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BÊCHE

langue de bœuf, en fer de lance, etc. Les bêches rondes aciérées jouissent de l'avantage de pouvoir trancher

les rigoles en ligne droite suivant le cordeau. Comme à chaque coup que l'ouvrier donne, il ne retire pas tout à fait l'outil, mais le fait avancer d'un tiers ou d'un quart

Fie. 218. — Pelle ronde.

Fie 219.

Fig. 220.

Bêche-fourche et fourches.

de sa largeur, la paroi de la rigole reste plus. unie. Les figures 212, 2i3 et 214 représentent divers types de bêches à découper.

Dans les Vosges, une bêche spéciale, dite à gazon (fig. 21 5), plate dans le sens de la largeur et légèrement

LES IRRIGATIONS. 35g

courbée en longueur, a un bord concave tranchant. La douille est longue et relevée pour qu'elle ne frotte pas sur la terre quand la lame pénètre sous le gazon. Le manche est coudé afin de faciliter le travail de l'ouvrier.

Les irrigateurs du pays de Siegen emploient une seule bêche ou pelle pour retourner la terre et pour enlever les gazons et curer les fossés. Cet outil, connu sous le nom de stechschiippe, quand il est bien conformé en métal tranchant et convenablement manié, peut servir à exécuter tous les travaux des prairies irriguées (fig. 216).

Outils divers. — Dès que les travaux d'irrigation sont un peu étendus, on recourt à un jeu de bêches de plusieurs largeurs, avec des manches plus ou moins longs, selon les dimensions des fossés. Aux bêches plates notamment correspond un jeu de pelles de numéros variés, afin d'opérer les déblais aux diverses profondeurs; ainsi, la figure 217 montre une pelle plate de deuxième bêche, c'està-dire correspondant à une bêche plate du numéro 2. Dans les déblais superficiels, la pelle ronde avec manche en col de cygne (fig. 218) est quelquefois employée.

Au lieu de bêches creuses, on se sert de bêches-fourches (fig. 219), de fourches à deux dents et à quatre dents (fig. 220), pour le travail des terres glaiseuses; elles se manœuvrent comme les bêches, s'enfoncent plus facilement dans les terres gazonnées, arrachent et retournent tout aussi bien les mottes dans les sols où l'argile empâte les cailloux et les gros graviers.

Quand on a à creuser des fossés dans les terrains pierreux et résistants, il est parfois nécessaire de recourir à la pioche (fig. 221), à la binette (fig. 222), ou à la hache-gouje (fig. 223) qui détache les masses pierreuses, ou les brise, suivant l'adhésion du conglomérat. Le pic à pédale (fig. 224) sert au même objet.

Outils spéciaux pour prairies. — Dans les tra-

vaux de prairie qui nécessitent le piquage des gazons, leur enlèvement et la fouille des rigoles, une série d'instru-

FlG. 222. FlG. 221. FlO. 225.

Outils pour terrains pierreux.

K 1 FlG. 223.

ments spéciaux sont employés en dehors des bêches, suivant les pays et les localités. Tandis qu'en Auvergne, on a recours à la barboule (fig. 22 5) on se sert dans les

3bi

Vosges du fossoir (fig. 226); en Allemagne de Yécobue (fig. 227) et du croissant (fig. 228). Ces deux derniers instruments se recommandent surtout pour un travail régu-

Fig. 226. Fig. 227.

Fig. 228. Fig. 229.

Fossoir, écobue et croissant.

lier; le croissant taille dans le gazon les parois des fossés et des rigoles, avant qu'on ne le détache à l'aide de l'écobue. Parfois ils sont montés sur le môme manche (fig. 229) ; l'outil, rendu plus lourd, donne plus de force et

de sûreté aux coups du croissant. Cest sous cette forme

Fie. 23o.

PlQUE-PRÉ.

FlG. 23l. FlG. 232.

Tranchoir et rigoleur Polonceau.

que l'utilisent les cultivateurs du pays de Siegen. Le tranche- gazon (fig. 2 3o) remplit le même but que le

croissant. Ailleurs il est connu sous le nom de pique-pré; la hache est fixée à un manche de im,3o de longueur qui permet à l'ouvrier, sans trop se courber de tailler le gazon.

On peut remarquer à ce propos que lorsque le travail se fait sur place, les ouvriers diligents donnent la préférence pour attaquer la terre, aux outils court-emmanchés; mais quand ils doivent se déplacer en travaillant, ils se fatiguent beaucoup plus qu'en maniant des outils à long manche.

L'écobue qui sert au lieu du crochet à deux pointes, offre comme avantage spécial de permettre la taille de la rigole suivant le talus du haut, et le curage, quand il y a de l'eau. C'est, comme la bêche même de Siegen, un outil à plusieurs fins.

Quand on a beaucoup de gazonnements ou de rigoles à exécuter en prairie, Polonceau recommande l'usage d'un tranchoir composé d'une lame circulaire en acier, à bord tranchant, que renforce de chaque côté une plaque de fer ronde (fig. 23 1). Ces plaques fixées solidement sont percées au centre de trous exactement de même diamètre que la lame tranchante, et réunies par une chappe à deux branches, à une forte douille qui reçoit le manche en bois (i). Avec cet instrument on fait facilement et rapidement les sections nécessaires en long et en travers, quand on veut obtenir des plaques d'égale épaisseur.

S'agit-il de l'ouverture des petites rigoles , le tranchoir est remplacé par un autre instrument dit rigoleur (fig. 232) qui représente une sorte de bêche à deux oreilles, relevées et tranchantes, pouvant couper les deux bords avant que la lame du milieu, en forme concave, pénètre dans la terre. La courbure de la lamt est telle,

(i) Loc. cit., p. 140.

que la distance entre les deux oreilles est de 1 5 à 1 6 centimètres. D'un seul coup, on enlève à la fois le gazon et

la terre située au-dessous. En passant une seconde fois vers les extrémités, on augmente la profondeur des rigoles un peu longues. La lame forgée d'abord à plat, puis courbée sur la largeur, est emmanchée par une douille légèrement relevée afin d'éviter le frottement à l'arrière; le manche est coudé également. Quand il faut ouvrir de grandes rigoles, le gazon ayant été enlevé, la distance d'une oreille à l'autre est portée à 3o centimètres.

Polonceau affirme qu'avec ces deux instruments , on économise plus de moitié du temps et des frais qu'exige l'emploi de la bêche et de la pioche ; en outre, le travail est mieux fait et plus régulier. Il faut les employer quand la terre est humide. Le couteau à rigoles (fig. 233) décrit par Villeroy, diffère peu du rigoleur Polonceau. L'ouvrier le pousse devant lui en détachant une bande ronde de om,io à

Fie. 233. Fie. 234.

Couteaux a rigoles.

om,i5 d'épaisseur. Cet outil s'applique aux très petites rigoles, en plan incliné. Une autre forme de couteau usitée dans les prairies de Luneburg, est donnée fig. 234. Charrues à rigoles. — Dans de vastes exploitations, où l'on a de longues et nombreuses rigoles à ouvrir sur une étendue de terrain suffisamment nivelé, il y a parfois économie à employer des charrues spéciales, à soc concave. Parmi ces charrues, celle de Gri-

Fig. 235. — Charrie rigoleuse de Grignon; élévation plan et détail des coutres.

gnon, inventée par François Bella, offre un bon type courant (1). Disposée comme les charrues ordinaires sans avant-train, ou à l'instar des araires, elle est plus légère : son soc est en forme de bêche concave , avec pointe aciérée; il est précédé de deux coutres légèrement inclinés sur les côtes de l'âge. Dans la figure 235, qui représente la charrue de Grignon en élévation , en plan et en coupe, A indique le régulateur; B, le sabot qui règle la profondeur de la rigole; C, C, les coùtres coudés

u) Londet, Instrumenta agricoles, etc., i858.

qui tranchent les parois de la rigole; D D, la coutrière en fonte, à travers laquelle passe l'âge; cette coutrière porte des mortaises correspondant aux ouvertures d'une pièce mobile qui sert à fixer le coutre de droite plus ou moins près de l'âge, d'après la largeur à donner aux rigoles. La terre, bien tranchée verticalement par les coutres, et horizontalement par le soc, est renversée sur le bord de la rigole à droite, au moyen du versoir à double courbure, établi en forte tôle; elle est enlevée à la pelle, après le travail.

Fie. 236. — Charrue rigoleuse anglaise.

Polonceau a proposé une simplification (i) qui consisterait à se passer des coutres, en donnant au soc deux oreilles élevées, à tranchants obliques; mais comme les coutres ont pour objet d'assurer aux rigoles des largeurs et une profondeur variables, il faudrait avoir deux ou trois socs de rechange, selon les dimensions des rigoles.

La charrue rigoleuse construite par Moore, de Newton Saint-Cyr (Exeter) (2), est employée à la confection des rigoles des prairies arrosées par déversement

(1) Polonceau, loc. cit., p. 147.

(2) Journ. Roy. Agric. Soc. 0/ England, i8i>2. vol. XIII.

{catch-watermeadows) ; elle porte également deux coutres a a (fig. 236) qui coupent la tranche à la largeur voulue,

Fie. 238.

Racloir. pelle et écope de fond.

Fig. 23<u

tandis que le soc b l'enlève à la profondeur fixée. Le coutre de gauche étant fixe, celui de droite est maintenu par des vis. ce, à l'aide desquelles se règle la largeur de la

tranche. Le jeu maximum est de om,i5, de façon que

Fig. 240. Fie. 242.

Batte, pilon et dame en acier.

pour des rigoles de on,,3o, la charrue doit passer deux fois.

LES IRRIGATIONS. 36g

D'autres charrues rigoleuses, comme celles de Moysen (Ardennes), permettent non seulement de confectionner des rigoles à profondeur et à largeur variables, mais encore des rigoles dont les dimensions peuvent être modifiées graduellement et rapidement pendant le travail. A l'aide d'une vis qui commande les âges, les coutres fixés à ces âges reçoivent plus ou moins d'entrure et ouvrent par leur pointe commune une rigole dont la section transversale est à peu près celle d'un V.

Outils pour canaux et fossés. — Les canaux d'amenée et d'écoulement et les saignées d egouttement exigent une série d'outils employés aussi dans les travaux de drainage, que nous nous bornerons à énumérer en renvoyant aux dessins (fig. 237 à 243). Ces dessins représentent : le racloir de fond (fig. 237); la pelle plate en boisaciéré (fig. 238), etl'écope (fig. 239).

La batte (fig. 240) formée d'une planche de chêne de om,o6 d'épaisseur minimum, à laquelle est fixé un manche courbe, sert à consolider et à unir les parois et le fond des fossés, comme aussi à raffermir les gazons. Quand l'action n'est pas assez énergique, en raison de la consistance du sol, on lui substitue la dame ordinaire (fig. 241), la dame en acier (fig. 242), ou le pilon à bras (fig. 243).

Les grands travaux de terrassements et de gazonncments qu'exige la mise en terrasse des collines toscanes, avec leurs rigoles d'égouttement et leurs colateurs, s'exécutent à l'aide de deux instruments principaux : la bêche (fig. 244) et le fossoir (fig. 245).

« La bêche en Toscane, dit Simonde (1), est faite, non pas comme la nôtre, mais comme notre pelle, à la réserve qu'elle est plus forte et du double plus grande. C'est un

(1) Loc. cit., p. 57.

fer de lance, mais un peu concave; son manche est deux fois plus long et un peu plus gros que celui du nôtre. L'ouvrier, au lieu d'appuyer le pied sur le fer, le pose sur une traverse de bois qui croise le manche à quatre pouces au-dessus. La manière de s'en servir est aussi fort différente; à Genève, nous plantons la bêche verticalement; à Pescia, l'on coupe le terrain horizontalement, ou du

Fie. 243. — Pilon a bras.

FlG. 24J.. — BÊCHE TOSCANE

ou vanga.

moins en biaisant; ce qui exige que la voie du labour soit beaucoup plus large, et que par conséquent Ton jette la

terre un peu plus loin devant soi. Les paysans ont l'art de le faire sans se fatiguer, en appuyant le manche de la bêche sur le genou. Cette manière de travailler permet d'aller à une profondeur beaucoup plus considérable.

« Le fossoir (fig. 245) ressemble fort à la houe, si ce n'est que ses deux cornes s'allongent davantage , et que l'outil entier est plus grand et plus lourd. » C'est au fossoir que s'enlèvent les pièces feutrées de gazon, d'un pouce et demi d'épaisseur environ, de 4 à 6 pouces de large et de 8 à 10 pouces de longueur, ou pellicie, à l'aide desquelles on établit les murs des terrasses que longent les rigoles d'égouttement et d'infiltration (1).

Nous indiquons (fig.

246 ), d'après Toscanelli, l'ensemble des outils de la province

de Pise. D'une grande simplicité, ils sont employés au mouvement des terres et au creusement des fossés. En dehors de la bêche, ou van g a (a), on a recours pour le nivellement des surfaces à la ruspa, ou ravale (f), que l'on attelle de deux bœufs, munis d'un collier en pierre (J) qui répartit sur le cou des animaux le poids faisant défaut, pour le service de l'instrument. Les bœufs ne travaillent pas plus de trois heures, c'est-à-dire pendant une dicenda. Pour les terrassements et les nivellements en plaine, on remplace la ravale soit par le

Fig. 245. — Fossoir toscan.

(1) Simonde, loc. cit., p. 107, 178.

brancard, ou barella (A), que portent deux hommes, soit par le petit tombereau, ou sbarello (m) qui bascule de lui-même lorsque Ton enlève la traverse à l'avant, et se redresse une fois vidé. On répand à la bêche le déblai conduit sur brancard ou sur tombereau. Parfois, on a recours, pour le transport des terres, à la charrette (/).

Dans les tranchées ou fossés qui reçoivent les eaux d'écoulement, on se sert de la bêche spéciale (b) ; on comprime les parois au maillet rond (c); le fond est consolidé à l'aide des dames à un seul manche (e), ou à manche double (d). Les parois sont revêtues de racines feutrées (pellicie) que Ton bat au maillet plat (f).

Quand le terrain est trop consistant, ou trop graveleux pour pouvoir être fouillé à la bêche, on creuse à la pioche, ou \appino (g), ou bien au pic double, piccone (h). La direction des fossés dans les terrains en pente , varie beaucoup suivant l'épaisseur donnée aux bourrelets (<zrginï) qui limitent les plans inclinés ou len\e, ménagés entre les fossés parallèles (1).

L'outillage peut être simple, comme on vient de le voir en Toscane, dans un pays essentiellement bien aménagé sous le rapport des eaux et bien cultivé , mais chaque contrée offre des outils dont le nombre et les formes varient. Il serait donc gratuit de faire dépendre un état avancé des irrigations de l'emploi d'instruments plus ou moins perfectionnés. La pratique des pays soumis au régime des irrigations semblerait témoigner du contraire. De toutes manières, comme les ouvriers travaillent mieux et plus vite, en général, avec les outils auxquels ils sont habitués, il faut user de prudence pour leur en faire adopter de nouveaux. En Angleterre, les outils agricoles se caractérisent par la manière solide dont

(1) Toscanelli, toc. cit.. p. 20.

ils sont emmanchés. Les douilles sont longues, embrassent la plus grande partie du manche auquel elles sont fixées par des clous ou des chevilles; elles sont en outre parfaitement polies et moins sujettes à la rouille. Les outils américains en acier, fabriqués d'une seule pièce, à l'aide d'une matrice spéciale, sont doués à leur tour d'une remarquable solidité et d'une grande élasticité. Les manches en bois ont une courbure obtenue à la vapeur et se terminent le plus souvent par une poignée recouverte de tôle; leur prix est remarquablement bas. Ce n'est pas pourtant en Angleterre, ni en Amérique, que les pays d'irrigation s'approvisionnent d'outils pour exécuter les travaux.

d. EXÉCUTION DES TRAVAUX.

Fossés profonds. — L'inclinaison des parois des fossés profonds, en terrain uni , doit être d'autant plus forte, comme nous Pavons fait remarquer, que le sol offre moins de consistance et que le courant d'eau est plus rapide. Le calcul des talus a déjà été indiqué au sujet de l'établissement des canaux; pour les fossés courants, les talus sont à base simple , double, ou triple , suivant que cette base est égale à une, deux, ou trois fois la profondeur. En exécution, le fossé est d'abord creusé sur la même largeur en haut qu'en bas, les parois étant verticales; puis, le cordeau étant de nouveau tendu, on donne aux parois le talus désigné. Pour les fossés profonds, on commence par donner l'inclinaison sur de petites parties à 3 ou 4 mètres de distance , qui servent de norme aux ouvriers pour le reste. Le travail des parois étant achevé, des ouvriers spéciaux sortent le déblai à la pelle, nettoient le fossé et consolident le fond.

Dans les sols compacts offrant peu de pente , une forte inclinaison des parois n'est pas nécessaire. Quand il s'agit de canaliser des ruisseaux, le contraire devient indispensable; on cherche alors à abaisser les rives en déblayant la terre en excès, sur une longueur variable, afin d'obtenir une pente régulière que Ton gazonne, si c'est possible , au-dessus du lit du ruisseau, à l'étiage. Lorsque les eaux viennent à s'élever par les pluies ou les égouttements des irrigations, du drainage, etc., elles trouvent de l'espace pour s'étendre, et coulant sur une surface gazonnée elles n'affouillent pas le terrain. Malgré cela, l'inclinaison de 45 degrés, surtout pour les ruisseaux et fossés à courant rapide, est rarement dépassée.

Si le terrain offre une surface inégale , il y a lieu de procéder à l'exécution d'une manière spéciale, dont nous empruntons la description à Villeroy etMûller (1) :

Soit un fossé d'une profondeur de om,90, large au fond de om,6o et dont les parois doivent être inclinées à 45 degrés ; la largeur normale à la partie supérieure sera de 2 X om,90 + om,6o = 2m,4o.

On creuse d'abord le fossé (fig. 247) verticalement, en lui donnant la même largeur en haut, suivant les traces ab7 ab. Dans les endroits où le terrain est uni , le fossé ayant om,90 de profondeur, il reste de chaque côté une largeur de om,90 pour le talus.

Si l'on tend le cordeau à cette distance du bord ab , en ligne droite, de e en/, et si l'on travaille selon la direction ef, le fossé aura partout la même largeur, mais le talus sera tout à fait irrégulier. Pour obvier à ce défaut, on prend un piquet égal à la profondeur de om,90 et on parcourt le fossé, piquet en main , mesurant d'espace en espace la hauteur des parois verticales. Là où la paroi

(,) Loc" "'•' p' 73' ^SEUGfft^.

UNIVFRSITY }

est plus élevée, on reculera d'autant le cordeau; et inversement, là où elle est moins élevée, on l'avancera d'autant.

Suivant les indications du croquis 247 , les points où le cordeau doit être éloigné ou rapproché, sont marqués par des petits piquets. De e en g hauteur normale ; en gy le sol commençant à s'élever, on plante un piquet contre le cordeau ; en A, le sol s'élevant de om, 1 6 au-dessus de la hauteur normale, on enfonce un autre piquet à om,i6 en dehors du cordeau; en 7, de nouveau hauteur normale, on plante un piquet; en k, la hauteur mesurée étant de om,i6 au-dessous de la hauteur normale, on

Fig. 247. — Croquis d'un fossé a creuser en terrain inégal.

enfonce un piquet à om,i6 du cordeau, en dedans du côté du fossé ; et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'on retrouve la hauteur normale en /pour chacune des parois.

Cela fait, on accroche le cordeau à chaque piquet, tantôt en dedans , tantôt en dehors , et l'on obtient la trace en ligne anguleuse e/quc l'on marque à la bêche, sur chaque côté du fossé. « Le travail ainsi préparé , si les ouvriers s'y prennent bien, il en résultera une inclinaison régulière des parois pour tout le fossé. »

Pour un plus fort talus, les piquets doivent être moins éloignés du cordeau. Ainsi, une inclinaison de 2^,20 à 2m,3o pour une élévation de om,32 au-dessus de la hauteur normale, nécessiterait seulement om, 16 de plus de largeur à donner au fossé.

Les grands fossés d'amenée et de colature sont le plus

souvent exécutés à la tâche par des terrassiers ou des journaliers ordinaires. Les déblais sont utilisés soit à remplir des ravins et des trous à proximité, soit à remblayer des affaissements de terrain qui pourront se produire plus tard; soit enfin, quand la terre est de bonne qualité et bien émiettée, à régaler les terres environnantes, en couche assez mince pour ne pas modifier la pente générale. Lorsque les terres provenant de ces grands fossés sont de mauvaise qualité ou trop caillouteuses, on est parfois obligé de les placer en turlée, du côté opposé au terrain à irriguer.

Les talus à donner aux parois des fossés ou des tranchées, comme ceux des remblais, doivent être en rapport avec le talus , , ,

naturel du terrain , c'est-à-dire avec j a/b/e^d, celui qu'il prendrait réduit à l'état j" /^^Tl meuble. Ce talus naturel est mesuré ^J^\\ \ \ (fig. 248) par l'angle que forment les ° diverses terres abcd avec la verti- F,G* 248, ~~ lNCLINAI"

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