la 16e session à Toulouse, 1888, t. II, p. 907.
ment dit d'irrigation, dominant une superficie de 5,440 hectares, a coûté pour un débit de 2 mètres cubes par seconde, 364,000 francs, soit, à raison de 14,566 mètres de parcours, 25 francs par mètre courant. Concédé au département de la Loire en i863, avec une subvention de l'État de i,ii2,5oo francs, égale au quart de l'évaluation, le canal du Forez mis en eau en 1874, avait coûté 2,717,000 francs, pour une superficie arrosée en 1878, de 5oo hectares seulement.
Bourne. — La prise d'eau, en aval du bourg de Ponten-Royans, les souterrains et ponts-canaux du canal de la Bourne ont déjà été décrits. Établi presque partout à flanc de coteau sur les 3o premiers kilomètres, franchissant un grand nombre de ravins, le canal ne se transforme en rigole d'irrigation que sur les 21 derniers kilomètres. La pente totale sur les 3o premiers kilomètres est de 8m,43, soit en moyenne 0^277 par kilomètre. Quant aux pentes des sections courantes, elles ont été réglées à om,ooo25 par mètre et dans les tunnels ou déblais de rochers, à om,ooo5 par mètre, celles des ouvrages d'art étant fixées à o,n, 001.
La dérivation de la Bourne a été concédée, de 7 mètres cubes d'eau par seconde, et en cas d'insuffisance, dans la Lyonne et le Chollet ses deux principaux affluents, dans le but d'arroser la plaine de l'Isère, entre le Rhône et les derniers contreforts des Alpes.
La dépense à faire, d'après les prévisions de la société concessionnaire, avait été évaluée à :