A DEUX VERSANTS
près uniforme, sur un seul versant, la disposition d'une irrigation par déversement, à l'aide d'une seule rigole principale qui règne à la limite supérieure, la plus élevée de la prairie. Mais lorsque la prairie a une grande étendue et occupe plusieurs versants sous des inclinaisons diverses, il y a lieu d'établir autant de rigoles principales
qu'il y a d'inclinaisons différentes, et de traiter chaque versant en raison de sa pente propre.
Dans ce cas (fig. 255), la prairie à pente modérée comportant deux versants, deux rigoles principales A A et A\A' sont établies au sommet de chacun. La rigole AA fournit del'eau aux rigoles de distribution BBde la pente située à droite, et la rigole AA' en fournit aux rigoles de
Fig. 256.
Prairie des Vosges irriguée par déversement; plan et coupe.
distribution B'B' de la pente de gauche. Les dimensions en largeur et en profondeur de ces rigoles qui ont une pente forte et s'étendent jusqu'à la limite du terrain arrosable, dépendent du nombre et de la longueur des rigoles de déversement CC C, qui s'embranchent deux à deux, en suivant les ondulations de chacun des versants.
Vosges. — Le type le plus usité, dans les Vosges, pour des surfaces d'une inclinaison favorable à l'écou-
3(j4 LES IRRIGATIONS.
lement de l'eau , consiste en rigoles régulièrement parallèles, de petites dimensions, ayant om,i2 âom,i5 de largeur etdeom,o3 à om,o4 de profondeur que représente la figure 256 en plan et en coupe (i).
« Quand les prairies sont très étendues, observe M. Boitel, on y établit souvent deux systèmes de rigoles, des rigoles principales s'alimentant directement par le canal de dérivation, et des rigoles secondaires s'alimentant par les rigoles principales. Ces rigoles sont parallèles et à faible pente, établies de telle sorte que l'eau vierge soit dirigée également sur toutes les surfaces et puisse se retirer promptement par des canaux de décharge, creusés dans les parties les plus basses du terrain. On fait entrer Feau dans ces différentes rigoles par des vannes ou des gazons qui forment barrage. »
Si la pente étant modérée, sous une seule inclinaison, la prairie offre une grande longueur (fig. 257), il convient d'établir deux étages , dont le plus élevé est servi par une rigole principale supérieure A A approvisionnée directement par le canal d'amenée , et le plus bas est alimenté par une rigole principale A' A' en communication par un branchement G G avec le canal d'amenée. Chaque rigole principale fournit l'eau au premier rang des rigoles de distribution B B et B'B\ La longueur de ces rigoles alimentaires, qui ne saurait être trop grande, détermine la distance des rigoles principales.
Les rigoles de déversement CC et C'C , à raison de la régularité de la pente, sont presque droites, parallèles, et d'égale longueur à chaque étage.
D D représentent, comme dans la figure 255, les colatures ou rigoles d'égouttcment, étroites el peu profon-
(1) A. Boitel, Herbages e t prairies naturelles, p. 53!>.
LES IRRIGATIONS. 3ç,!>
des au sommet et plus grandes dans le bas, qui facili-
Fic 257. — Rigoles de nivf.au; prairie ek pente faible