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fr. pour les canaux secondaires et tertiaires

TÉtat accordant une subvention de 2,900,000 francs.

Les deux canaux qui complètent le tableau VIII sous

les n°* iietnne sont pas, à strictement parler, des ca-

naux d'irrigation, puisque le but essentiel de leur construction a été d'alimenter les villes de Marseille et d'Ajaccio.

Canal de Marseille, — Le canal de Marseille a été mentionné au sujet de la prise d'eau dans la Durance, au pont de Permis; du pont-aqueduc de Roquefavour (i) et des bassins du Réaltort et de Saint-Christophe (2) que Ton peut citer parmi les travaux d'art les plus remarquables du vaste projet confié à de Montricher.

D'une longueur de 83 kilomètres, entre la prise et la limite du territoire de Marseille, il présente 67 kilomètres à ciel ouvert et 16 en souterrains. Avec une portée de 9 mètres cubes, pouvant atteindre 1 2 mètres cubes par seconde , la pente est de 3 «dixièmes de millimètre par mètre ; la section trapézoïdale offre 3 mètres de largeur à la base, 9m,40 au plafond et 2m,4ode profondeur. En ajoutant 42 kilomètres de continuation dans le territoire de Marseille, depuis Saint-Antoine jusqu'à la madrague de Montredon, la longueur de la branche mère est de 125 kilomètres. Les principales dérivations représentent une longueur de 34 kilomètres.

Pour l'ensemble des canaux, les acquisitions de terrains des constructions, les bassins et la canalisation des eaux dans la ville, etc., les dépenses s'élevaient en 1878 à 44,820,000 francs, et les emprunts de la ville, destinés au paiement de ces dépenses, frais d'entretien et service des intérêts, à 56,976,878 francs.

L'étendue des terres arrosables ne dépassait guère alors 3,5oo hectares, desservis par 23o kilomètres de fossés ou rigoles d'irrigation ; le débit, au delà de 3 mètres cubes pour arrosage, était absorbé par les besoins de la ville à laquelle se trouvaient affectés en conduites

(1) Voir t. II, p. 88 et 186.

(2) Voir t. I, p. 496.

fermées : 275 kil. sur le territoire et 180 kilom. à l'intérieur, distribuant 6 mètres cubes par seconde (1).

Canal de la Gr avorta. — Le canal de la Gravona, de 19 kilomètres de longueur, après avoir côtoyé la rive droite de cette rivière, franchit le col de Stileto en souterrain et s'engage dans la vallée des Cannes, à l'extrémité de laquelle est située la ville d'Ajaccio. La section calculée pour un débit de 1 mètre cube par seconde est variable. La pente est en général de om,ooo5 par mètre dans les parties en terre ; de om,ooi6 dans les ouvrages d'art, et de om,ooi dans le souterrain.

Outre le barrage de 42 mètres de longueur sur 4 mètres de hauteur moyenne, qui a coûté 38,760 fr., les ouvrages d'art comportent : 7 ponts-aqueducs sur ravins , dont la dépense s'élève à 244,150 fr., un siphon en fonte, dit des Padule, ayant coûté 46,445 fr. 40, pour une longueur horizontale de 45im,5o; le souterrain de Stileto, avec section moyenne de 3,89 mètres carrés, qui a été payé 177,607 fr., pour une longueur de 56o mètres, non compris les abords; un bassin d'épuration de 1,000 mètres cubes de capacité, ayant coûté 55,ooofr., soit 55 fr., par mètre cube d'eau; enfin un réservoir d'alimentation d'une capacité de 3, 000 mètres cubes, du coût de 86,000 francs, soit 28 fr.67 par mètre cube d'eau emmagasiné. La dépense de distribution en ville, de 5o litres par seconde, pour i5,ooo habitants, s'est élevée à 133,984 francs, correspondant à 2679 fr. 68 par litre et par seconde.

Le montant total des dépenses du canal de la Gravona, soit 1,434,000 fr., se décompose ainsi qu'il suit (2) :

(1) Barrai, loc. cit., p. 35 1.

(2) Notices, toc. cit., p. 75.

fr.

Terrassements 98. 5 14, soit 5r. 19 par m. courant.

Ouvrages d'art 868 . 928

Etanchements 85.3i5 , soit i5f.98 —

Indemnités de terrain et

dommages 388.984

Réservoirs et distribution . 92 . 247

Francs 1.433.988, ou 75r.47 —

En retranchant 275 ,000 fr. environ pour bassins et distribution en ville, il resterait comme dépense du canal proprement dit : 1,159,000 francs, soit 61 francs par mètre courant.

Si Ton admet également que de la somme totale des dépenses du canal de Marseille, on puisse défalquer 10 millions, dont 6,700,000 pour la distribution en ville et le reste pour les bassins de décantation ; ce qui laisserait un montant de 34,820,000 fr. pour le canal proprement dit, le coût du mètre cube d'eau par seconde, atteindrait encore le chiffre énorme de 3, 868,000 francs, et celui du même mètre cube d'eau par kilomètre se réduirait à 3 1,000 francs.

D'une manière générale, la comparaison du coût du mètre cube d'eau continue, transportée par les canaux en France et en Italie, démontre combien les derniers sont plus avantageusement établis au profit de l'agriculture. Sauf pour les canaux de l'Œuvre générale de Crapponne, les canaux en France s'écartent dans des limites extrêmes de ceux de l'Italie du nord; ceux de Carpentras , des Alpines , de Saint-Martory, pour lesquels les redevances sont aussi plus réduites, sont les seuls qui se rapprochent des conditions réalisées par certains canaux italiens, à faible portée, ou d'un parcours réduit.

c. Canaux d'Espagne.

Canal Isabelle (Madrid). — Le canal Isabelle II, dérivé des eaux du Lozoya, a été construit récemment dans un double but : l'alimentation de la ville de Madrid et les irrigations de sa banlieue. Pour une portée de 2,600 litres seulement par seconde, qu'assurent la rivière de Lozoya, le bassin-réservoir de Villar (1) et le barrage du Ponton construit en 1 852, ce canal, de 7 6 kilomètres de longueur, a coûté en tout 62 millions et demi de francs. Avec une pente de om,ooo2 par mètre à ciel ouvert, il a fallu racheter une chute de 3om,64 pendant le parcours, par la digue d'origine qui a été établie à Ponton, sur 32 mètres de hauteur et une longueur de 72m,5o à la crête. Les nombreux ravins sont franchis par des siphons en fonte, à quatre tuyaux, d'un mètre de diamètre, capables de débiter chacun 600 litres par seconde. L'eau du canal débouche à Madrid dans deux vastes réservoirs souterrains, d'une contenance de 60,000 et 180,000 mètres cubes.

On conçoit que, dans de telles conditions, le mètre cube d'eau continue revienne par kilomètre à plus de 35o,ooo francs; six fois plus cher qu'à Ajaccio et neuf fois plus cher encore qu'à Marseille.

Aussi bien, ces trois canaux, comme nous l'avons déjà fait remarquer, ne servent qu'accessoirement à l'irrigation ; ils rentrent dans la classe des travaux de distribution d'eau pour les villes qui peuvent et doivent s'imposer d'aussi lourds sacrifices, en vue d'assurer avant tout l'approvisionnement et la salubrité des habitants.

(1) Voir tome Ier, livre V, p. 53y.

24o LES IRRIGATIONS.

d. Canaux américains.

Canaux du Colorado. — Le canal d'irrigation de Nord-Poudre (Colorado) , qui dérive 8 mètres cubes et demi par seconde de la rivière Cache- la- Poudre, a été tracé par l'ingénieur O'Meara et construit dans la première section à travers des défilés rocheux. Le premier kilomètre a coûté i56,ooo fr., et le prix moyen des 12 kilomètres d'amont faisant suite, a été de i i3,6oo fr.

La prise d'eau est obtenue par un barrage de 9m,3o de hauteur au centre et de 46 mètres de longueur au sommet. La face d'aval est en encrèchements sur trois lignes, avec pierres dans les intervalles, et la face d'amont en charpente porte un parapet qui peut s'enlever partiellement à l'époque des glaces. Entre les deux faces, la digue centrale, sur T8m,3o de longueur, est construite en terre battue, en gravier et en vase. Le coût total du barrage s'est élevé à 37,000 fr.

En dehors des tunnels creusés dans le trachyte, les ouvrages d'art , aqueducs et ponts, édifiés en charpente, sont protégés par des perrés et des glaises.

Le tableau IX réunit les principales données des ouvrages du canal économique Nord-Poudre, dont la longueur atteint 77 kilomètres, en regard de celles d'un autre canal, le Nord-Colorado, ou Platte-Canal, tracé à plus grande échelle, sur 121 kil. 66, et exécuté par l'ingénieur Nettleton (1).

(1) O'Meara, /oc. cit., i885.

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