A CORDEAU. A CORDEAU
L'outillage du nivellement est complété par deux ou trois voyants (fig. 198) ; ce sont des piquets hauts de im,2o à i,n,5o, servant à trouver plusieurs points à fixer dans une direction inclinée ou horizontale, par des planches de différentes grandeurs et des cordeaux. Les figures 199 et 200 représentent une bobine et un piquet à cordeau.
Pour le tracé des rigoles, Pareto donne la préférence au niveau d'eau. « Toutes les personnes, dit-il, qui se sont servies du niveau, savent que ceux à lunette ne don-
nent des résultats exacts qu'au moyen d'un double, et même d'un quadruple coup de niveau, en prenant ensuite une moyenne; mais dans le cas des rigoles, on arriverait, en changeant de place le pied de la mire à chaque coup de niveau, à avoir deux points sur le terrain, l'un plus élevé, et l'autre plus bas que le point cherché; quant à celui-ci, il serait impossible de le déterminer avec exactitude, et les erreurs s'accumulant à chaque changement de station, on aurait toute autre chose qu'une rigole de niveau (1). »
A l'aide du niveau d'eau, Pareto fait placer un premier piquet à une distance jugée convenable de la rigole supérieure , et enfoncer, de manière que la tête qui doit affleurer le bord du niveau de la rigole, ressorte de cinq centimètres environ hors de terre, correspondant au bourrelet. Le pied de la mire étant placé sur ce piquet, on monte ou on baisse le voyant jusqu'à ce qu'il soit de niveau avec l'eau des fioles. On cherche ensuite par tâtonnement, sans changer le voyant de place, un point du terrain dans lequel on voie à peu près à cinq centimètres au-dessus de la division du milieu du voyant. Ce point trouvé, on y fait enfoncer un piquet à petits coups de maillet, et on essaie, en plaçant le pied de la mire sur sa tête, s'il est à la profondeur voulue pour être exactement de niveau avec le premier. S'il était trop enfoncé, il ne faudrait pas hésiter à l'arracher pour le replanter à côté. Quelque long et fastidieux que paraisse ce travail, il marche rapidement quand le portemire est exercé et il assure l'exactitude indispensable.
Pour changer de station, le dernier piquet qui sert de guide, reçoit le pied de la mire. Autant que possible, il convient, dans le choix de chaque station, de se
(1) Pareto, Irrigation et assainissement des terres, t. I, p. 129.
placer à peu près au milieu de deux piquets extrêmes.
A moins d'une grande régularité dans la surface, les
piquets doivent être assez rapprochés. Suivant Pareto,
Fie 201. — Instruments de nivellement (province de Pise).
pour faciliter l'exécution des rigoles, l'espacement des piquets qui ont à peu près 3o centimètres de longueui ne doit pas dépasser de 20 à 25 mètres.
Les instruments employés dans la province de Pise pour le levé des plans et le nivellement des terrains,
sont représentés, tels que les donne Toscanelli (i), dans la figure 193. On y distingue : a, la pertica qui remplace la chaîne pour la mesure des distances; b, Téquerre ou squadro; c, un voyant ou biffa ;d, un piquet ou paletto; e> le cordeau ou filo;f un niveau (livello) à bulle d'air, placé sur uhealidade à pinnules, que supporte un pied articulé ; £■, une mire à coulisse ou staggia.
Fig. 202. — Niveau a bulle d'air et a pinnules.
Le niveau à bulle d'air et à pinnules et Téquerre d'arpenteur sont représentés à une échelle plus grande, tels qu'on les emploie partout, dans les figures 202 et 2o3.
Le niveau à bulle d'air (fig. 202), avec pinnules à fils croisés, peut remplacer le niveau d'eau; son règlement est plus exact, au moyen de la vis qui supporte l'alidade, et le transport en est plus commode. La bulle
(1) Economia rurale nella provincia di Pisa , 1861 , p. 18.
étant centrée, les deux pinnules marquent la ligne horizontale dans là direction de la mire , et l'alidade pouvant successivemeat être promenée sur tous les points d'un même horizon, on relève rapidement un assez grand nombre de cotes, pourvu que la distance à partir de la station du niveau n'excède pas 60 mètres.
L'équerre (fig. 2o3) est un tambour ayant la forme d'un prisme droit à pans égaux, creux, monté sur un pieu à pointe en fer que Ton enfonce verticalement dans le sol. Les faces du prisme sont percées de fentes verticales appelées pinnules, de façon que lorsque l'oeil est appliqué sur Tune d'elles , il voit par la pinnule opposée une ligne droite et distingue un jalon. A angle droit , avec cette visée, on obtient une ligne perpendiculaire, et si le prisme a huit faces, les quatre autres pinnules forment avec la première visée des angles de 450. Grâce à cet instrument si simple, on trace sur le terrain des perpendiculaires et des parallèles à des lignes droites, accessibles ou non , et Ton mesure les distances entre des points ac • cessibles ou non, de même que Ton peut prolonger une droite au delà d'obstacles infranchissables.
Fig. 2o3.
Équerre d'arpenteur.