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Niveau Bickford (Devonshire

(1) Journ. Roy. Agric. Soc. 0/ England, vol. XI11, i85a.

tion du niveau à bulle d'air, au lieu du fil à plomb. Il consiste, d'après Saulavi lie (i), en une règle horizontale sur la face supérieure de laquelle est placé le niveau; cette règle est portée par deux pieds qu'assujettit un boulon leur laissant du jeu. Sur l'un des pieds est adaptée une règle à coulisse graduée, qui, suivant qu'elle est levée ou baissée, allonge ou raccourcit le pied. L'échelle sert à déterminer la différence de niveau marquant la longueur excédante du pied de support.

Quand on veut établir une rigole de niveau, on pose Pun des pieds en un point de départ, indiqué par un piquet, et Ton promène l'autre pied jusqu'à la rencontre d'un second point à un niveau tel que la bulle d'air reste fixe au milieu de la règle ; et ainsi de suite. Le cordeau qui relie chaque jalon indique la trace de la rigole.

D'une manière générale, pour le tracé de grandes rigoles, il est plus-commode et plus expéditif de recourir au niveau d'eau, parce que Ton peut d'une seule station, établir sans calcul tous les points de plusieurs lignes.

Exécution du tracé en pente. — Suivant les instruments dont on dispose, on procède au tracé des lignes de niveau et au nivellement des rigoles. Nous empruntons à Vidalin (2) la description qu'il a donnée de l'opération la plus simple, exécutée en pays de montagne ou sur des terrains à pente rapide, à l'aide d'un niveau d'eau et d'une perche avec bande de papier comme voyant, remplaçant la mire graduée; les distances se mesurent au pas.

L'instrument étant placé à vue d'œil sur le parcours de la ligne à tracer, et la mire étant fixée au point de départ, on fait amener le voyant sur la visée; puis, le porte-

(1) Journ. agric. prat.. i838-3(), t. II, p. 112.

(2) Pratique des irrigations. Journ. agric. prat., 1880, t. I, p. 2Ô5.

mire avance, sans changer la position du voyant, et dresse la mire en tâtonnant, jusqu'à ce que le voyant vienne sur la ligne de visée du niveau d'eau. A cet endroit, le pied de la mire est au niveau du point de départ. On le marque alors par un piquet, et on continue ainsi, en jalonnant la ligne de niveau.

Si la ligne à tracer doit avoir une pente déterminée, on hausse le voyant d'une même quantité à chaque changement de station. La bande de papier étant remontée par exemple de om,025, par intervalle de 5 mètres, la pente obtenue est de un demi-centimètre.

Quand il s'agit du nivellement des rigoles, la mire est placée sur le bord inférieur de la rigole projetée, au point de départ, et le niveau d'eau est disposé sur le parcours probable, à une distance de 3o mètres environ pour viser la mire le long de laquelle on amène la bande de papier jusqu'à la hauteur exacte de la ligne de visée. Le porte-mire marque le bord supérieur de la bande ainsi visé par une coche; puis il procède de cinq pas, après avoir déplacé le papier du nombre de centimètres dont la rigole doit baisser par cinq mètres. Il encoche la gaule au bord supérieur du papier ainsi déplacé et cherche dans le sens de la pente, sur les indications du viseur, le point où le bord supérieur est visé. Sur ce point , il enfonce un piquet et continue la même opération de cinq en cinq pas.

Lorsque la distance excède 3o mètres, les visées n'étant plus aussi justes, le niveau d'eau devra être déplacé en avant de la mire, dans la direction de la ligne déjà jalonnée, et l'opération se poursuivra à partir du sixième piquet, comme à partir du premier.

Pour achever le tracé, on tend sur les piquets marquant le bord inférieur des rigoles, un cordeau assujetti aux sinuosités du terrain à l'aide de chevilles intercalées

entre les piquets, de façon à figurer une courbe onduleuse continue , au lieu d'une ligne brisée , anguleuse ou à coudes brusques qui ralentiraient la circulation de l'eau dans les rigoles.

Tout point douteux doit être de nouveau soumis au niveau.

Instruments et outils de nivellement. — Si les niveaux d eau ne donnent pas une aussi grande précision que

ceux à bulle d'air et à lunette, ils coûtent moins cher, peuvent être confiés à des agents ordinaires, et s'emploient le plus communément, à défaut du niveau de maçon, dans les travaux courants d'irrigation. La figure 195 représente un niveau d'eau bien établi, avec tube en cuivre, terminé à ses extrémités recourbées par des pas de vis sur lesquels s'adaptent des fioles en verre F, garnies de viroles taraudées. Le tube en cuivre est soutenu au milieu de sa longueur par un genou à coquille qui s'emboîte sur un pied à trois branches.

La mire (fig. 196), indispensable pour niveler à

l'aide du niveau d'eau, consiste en une latte, longue de 3 à 4 mètres, divisée en centimètres et millimètres. A cette latte s'attache une planche carrée mobile, ou voyant, qu'arrête une vis de pression à la hauteur vou-

Fie. 196. — Mire graduée

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