LL. Vannes de vidange du sas
(1) F. Scyrîg, le Génie civil, 1888.
3o LES IRRIGATIONS.
M. Bâtiment d'abri des machines.
NN. Acqueducs des vannes.
P. Avant-bec du pont roulant.
OO. Aqueducs de remplissage du sas.
Écluses-caissons. — En ce qui concerne le plus grand canal, jusqu'ici en cours d'exécution , celui de Panama, le dernier mot, comme disposition d'écluses, paraît être resté aux caissons métalliques, au lieu de vantaux et de portes mobiles. Déjà, l'idée de caissons flottants a été réalisée par l'application à plusieurs bassins et docks, du système Knipple. La capacité inférieure des caissons Knipple est une chambre à air, suffisante pour réduire à un minimum le poids des caissons sur les rouleaux.
Au canal de Panama, les bajoyers de tête des écluses devront être fermés par des caissons en fer à T, avec revêtement en fonte, à l'intérieur desquels du béton sera coulé. Les portes d'une hauteur de 21 mètres à l'aval, et de 10 mètres à l'amont, pour une même longueur de 2im,6o, sont constituées par des caissons en tôle, raidis par des poutres en fer, et divisés en compartiments dans lesquels on peut à volonté envoyer de l'eau, ou comprimer de l'air. Ces caissons se déplacent normalement à Taxe du canal , en roulant à l'aide de galets sur une voie supérieure que porte un pont tournant. La voie se prolongeant sur le côté, la porte-caisson peut se remiser dans une chambre spéciale pour donner passage aux navires. Portes et ponts tournants se manœuvrent moyennant des chaînes sur cabestans, mus hydrauliquement.
Le remplissage et la vidange des sas s'opère pour chaque bief par deux vannes de surface, correspondant à de grosses conduites de fonte posées sur le radier, percées de trous et qui se recourbent jusqu'à 10 mètres au-
LES IRRIGATIONS. 3i
dessus du plafond. Ce sont des vannes du même genre que celles qui fonctionnent comme déchargeoirs au canal du Centre et que l'ingénieur Fontaine a décrites (i). On évalue à i5 minutes la durée du transport du sas au bief, ou inversement, des 40,000 mètres cubes d'eau nécessaires pour une éclusée à Panama (2).
En traitant ici des écluses de grande navigation pour des chutes considérables et de grandes largeurs, notre but est d'indiquer seulement des principes qui, soumis à l'étude pour les grands canaux mixtes de navigation et d'irrigation, et aussi pour les barrages des fleuves dont les canaux d'arrosage sont dérivés, pourront trouver d'utiles applications.
Les canaux d'irrigation n'en sont pas encore arrivés à l'application des ponts-écluses , ni des caissons mobiles. Les sables et les graviers qu'entraînent les eaux des montagnes ne permettent déjà pas le fonctionnement des portes marinières et des écluses des déchargeoirs. Cependant l'ingénieur en chef Auriol, pour permettre la chasse des limons et des graviers, au pied des barrages des grands réservoirs, dans des vallées comme celles de la Durance, du Verdon et du Var, a proposé, dès 1862, l'emploi de grands caissons en tôle, capables de résister à d'énormes pressions et dont la manoeuvre se ferait à l'aide de presses hydrauliques puissantes.
Comme exemples d'engins hydrauliques puissants, il y a lieu d'indiquer ceux employés en France au pont tournant du bassin de radoub de Marseille, destinés à vaincre un effort de 800 tonnes. Le regretté ingénieur des docks de Marseille, Baret, a étudié la construction d'appareils plus puissants encore, destinés au
(0 Ann. des Ponts et chaussées , 1886.
(2) Max de Nansouty, le Génie civil, 1888.
port de Honfieur et à l'exploitation mécanique des écluses de la Seine.
Pour les barrages d'Aiguines, dans les gorges du Verdon, l'avant-projet du canal du Var comprenait une porte à compartiments en tôle, du poids de 200 tonnes à vide et de 3oo tonnes par déplacement , se mouvant verticalement dans la chambre où aboutit la galerie de décharge, au moyen de quatre presses hydrauliques. Ces appareils étaient calculés de façon à pouvoir déployer une force absolue de 660 tonnes pour la manœuvre de la porte, sous une hauteur d'eau de 3o mètres dans le réservoir, ou de 26 mètres sur le milieu de la porte (1).
b. Prises d'eau par barrage.
Les prises d'eau avec barrage présentent une importance très variable, en rapport avec la nature, la portée, le régime et les dimensions des cours d'eau , suivant que le barrage est fixe ou mobile.